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Equipe de France / Présentation

Championnats d’Europe de Birmingham : Les Bleus en piste dans le chaudron anglais

9 Août 2026 - Par Florian Gaudin-Winer

Mise à jour : 10 Août 2026 (15h51)

Photos : © Stéphane Kempinaire / KMSP

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Championnats d’Europe de Birmingham : Les Bleus en piste dans le chaudron anglais

L’équipe de France débute ce lundi le rendez-vous continental avec un collectif soudé, des ambitions affirmées et des locomotives prêtes à tirer le groupe vers le haut.

Les Bleus sont cernés. Lorsqu’ils sont sortis brièvement de leur hôtel samedi en début de soirée, pour la traditionnelle photo d’équipe, ils ont pu avoir un aperçu du Birmingham by night. Partout, sur Broad Street au cœur du centre-ville, des pubs aux enseignes lumineuses, de la musique assourdissante, des Anglais survoltés, et bien sûr de la bière qui coulait à flots. Même ambiance dans le bar privatisé en partie pour accueillir le Club France, où se sont déroulés tout au long du week-end les conférences de presse, à deux pas des canaux bucoliques qui font le charme de la ville aux bâtiments en brique rouge, ex-fleuron de la révolution industrielle dans les Midlands de l’Ouest. A l’étage, les athlètes en tenue équipe de France, prêts à répondre aux questions des journalistes, pouvaient croiser des clients en grande forme, qui enchaînaient les allers-retours aux toilettes entre un verre, une partie de billard, ou un match de foot sur Sky Sport diffusé sur une des nombreuses télés tapissant les lieux.

Un décor qui donne envie de fêter des médailles, peut-être dès lundi soir avec les finales du 5000 m et du 4x400 m mixte lors desquelles Jimmy Gressier, Samuel Vessat et consorts tenteront d’ouvrir le compteur tricolore avec, pourquoi pas, déjà de l’or. « Les leaders vont permettre de tirer l’équipe vers le haut, ce sont des locomotives, espérait samedi devant les médias Jean Galfione, manager du programme Los Angeles 2028. On travaille sur l’émulation depuis notre prise de fonctions », avec la volonté de leur permettre de s’adresser « aux autres athlètes pour montrer comment ils ont trouvé le chemin. Une atmosphère est née, c’est une première pierre extrêmement importante dans les fondations de ce qu’on veut construire. Je suis confiant dans l’engagement général des athlètes. » Le groupe vit bien, oui, et ça s’est vu lors de la réunion d’équipe, où tous les primo-sélectionnés en équipe de France A ont été invités à se présenter en quelques mots devant leurs coéquipiers, avant d’entamer une vibrante Marseillaise reprise en cœur.

« Une grande famille »

Parmi eux, donc, Samuel Vessat, ovni de la sélection française avec, pour ses débuts chez les Bleus, le deuxième temps des engagés sur le tour de piste. Du haut de ses 24 ans, le sprinter de Saint-Denis Emotion et de Purdue University, qui partage sa chambre avec son camarade du 4x400 m Predea Manounou, a la fraicheur des nouveaux venus. « Je suis comme un petit enfant dans une cour de récré, je découvre tout, s’exclame-t-il, rayonnant. Je me sens super bien accueilli, l’équipe de France, c’est une grande famille. Je pose tout le temps des questions. Avec le relais, j’essaye de comprendre ce que le coach attend de nous. »

Même enthousiasme chez Margot Chevrier, qui démarre à 26 ans une deuxième carrière en retrouvant l’équipe de France plus de deux ans après sa grave blessure à la cheville. « C’est étrange car, d’un côté, j’ai l’impression de n’être jamais partie, j’arrive avec mes dix sélections dans les pattes et tout mon bagage, constate la Bordelaise. Et en même temps il y a toute l’excitation des premières, de réessayer la ‘’combi’’, les trucs des premières sélections. »

En parlant de capes, comment ne pas citer l’inévitable Mélina Robert-Michon, qui, à 47 ans, s’apprête à disputer ses neuvièmes championnats d’Europe. Ce qui va en faire la recordwoman de participations au rendez-vous continental, hommes et femmes confondus. Une statistique qu’elle ignorait, et dont elle fait peu de cas. « Je sais que Renaud (Lavillenie) note toutes ses stats dans un petit carnet, mais moi, je n’y suis pas très attachée, avoue la discobole lyonnaise. Cela dit, j’aime bien qu’on me les donne. Le nombre de participations, ce n’est pas ce que je recherche. Je veux d’abord être performante dans le cercle et, quelque part, faire mentir les chiffres. Je ne suis pas là pour participer et dire que j’étais là. »

De nombreux candidats aux médailles

Une dernière phrase que pourraient reprendre tous les Bleus en lice à partir de ce lundi sur la piste de l’Alexander Stadium puisque, dans la droite ligne des modalités de sélection, ils ont chacun le potentiel pour intégrer au minimum le top 8. Et, malgré plusieurs absences pour blessures, les candidats au podium ne manquent pas, de Jimmy Gressier à Yann Chaussinand (marteau), en passant par Anaïs Bourgoin (800 m), Agathe Guillemot (1500 m), Sacha Alessandrini (100 m haies), Louise Maraval (400 m haies), Marie-Julie Bonnin (perche), Hilary Kpatcha (longueur), Samuel Vessat (400 m), Azeddine Habz (1500 m), Just Kwaou-Mathey (110 m haies), Thibaut Collet et Baptiste Thiery (perche), Makenson Gletty (décathlon) et Aurélien Quinion (marathon marche). Un cercle d’une quinzaine de représentants qui ne demande qu’à s’agrandir et auquel on peut d’ores et déjà ajouter les trois champions d’Europe en titre qui remettent en jeu leur couronne, Gabriel Tual (800 m), Alice Finot et Alexis Miellet (3000 m steeple).

Pas du genre à se cacher, le champion du monde du 10 000 m Jimmy Gressier montrait la marche à suivre samedi, lors de son point presse : « J’ai très envie d’y être et de me fighter avec mes adversaires. J’ai hâte de ne plus tourner en rond à l’entraînement, mais autour de la piste pour aller chercher deux médailles d’or. Le but, c’est de marquer les esprits dès lundi sur 5000 m. » Rendez-vous à 21h40 heure française pour joindre le geste à la parole.