Equipe de France / Compte-rendu
16 Août 2026 - Par Florian Gaudin-Winer
Mise à jour : 18 Août 2026 (15h40)
Photos : © Stéphane Kempinaire / KMSP
Partager
L’équipe de France masculine a pris la troisième place collective ce dimanche matin sur les 42,195 km. Valentin Gondouin a été sa locomotive, avec une excellente sixième place individuelle en 2h09’34’’, tout près du podium. Emmanuel Roudolff-Lévisse et Hassan Chahdi ont aussi assuré.
« On est sur le podium par équipes ? Ah, trop bien, c’est la petite cerise sur le gâteau ! » C’est une heureuse surprise qu’a eue Valentin Gondouin, en apprenant devant la presse que la France décrochait le bronze. Le Normand du Pays Saint-Lois Athlétisme était persuadé que l’Allemagne, Israël et l’Espagne avaient fini devant. Sauf qu’au classement, établi à partir de l’addition des chronos des trois athlètes les mieux classés de chaque nation, les Ibériques ont fini à près de deux minutes des Bleus (6h34’10’’ contre 6h32’12’’). L’équipe de France compte bien désormais neuf breloques (trois en argent, six en bronze). Et les trois Français, accompagnés de Félix Bour malheureusement contraint à l’abandon après le trente-cinquième kilomètre, monteront bien sur le podium, en fin d’après-midi ce dimanche.
Cette médaille, ils sont allés la chercher au courage, sur un tracé particulièrement difficile avec une boucle vallonnée de cinq kilomètres à emprunter huit fois, pour un dénivelé positif total de 500 mètres, soit plus que lors du marathon de Paris 2024. Sur ce parcours sans temps mort et avec de nombreuses relances, au cœur du centre-ville, les coureurs n’ont pas pris le temps d’observer le surprenant décor mêlant tours futuristes et bâtiments anciens en brique rouge. « C’était brutal, confirmait Emmanuel Roudollf-Lévisse, en tentant de reprendre son souffle. Au bout de dix minutes, c’était déjà parti fort. Avec l’enchaînement des côtes et des descentes, c’était surtout musculairement qu’il fallait être fort. » Les Allemands avaient décidé d’éviter une course d’attente. Le meilleur Français lors du marathon de Paris (2h05’58’’) et Valentin Gondouin décidèrent de se caler dans un groupe de chasse à une dizaine de secondes de la tête. Un choix payant, avec un regroupement général un peu avant l’heure de course. Au semi, atteint en 1h05’13’’, Félix Bour et Hassan Chahdi pointaient à 47 secondes des plus rapides.
Comme souvent, c’est un peu avant le trentième kilomètre que la course se décantait à l’avant. Avec l’attaque du vice-champion du monde allemand Amanal Petros, que l’on n’allait plus revoir avec une victoire en 2h09’11’’, malgré des ultimes kilomètres dans la douleur. Derrière, un groupe de sept costauds se constituait, parmi lesquels Valentin Gondouin. L’élève d’Adrien Taouji était encore dans la course au podium à un kilomètre de l’arrivée et l’on se prêtait à rêver d’une divine surprise. Mais il cédait dans l’ultime montée, à environ 600 mètres de la ligne. Sixième en 2h09’34’’ à moins de 20 secondes de la boite (l’Italien Pietro Riva 2e en 2h09’18’’ et l’Israëlien Gashau Ayale 3e en 2h09’21’’), il passe, à 27 ans, un nouveau cap sur une distance qu’il n’a découverte qu’en décembre 2025. » C’était la configuration que je voulais, mais il m’en a manqué un peu sur la fin, analysait-il. J’ai eu très tôt une ampoule au talon droit. Je pense que j’ai un peu compensé à gauche et, du coup, le quadriceps a commencé à saturer. Dans le finish, les gars ont été monstrueux. Reste la satisfaction d’avoir « joué avec des mecs qui font 2h05’-2h06’ ». De quoi lui donner « plein de confiance » avant sa prochaine incursion sur les 42,195 km.
Onzième en 2h10’34’’, Emmanuel Roudolff-Levisse a été un peu juste sur le plan musculaire, avec le redoutable enchaînement de montées et descentes. Il a eu l’intelligence de ne pas se mettre trop tôt dans le rouge. « J’ai essayé de courir juste tactiquement et de ne pas exploser, c’était important pour l’équipe », soulignait le Francilien d’Athlé 92, en rappelant que sa dernière médaille avec les Bleus remontait à 2017. Il s’agissait de l’or collectif avec les espoirs lors des championnats d’Europe de cross à Samorin (Slovaquie).
Biberonné lui aussi aux aventures par équipes dans les labours, Hassan Chahdi, du haut de ses 37 ans, a très bien géré son effort en pensant au groupe. « Comme le parcours était difficile, je voulais faire une course prudente, retraçait le sociétaire de l’AL Voiron. A un moment donné, je me suis retrouvé avec Félix (Bour). J’ai commencé à avoir mal aux jambes et j’ai temporisé pour essayer de bien finir. » Contrat rempli avec une dix-neuvième place précieuse en 2h12’04’’. Et une médaille à laquelle il accorde une valeur certaine, même s’il pensait l’équipe capable d’aller encore plus haut : « Je suis fier du collectif. Je pensais qu’on pouvait décrocher l’or, mais visiblement, sur ce championnat, on est abonnés au bronze. On espère que ça va changer ce soir ! »