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Equipe de France / Compte-rendu
19 Juillet 2026 - Par Mathéo Gillet
Mise à jour : 20 Juillet 2026 (12h11)
Photos : © Coen Schilderman / FFA
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Julie Bourgis et Isild Drouet ont survolé la finale de la perche, ce dimanche à Rieti (Italie), pour réaliser un retentissant doublé bleu-blanc-rouge aux championnats d’Europe U18. Pauline Daumas, Ana Peeters et le relais medley sprint ont ajouté trois médailles de bronze au total tricolore, permettant aux Bleuets d’achever la compétition avec dix bouquets, dont trois titres.
Que cela paraît facile lorsqu’on les regarde s’envoler. Présentées comme les deux meilleures perchistes européennes de la saison, Julie Bourgis et Isild Drouet n’ont pas seulement tenu leur rang : elles ont ébloui le stade Raul-Guidobaldi et transformé la finale des Europe U18 en championnat de France. La seule frayeur a concerné Julie Bourgis, quand elle a dû s’y reprendre à trois fois à 4,25 m. Une fois assurées de monter sur le podium, les deux Françaises ont changé de dimension. Les barres sont montées de cinq centimètres en cinq centimètres et leur mano a mano a tourné en faveur de Bourgis.
Isild Drouet et sa compatriote ont d'abord égalé le record de France de la première nommée en effaçant 4,35 m. Si Isild n'est pas allée plus haut, Julie Bourgis a ensuite franchi 4,40 m, soit dix centimètres de mieux que son ancienne référence et surtout cinq centimètres de mieux, donc, que la meilleure marque nationale tous temps. Une performance également synonyme de record des championnats et de couronne européenne : la razzia était complète. La Nordiste s’est même offert trois tentatives à 4,46 m, soit, au centimètre près, le record de France U20 établi ce week-end par Moana Peyrard à Charléty lors des France U*NXT à Charléty.
« Mon objectif était de monter sur le podium. Je n’aurais jamais pensé pouvoir battre mon record et celui des championnats », confiait la lauréate, encore marquée par un échauffement durant lequel elle n’avait « pas touché une seule marque ». Un mauvais présage en apparence seulement : « Cela m’est déjà arrivé d’exceller après un mauvais échauffement, donc je ne me suis pas trop inquiétée. Quand j’ai su que j’étais médaillée, j’étais plus détendue, mais je n’ai rien perdu de ma détermination. »
Pauline Daumas n’avait encore jamais remporté la moindre médaille nationale. La voilà désormais médaillée internationale, au terme du deuxième 3000 m de toute sa vie. Son unique référence datait du 20 juin, lorsqu’elle avait couru en 9’21’’23 pour obtenir les minima. Un mois plus tard, la troisième meilleure performeuse des engagées a confirmé en s’emparant du bronze, en 9’22’’33. Portée par les encouragements de la délégation française, elle a terminé pied au plancher pour coiffer l’Allemande Luise Brzoska au poteau. Devant elle, la Suissesse Aimie Decrausaz a écrasé la course en 9’06’’60. Jade El Himer a, pour sa part, pris la onzième place de la finale en 9’44’’70.
Il a fallu aller beaucoup plus loin que les centièmes pour départager Anna Peeters et la Finlandaise Alisa Launonen sur 100 m haies. Les deux jeunes femmes ont coupé la ligne en 13’’21 (+0,9), mais le millième a tourné du côté de la Française. Déjà chronométrée en 13’’21 lors des séries, puis deuxième de sa demi-finale en 13’’36 face à un vent défavorable, la championne de France en salle a retrouvé toute sa vitesse au meilleur moment. Deuxième performeuse des engagées, elle a résisté jusqu’au bout pour offrir à la délégation sa neuvième médaille.
Orfeo Chandler n’a pas connu le même dénouement dans la finale masculine. Treizième des bilans avant la compétition, le Puciste avait changé de dimension dès les séries en pulvérisant son record en 13’’36. Il a confirmé sa progression avec une cinquième place européenne en 13’’46 (+0,5). Le titre est revenu au Turc Yunus Emre Civelek en 13’’08, devant le Néerlandais Eljahro Philipsen, qui avait amélioré dès les séries le record d’Europe de Wilhem Belocian, vieux de quatorze ans, grâce à ses 12’’96 (+1,3).
Repêchés de justesse au temps après s’être initialement classés neuvièmes du relais medley sprint, les Français avaient rejoint la finale au bénéfice d’une disqualification d’une autre nation au premier tour. Dylan Telo, Pierre Ivanes, Maidis Gorrillot et Antoine Marx se sont montrés à la hauteur de la chance qui leur été offerte et ont su se transcender au meilleur moment. Le quatuor a effacé les hésitations des séries pour aller chercher une médaille de bronze, en 1’52’’85, qui a refermé ces championnats sur une dernière image de fête collective.
Andrea Jolevot avait fait rêver les supporters français en prenant les commandes du décathlon au terme d’une première journée ponctuée de quatre records personnels. Il savait néanmoins que ses cinq dernières épreuves lui seraient moins favorables. La seconde moitié de son programme l’a progressivement éloigné du podium, sans l’empêcher de signer le meilleur total de sa carrière, avec 7173 points. Son nouveau record à la perche, à 3,90 m, l’a provisoirement réhaussé à la troisième place, mais il a finalement terminé septième.
Très régulier, Louka Tesson s’est classé huitième, avec 7113 unités, en raafraichissant au passage ses records au disque (42,06 m) et sur 1500 m (4’34’’95). Arrivés à Rieti avec les 17e et 20e performances européennes, les deux Tricolores repartent côte à côte après avoir chacun réalisé le meilleur décathlon de leur vie. Le Tchèque Sebastian Andrejev a été sacré avec 7523 points.
Elina Redon a longtemps eu les deux pieds sur le podium de la hauteur. Impeccable sur les premières barres, la Française a franchi 1,74 m au premier essai avant de buter à 1,77 m. Elle occupait encore la troisième place au jeu des essais lorsque l’Italienne Alessandra Bighi, dont le record s’élevait jusque-là à cette hauteur, a fait basculer sa compétition à son ultime tentative. Portée par cet élan, l’Italienne a ensuite franchi 1,80 m puis 1,82 m, repoussant Redon au pied du podium.
Les dix-neuf centièmes qui ont séparé Loan Di Sanza du bronze sur 1500 m laisseront également quelques regrets. Lancé dans un gros finish, le Français a pris la cinquième place en 3’57’’89, juste devant Yannis Le Ruyet, sixième en 3’58’’01. Les Britanniques Freddie Rowe et Alistair Street ont signé le doublé avec panache. Léa Eid espérait, elle aussi, se mêler à la lutte pour les médailles du 800 m. Mais la Slovaque Ziva Remic n’a laissé à personne le droit de rêver en partant seule vers le titre. Bien placée, l’Alsacienne a manqué de jus dans le dernier quart pour répondre aux attaques et s’est classée sixième.
Judicael Sauvaget, arrivé avec la dixième performance européenne, a confirmé son record des demi-finales en se classant cinquième du 400 m haies en 52’’41. Eleonore Breney a longtemps marché au contact du podium sur 5000 m avant de terminer au même rang en 23’35’’62, record personnel amélioré de près de dix secondes. Dans la même course, Andreane Sainson a pris la onzième place en 24’09’’54.
La marche était plus haute que prévu pour Maxence Bal et Esteban Pannier sur 2000 m steeple. Dans une finale tactique, les deux Bleuets n’ont jamais réussi à se placer avant de subir les changements de rythme. Pannier a terminé onzième en 6’05’’56, juste devant Bal en 6’07’’63. Même issue dans les deux finales du triple saut, puisque Suzanne Cornelie-Lenoir a dû se contenter d’une dixième place avec 12,57 m. Jayden Metainville, sauvé au troisième essai des qualifications, n’a pu aller au-delà de 14,55 m et a achevé son aventure sur une place de onzième. Le Britannique Tito Odunaike a, lui, bondi dans une autre dimension avec 16,12 m, record des championnats et meilleure performance mondiale U18 de l’année.
Avec dix médailles, dont trois en or, quatre en argent et trois en bronze, les Bleuets terminent légèrement en dessous des onze breloques récoltées deux ans plus tôt à Banská Bystrica, mais avec un titre supplémentaire.