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Stade / Compte-rendu
19 Juillet 2026 - Par E. Nappey - M. Gillet
Mise à jour : 20 Juillet 2026 (12h11)
Photos : © G. Hamon - M. Delobel - B. Daniel / Capture My Sport
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En améliorant son record de France du 5000 m marche, Chloé Le Roch a parfaitement rempli son contrat et s’est idéalement replacée sur la bonne trajectoire à quinze jours des championnats du monde U20 à Eugene, dimanche à Paris. Le sauteur en hauteur Elijah Pasquier, la demi-fondeuse Anaise Meyer et la sprinteuse Béatrice Tassin ont également brillé lors de l’ultime journée des championnats de France U*NXT.
Il valait mieux ne pas être en retard ce dimanche matin au stade Charléty. Le 5 000 m marche U20 féminin, deuxième épreuve du programme, a vu Chloé Le Roch livrer un véritable récital sur les douze tours et demi au menu de son petit déjeuner. Déjà détentrice du record de France de la catégorie, la marcheuse du CJF Saint-Malo s’est élancée sur des bases folles dès le coup de pétard. Dans son viseur : le titre, un nouveau record, mais aussi et surtout les minima pour les Mondiaux à Eugene, qu’elle n’avait pas encore en poche, puisqu’elle n’avait pas encore de chrono de référence sur la distance en 2026. La faute à une entorse « juste avant le meeting de Montreuil », prévu dans son agenda.
Après trois semaines en altitude à Font-Romeu pour se relancer, la Bretonne a remis les pendules à l’heure en bouclant son affaire en 21’41’’80. Soit un gain de plus de 22 secondes sur son record national, daté de l’an passé. « Malgré un petit ralentissement entre 2 800 m et 3 500 m, j’ai pu relancer sur la fin de course, j’étais vraiment super à l’aise. Il m’en restait sous le pied, et d’ici deux ou trois semaines, ce sera encore mieux. Je suis rassurée », expliquait-elle à sa sortie de piste. Quatrième de la Coupe du Monde à Brasilia (Brésil) au mois d’avril, Le Roch ne se cache pas derrière son petit doigt au moment d’énoncer ses ambitions pour les Mondiaux à Eugene. « Je viserai le titre, parce qu’au Brésil, la première place m’a paru toute proche. Et cette fois, j’aurai le temps de m’acclimater correctement, donc je suis confiante. »
Si Le Roch a assuré le lever de rideau, c’est à Elijah Pasquier qu’est revenu l’honneur de clore ces quatre jours de spectacle au stade Charléty de Paris. Le sauteur en hauteur du Stade Sottevillais 76 y a mis les formes, en franchissant 2,21 m à sa troisième tentative, mais tenait à souligner le rôle joué par ses camarades de jeu. « Ce que je retiens aujourd’hui, c’est que le concours était bien plus relevé que prévu. Si je suis allé haut aujourd’hui, c’est bien parce que deux autres gars m’ont poussé au cul (sic), si vous me passez l’expression », pointait le néo-champion de France. Derrière lui, Enzo Muscedere (AC Arpajonnais) a porté son record à 2,17 m pour prendre la médaille d'argent, avant de pousser le champion d’Europe U20 de 2025 dans ses retranchements sur les deux barres suivantes. « C’est très bien de montrer que la hauteur française peut donner des émotions et des performances prometteuses sur des championnats jeunes », professait le Normand. Le plaidoyer ne pouvait pas mieux tomber, puisque la fin du concours s’est déroulé avec toute l’attention du stade, les autres épreuves ayant déjà rendu leur verdict.
Pasquier a ensuite tenté par trois fois d’effacer 2,24 m, sans succès. « Il m’a manqué un peu de fraîcheur et des points techniques, notamment dans mon virage que j’ai beaucoup travaillé récemment, pour y arriver, mais ce sera pour la semaine prochaine aux championnats de France Elite. » Sur une scène encore plus grande, et avec un public encore plus nombreux pour le pousser, le défi s’annonce excitant.
J’avais très envie de revanche après ma performance sur 100 m
Béatrice Tassin a réglé ses comptes avec elle-même et ses fantômes de la ligne droite (deuxième en 11’’61), ce dimanche. Sortie comme une bombe du virage du 200 m, la sprinteuse de l’AAS Sarcelles a résisté à la charge menée par Rose Djagbre (Entente Poitiers Athlé 86) dans la ligne droite, avant de voir sa rivale chuter à quarante mètres du but. « J’étais dégoûtée de gagner comme ça, j’aurais clairement préféré une bataille complète, jusqu’à la ligne », soufflait la Val-d’Oisienne. Elle n’a rien relâché pour autant, et a coupé la ligne en 23’’51 pour assurer sa place dans la délégation française aux championnats du monde à Eugene (Etats-Unis) dans quinze jours. Essoufflée comme rarement à sa sortie de la piste, Tassin se projetait néanmoins sur la lutte pour le podium dans l’Oregon. « Je préfère viser haut plutôt que de me mettre des étapes », prévenait-elle, sûre de sa force.
Les grandes histoires sont faites pour être racontées... puis réécrites. Pendant 34 ans, le record de France U20 du 4x100 m, version clubs, avait traversé les générations sans vaciller. Une éternité dans le sprint. Il appartenait à l'AS Air France (Guadeloupe), emmenée en 1992, à Bouillante, par une certaine Christine Arron, future femme la plus rapide de l'histoire de l'athlétisme français. Dans une ambiance assourdissante, digne des Interclubs, le relais de la Vallée de la Marne Athlétisme 77 a fini par faire tomber ce monument en 45''86, cinq centièmes plus vite que l'ancienne référence (45''91), ce dimanche. Une performance collective portée notamment par Shade Laporal, sacrée championne de France U20 du 400 m deux jours plus tôt, aux côtés de Lynne Ta Bi, Auxane Kingue et Naomie Manset-Paruta.
Pour plusieurs postulants aux Mondiaux U20 à Eugene, il restait une « formalité » à remplir pour valider leur ticket : remporter leur épreuve pour bonifier les minima qu’ils avaient en poche. Clément Rabreau (Val-de-Reuil AC) a rempli son contrat sur le 5000 m marche U20, malgré des jambes encore lourdes après son stage en altitude à Font-Romeu. Il a parfaitement géré son affaire pour s'offrir un huitième titre de champion de France en 21'13''16. Même mission, même réussite pour Anaise Meier (Strasbourg Agglomération Athlétisme), qui a pris les commandes du 800 m dès les premiers mètres pour s'envoler vers une victoire solitaire en 2'07''57. Soudatou Niang (Evreux AC) les a rejoints en fin de journée, à la faveur de son succès à la longueur, obtenu grâce à un saut mesuré à 6,25 m (+2,3 m/s).
Il y avait fort à parier que cette dernière journée serait celle des doublés. Avec les finales du 200 m au programme, ceux qui avaient brillé sur la ligne droite la veille avaient une occasion en or de remettre le couvert. Déjà titrés sur 100 m vendredi, Joryan Siger (Courbevoie Athlétisme Club) et Thibault Gromala (SCO Angers Athlé) ont remis ça sur 200 m. Le U23 francilien, qui n'a découvert l'athlétisme qu'il y a un an, a résisté jusqu'au bout à Dylan Mileau (20''89) pour compléter son doublé en 20''83, malgré un adducteur récalcitrant. Chez les U18, Gromala n'a laissé aucune ouverture après un départ canon. Vainqueur en 21''38, il réalise un deuxième doublé 100 m - 200 m consécutif après celui de Saint-Étienne l'an dernier. La troisième héroïne du jour n'avait, elle, pas besoin de starting-blocks. Deux jours après son sacre sur 2000 m steeple, Jeanne Vaslin (Amiens UC) a récidivé sur 800 m. Restée à l'abri jusqu'à la dernière ligne droite, la Picarde a jailli au moment décisif pour venir coiffer Julia Delattre de quatre petits centièmes (2'10''96 contre 2'11''00). « Je n'avais pas le droit à l'erreur », glissait celle qui voulait transformer la déception de sa non-sélection aux championnats d'Europe U18 en moteur.
Les finales du 200 m ont également offert une image forte avec le doublé chez les U18 des jumelles Iliana et Mélina Tomaszewski (Athlé Sud 17). Respectivement première et deuxième en 24''31 et 24''55, les deux sœurs ont partagé un premier sacre individuel en championnat de France, avant de conduire, une heure plus tard, leur club vers le titre sur le relais 4x100 m U18.
Sur 800 m U23, Melvyn Cavagnoux (CS Bourgoin-Jallieu) a confirmé que sa reconversion depuis le 400 m n'avait rien d'un hasard en décrochant un nouveau titre national, une semaine avant de se mesurer aux meilleurs Français à Albi. Enfin, le concours du triple saut U20 a réservé un final haletant, qui a souri in extremis à Meddhy Varnere (AC Baie-Mahault), qui a bondi à 15,80 m pour repousser Antoine Edzoa Mve (EA Pays de Brocéliande, 15,70 m).