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Stade / Compte-rendu
17 Juillet 2026 - Par Mathéo Gillet
Mise à jour : 19 Juillet 2026 (00h26)
Photos : © G. Hamon - M. Delobel - B. Daniel / Capture My Sport
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Moana Peyrard a battu le record national U20 du saut à la perche lors de la deuxième journée des championnats de France U*NXT vendredi au stade Charléty à Paris, en franchissant 4,46 m. Son camarade Milann Klemenic a encore retranché quelques centièmes au sien sur le tour de piste, tandis que le perchiste Zackaria Dia et le hurdler Théo Pedre ont assuré le spectacle.
Pour les spectateurs du stade Charléty, c’est dans la ligne droite opposée qu’il fallait être en fin d’après-midi ce vendredi. Les deux concours de saut à la perche U20, disputés en simultané, ont livré leur lot d’émotions et de grande performance. Moana Peyrard est la première à s’être distinguée dans la version féminine. Impériale lors de son entrée en matière, elle a tué tout suspense en domptant 4,30 m à sa deuxième tentative. Comme lors des championnats hivernaux en février à Val-de-Reuil, la pensionnaire du Nice Côte d’Azur Athlétisme a ensuite ajouté le record de France à son bilan de la journée, en franchissant 4,46 m. Il lui a toutefois fallu avoir recours à une troisième tentative. « Après les deux premières, j’ai senti qu’il fallait que je change de perche, parce que celle que j’utilisais était trop molle. J’en ai trouvé une que je n’avais prise qu’une fois cette saison, et ça a marché », résumait-elle après coup, avec douceur et une sérénité digne d’une athlète qui aurait vingt ans de pratique dans les pattes. « Satisfaite mais pas plus », l’élève de Sébastien Reisdorffer sur la côte d’Azur se projetait sur son grand rendez-vous à venir, lors des Mondiaux à Eugene (Etats-Unis). « Si je veux être en mesure de me battre pour l’or, il faudra probablement aller plus haut qu’aujourd’hui. C’est donc bien d’avoir pris quelques repères », songeait celle qui pointe au cinquième rang des bilans mondiaux.
Moana a ensuite eu tout le loisir d’assister à la démonstration de son collègue Zackaria Dia, intouchable dans le concours masculin. Déjà présent au meeting Diamond League de Paris il y a trois semaines, le seul engagé U20 du week-end dans ce cas, Dia jouait en terrain connu. Après avoir survolé ses trois premières barres, il a franchi 5,65 m pour oblitérer le record des championnats. L’Audomarois a ensuite tenté 5,85 m par trois fois, sans réussite. « Il me manquait un peu de punch, et comme j’avais déjà la victoire en poche, je n’étais plus vraiment à fond dedans », soufflait-il au pied du podium. Le leader mondial de sa catégorie a tout de même pris quelques « repères intéressants en vue des championnats de France Elite et des Mondiaux ». A Albi, il se frottera au redoutable gratin français, pour y jouer le podium, a minima. A Eugene, il s’avancera avec le dossard de numéro 1 mondial, et la pression qui va avec. Elle n’a pas l’air de lui faire beaucoup d’effet, pour l’instant.
Dans la foulée d’un premier record de France U20 du 400 m la veille lors des séries (46’’19), Milann Klemenic avait promis de faire encore mieux lors de la finale. Placé à l’aveugle au couloir 7, le sprinter de l’Elan Sportif de Trélissac a joint les actes à la parole, en prenant un départ supersonique, loin de toute considération sur la fatigue de l’enchaînement des tours. « J’ai couru comme j’aime le faire, à savoir un premier 200 m en ‘’mode suicide’’, où je n’en ai rien à br***, et voir ensuite ce que ça peut donner », balançait-il à l’arrivée. Malgré cinquante derniers mètres qui « piquaient un peu », il a conservé suffisamment de vitesse pour rallier la ligne en 46’’03. Si près des 46’’, barrière que beaucoup cherchent pendant des années à taper. « Ce n’est pas très important pour moi, balayait-il. Ça viendra quand ça viendra, je sais très bien que j’ai les jambes pour le faire très bientôt. » Il devrait avoir une nouvelle occasion aux Etats-Unis dans quinze jours, où il espère se faire une place dans le top 8 planétaire, dans une discipline à la densité folle. Son insouciance sera encore une arme précieuse pour y parvenir.
Quatre records des championnats sont tombés ce vendredi à Charléty. Outre Milann Klemenic (400 m U20), Moana Peyrard et Zackaria Dia (perche U20), Théo Pedre (SC Universitaire de France) a complété le tableau sur le 110 m haies U23. Le Francilien s'est même offert le luxe de réaliser le record des championnats à deux reprises dans la même journée. Auteur d'un 13''37 (+1,5) dès les demi-finales, il effaçait la marque établie en 2024 par Erwann Cinna, qui avait avalé la distance en 13''39 en 2024. Trois heures plus tard, Pedre remettait le couvert en finale, s'imposant de nouveau en 13''37, cette fois avec un vent nul. « Je voulais vraiment battre mon record (13''25) en finale, mais j'ai fait une belle faute sur le premier obstacle. Sans ça, je pense vraiment que j'aurais été au niveau de mon PB », expliquait avec une pointe de regret le hurdler du SCUF. Un avant-goût de ce qui l'attend dès la semaine prochaine à Albi, où il retrouvera justement Erwann Cinna, mais aussi Thomas Wilkes, deuxième ce vendredi, Just Kwaou-Mathey, Romain Lecoeur et d'autres, pour une confrontation qui s'annonce autrement plus relevée.
J’ai gagné dans le stade où j’ai débuté l’athlé et où je m’entraîne toute l’année
Licenciée au Paris UC (désormais membre d’une entente avec le Stade Français) depuis 2019, Amayelle Sy De Vaucher était comme à la maison pour ces championnats. L’élève de Mickaël Pauloby et Agathe Ngakam a, en plus de sa connaissance du sautoir, pleinement profité du soutien bruyant d’une vingtaine de proches dans les tribunes pour faire main basse sur la couronne nationale avec 13,35 m (+0,8). Assurée d’être du voyage aux championnats du monde, la Parisienne a fait le plein de confiance avant de se lancer dans le bain du grand monde.
Ils étaient plusieurs à avoir déjà un pied dans l'avion pour Eugene et les Mondiaux U20, et ont profité de Charléty pour confirmer leur forme du moment. À commencer par Ewenn Vernack sur 110 m haies, déjà auteur des minima A à Mannheim (13’’35), et vainqueur convaincant en 13’’44 (+0,2) ce vendredi. C'est son deuxième titre national, même si la gagne est revenue au Norvégien Anthony Omundsen Johnsen (CA Montreuil 93), vainqueur en 13’’25. Le pensionnaire de l’ES Montgeron avait auparavant abaissé son record personnel en demi-finales, avec un chrono de 13’’26 (+1,8). Déjà qualifiée pour Eugene après son titre aux championnats de France d’épreuves combinées à Aix-en-Provence la semaine dernière, Zola Ndouma-Mona (CU Pau) est venue se faire plaisir à Charléty. En jonglant avec le programme, elle a remporté sans trembler le poids avec 15,01 m, avant de mettre le cap sur la finale du 100 m haies, à l'issue moins favorable puisqu'elle a chuté, sans gravité, en cours de route.
Ceux qui avaient déjà les minimas B devaient obligatoirement s’imposer pour valider leur billet. Shade Laporal (Vallée de la Marne Athlétisme 77) a confirmé son statut sur 400 m U20 en coiffant la couronne en 54’’69, bien que devancée par l’Ivoirienne Dawa Ange Ella Klah (Athlé Provence Clubs). Même scénario pour Rémi Mourié (Tarn Sud Athletisme), vainqueur de la longueur avec 7,28 m malgré une alerte à l'ischio, et Lenny Pawlowicz (Entente Savoie Athle), qui s’est imposée sur le 100 m haies féminin en 13”36 (+0.9).
Ingmar Bratteby-Belem est reparti les bras bien chargés de Charléty, puisque le pensionnaire du Clermont Auvergne Athlétisme s’est offert un doublé doré. D’abord au disque, avec un nouveau record personnel porté à 55,30 m. Puis au poids, où il a confirmé ses progrès avec un nouveau record en plein air à 19,18 m. A deux petits centimètres du standard pour le déplacement aux Etats-Unis, mais sa prestation peut lui permettre de croire à une éventuelle sélection complémentaire.
Pour sa dernière année chez les U23, Florella Freyche (Entente Sud Lyonnais) s’est rassurée une semaine avant les championnats de France Elite à Albi. Avec un jet mesuré à 66,58 m, elle a devancé la meilleure performeuse de la saison Marie Rougetet (Dijon UC), qui n’a pas pu faire mieux que 65,32 m. Melissa Benfatah (Athlé Provence Clubs) a tenu son rang sur le 100 m haies U23 en 13''01 (+0,8).
Chez les U18, Jared Ejiasian n’a pas amélioré le chrono qui avait marqué les esprits la veille, mais il a assuré l’essentiel : la 1e place. Malgré une grosse faute sur la quatrième haie, le Nigérian de l’AC Nord Val d’Oise a conservé son avance pour décrocher la victoire en 13”04 (-0.5) sur 110 m haies, tandis que Darell Bartoche (Essonne Athletic), premier Français à l’arrivée, a dû attendre la photo-finish pour être sacré en 13’’53.
Les Frances U*NXT sont aussi conteurs de belles histoires. Les deux pensionnaires du Gap Hautes-Alpes Athlétisme, Lony Dacher et Owen Molas, ont transformé leur complicité d’entraînement en doublé sur la piste de Charléty. Les deux compères ont profité de la finale du 400 m pour pulvériser leurs chronos de référence, en respectivement 48’’24 et 48’’30.
À la hauteur U18, Sacha Ettori (Pessac AC) a choisi le plus beau moment pour franchir un cap et une barre à 2,04 m, soit quatre centimètres gagnés d'un coup, après seulement quatre mois d'entraînement dans les jambes. Sur le tour de piste, Odeline Lafoutant (Grand Paris Seine & Oise Athlé) a également sorti le grand jeu. La championne de France U18 en salle cet hiver a pulvérisé son record en finale du 400 m U18, passant de 55’’48 à 54’’29 pour décrocher la médaille d’or.