Equipe de France / Compte-rendu
19 Septembre 2026 - Par Florian Gaudin-Winer
Mise à jour : 19 Septembre 2026 (22h39)
Photos : © SprintShot Team / FFA
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Agathe Guillemot a décroché le titre mondial sur le mile (1609 mètres) ce samedi à Copenhague (Danemark), en s’imposant en 4’22’’74, nouveau record d’Europe. La Bretonne a fait la différence dans les 200 derniers mètres pour l’emporter devant la grande favorite, l’Ethiopienne Freweyni Hailu.
Il ne restait que quelques mètres avant la ligne d’arrivée. Toutes babines dehors, Agathe Guillemot s’arrachait, avec la rage et la volonté qu’on lui connaît. Mais un sourire est apparu. Tout d’abord timide, puis de plus en plus grand. Le bonheur à l’état pur d’une championne du monde, puisque oui, la demi-fondeuse du CAB Pont L’Abbé a décroché l’or sur le mile (1609 mètres) et donc la plus belle médaille de sa carrière. Avec ce mélange de sérieux et de folie douce qui la caractérise, la Bretonne a croisé les bras à la Mbappe et poussé un long hurlement, avant d’observer sa breloque, déjà autour de son cou, l’air interloqué.
Sur un parcours au tracé limpide, avec deux interminables lignes droites d’environ 800 mètres, reliées par un unique virage, l’élève d’Alann Moreau depuis la fin 2025 a su attendre son heure. A la différence de l’Ultimate Championship le week-end dernier, où elle avait longtemps mené avant de terminer huitième, elle est restée à l’abri dans le peloton jusqu’à la mi-course. On l’a vue se replacer avec autorité aux avant-postes dans la courbe. Un choix payant puisqu’elle a pu réagir quand l’Ethiopienne Freweyni Hailu, en tête dans des conditions venteuses et par une quinzaine de degrés, a progressivement accéléré l’allure. Agathe Guillemot a été la seule athlète en mesure de la suivre. Au-coude-à-coude avec la championne du monde indoor 2024, elle a fini par la déborder à environ 200 mètres de l’arrivée, pour s’imposer en 4’22’’74 et effacer des tablettes le record continental sur route de la Britannique Jemma Reekie (4’23’’25). Une victoire en patronne, puisque qu’elle a devancé Hailu (4’24’’35) de près de deux secondes, alors que la Kényane Miriam Cherop complétait le podium en 4’25’’71.
« La stratégie était de rester plutôt cachée pendant la première partie de course, racontait-elle, après avoir pris le temps de bien récupérer. Il y avait un kilomètre de ligne droite avec plutôt du vent de face. Il ne fallait pas que je me mette trop devant, tout en restant au contact. Ça s’est passé idéalement, j’étais vraiment bien protégée. Je savais qu’il fallait que je me sorte de ce petit peloton au moment du virage, pour pouvoir accélérer quand j’en aurais envie. Je me suis retrouvée devant à la sortie et, une fois que j’étais là, je savais qu’il fallait faire les écarts. J’ai juste accéléré en en gardant un tout petit peu pour les 150 derniers mètres, où il y avait un dos d’âne à partir duquel je savais qu’il fallait que je remette de la fréquence. J’étais à la bataille avec Hailu et je me disais que finir deuxième, c’était nul. Je voulais juste vraiment gagner. A 600 mètres de la ligne, je savais que j’allais décrocher une médaille et, à 150 mètres, que j’allais gagner. Même si, franchement, j’ai un peu douté jusqu’à l’arrivée, à force de finir quatrième en me faisant manger à chaque fois sur la ligne. Mais je me suis vraiment sentie forte. Ça s’est passé comme je le voulais et c’est moi qui ai dicté ma loi. »
Au pied du podium sur 1500 m lors des championnats du monde en salle de Torun en mars dernier, puis des Europe de Birmingham en août, Agathe Guillemot atteint le graal pour la dernière compétition de sa longue année 2026. « C’est l’exploit de ma saison, savourait-elle. J’ai été constante à un très bon niveau. C’est cool de l’être, mais si on fait de l’athlé, c’est pour ce genre de trucs, des médailles, des titres. C’est quand même une consécration ! Pour la confiance, c’est hyper important. L’année prochaine, il n’y a que du bon qui va arriver ! »
Première athlète tricolore de l’histoire sur le podium des Mondiaux de running, qui ont fait leur apparition au calendrier en 2023, Agathe Guillemot a ouvert la voie aux Bleus, dans la capitale danoise aux murs en brique rouge. Si Augustine Haquet – 26e en 4’40’’14 - a terminé beaucoup plus loin, Flavien Szot n’est pas passé de loin de s’offrir aussi une récompense sur la même distance mais chez les hommes. Dans une course dynamitée par l’Américain Yared Nuguse (3’52’’33), qui a finalement dû céder face aux assauts de l’Allemand Robert Farken (3’51’’80), le demi-fondeur coaché par Adrien Taouji, 5e en 3’53’’44, nouveau record de France, termine à moins d’une seconde du médaillé de bronze, le Luxembourgeois Ruben Querinjean (3’52’’77). Romain Mornet a, lui, dû se contenter de la 28e place en 4’00’’02. Au classement par équipes mixte (2 femmes et 2 hommes), l'équipe de France a terminé 4e.
Le 5 km a moins souri aux Bleus et à Jimmy Gressier. Le champion du monde en titre du 10 000 m visait une nouvelle médaille planétaire et a pu compter sur Flavien Szot en rampe de lancement pendant les deux premiers kilomètres. Le vainqueur du 1500 m lors des Jeux méditerranéens, lui aussi entraîné par Taouji, a lancé la course sur des bases relativement rapides (5’17’’ au 2e km, avant de baisser de rythme pour terminer 48e en 14’47’’). Jimmy Gressier a ensuite pris le relais, puis ça s’est un peu observé entre le 3e et le 4e kilomètre. Juste avant le panneau situé à 1000 mètres de l’arrivée, l’Ethiopien Mezgebu Sime a placé une violente attaque, digne d’une dernière ligne droite sur piste. Ce qui a fait exploser un peloton déjà très dégarni. Parmi les ‘’victimes’’, Jimmy Gressier, qui n’a pas été en mesure de réagir et a rétrogradé au classement, pour finir 14e en 13’17’’. La victoire est revenue à l’Erythréen Dawit Seare (12’56’’), qui, à la surprise générale, a réglé au terme d’un sprint suffocant le Norvégien Jakob Ingebrigtsen (12’59’’).
Dans la course féminine, sans Françaises au départ, c’est l’Ethiopienne Likina Amebaw qui l’a emporté en 14’41’’.