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Championnats du monde du 100 km : bis repetita pour Hot et les Bleues

7 Décembre 2024

Mise à jour : 13 Décembre 2024 (00h50)

Championnats du monde du 100 km : bis repetita pour Hot et les Bleues

Floriane Hot a conservé son titre de championne du monde du 100 km ce samedi à Bangalore (Inde), tandis que la deuxième place de Marie-Ange Brumelot a offert à la France un nouveau doublé et une superbe victoire au classement collectif.

Rien n’arrête Floriane Hot. Deux ans après s’être révélée à la face du monde à Berlin, la Provençale a conservé sa couronne de reine du monde du 100 km ce samedi à Bangalore. Deux sélections internationales pour deux victoires planétaires. Entre temps, la sociétaire d’Athlé Provence Clubs a donné naissance au petit Nino, puis s’est relancée dans une préparation aussi exigeante qu’aboutie. Sa détermination a payé ce samedi, dans des conditions de chaleur assez élevée (27 °C au thermomètre, un peu plus en ressenti) au cœur de la capitale indienne des nouvelles technologies. Partie prudemment, Hot a laissé les commandes de la course à la Britannique Sarah Webster, se plaçant en embuscade, l’écart oscillant entre 1’15’’ et 3’ jusqu’à la mi-course.

Quand les choses sérieuses ont commencé, que le thermomètre a commencé à grimper sérieusement après un départ aux aurores (décalé d’un quart d’heure, faute de luminosité suffisante sur le parcours), et que les organismes ont commencé à faillir, Floriane Hot a pu compter sur son mental à toute épreuve et sur ses meilleures jambes. Régulière et efficace, même dans la petite côte du parcours de 4,86 km, elle a progressivement réduit l’écart et a pris la tête des opérations aux alentours du 75e kilomètre. Plus personne ne l’a revue, et elle a rallié l’arrivée, où l’attendait tout sa famille, bouclant son effort en 7h08’43’’. Souriante comme à son habitude, le visage à peine marqué par l’effort au moment de poser pour la photo drapeau en main, Hot pouvait savourer son nouveau triomphe.

« Je crois que c’est un moment encore plus fort qu’il y a deux ans, tant pour la performance que pour les émotions, soupèse-t-elle. Au vu du parcours et des conditions climatiques, je n’aurais jamais pensé réalisé 7h08’, même si je savais grâce aux séances faites lors de ma prépa que je n’avais jamais été aussi en forme. J’ai beaucoup pensé à mon fils pendant la course, et j’ai la chance d’avoir autour de moi mes parents, mes frère et sœur et mon compagnon Nicolas (Navarro). Et gagner en plus par équipes, ça rajoute du bonheur. » 

D’un récital l’autre, Marie-Ange Brumelot a pris la deuxième place, comme Camille Chaigneau en 2022. Après avoir partagé un bout de chemin avec Hot en début de matinée, la Franco-Américaine a fait le choix de suivre Sarah Webster lorsque celle-ci a produit son effort, tout en veillant à ne pas s’épuiser trop vite. Lorsque Floriane l’a rattrapée puis doublée, la néophyte internationale s’est accrochée autant qu’elle a pu pour, à son tour, doubler la Britannique et se parer d’argent. En 7h12’22’’, elle a confirmé que la distance était faite pour elle, et que son coup d’éclat du printemps à Steenwerck était tout sauf un coup d’épée dans l’eau. 

Elle n'était pourtant pas la plus assurée des partantes au moment de s'élancer. « En septembre, j’avais une fracture au sacrum, et je n’ai pu faire que six semaines de prépa, après deux mois et demi sans courir, rappelle-t-elle. Je m’estimais capable de finir la course, mais avec comme seul objectif d’apporter ma pierre pour une médaille par équipe. Finalement, j’ai pu miraculeusement tenir un bon rythme, même si dès le 45e kilomètre, j’ai senti que je commençais à bosser (sic). J’étais consciente que j’allais ralentir, que la souffrance allait s’amplifier, mais j’avais une médaille quasi-assurée, puisqu’il n’y avait personne à proximité derrière moi. Je suis extrêmement ravie ! »

Ruel malchanceux, Polin courageux

Avec la seizième place de Louise-Marie Thévenin-Lebran, en 8h06’00’’, les Françaises ont fait encore mieux qu’il y a deux ans, puisqu’elles ont eu droit à la Marseillaise au classement par équipes, en devançant la Grande-Bretagne et les Etats-Unis.

En lice pour une médaille pendant un bon tiers de la course, Guillaume Ruel s’est accroché aux basques des Japonais Jumpei Yamaguchi et Haruki Okayama, qui menaient grand train. Il a hélas, été victime d’une entorse sur une partie instable du parcours, et a dû abandonner à mi-course, non sans avoir tenté de passer outre la douleur. Deuxième en 2022, Jumpei Yamaguchi a cette fois conquis l’or en 6h12’17’’. Derrière, Benjamin Polin a longtemps tenu une cadence élevée, lui permettant de rêver à une place dans le top 8. Il a connu quelques difficultés en fin de parcours mais a serré les dents pour finir son périple en 6h54’’49’’, à la quinzième place, soit une amélioration de quatre rangs en l’espace de deux ans. Enfin, Jocelyn Kerbourch a honoré sa première sélection d’une vingt-huitième place, en 7h15’40’’.

La rédaction
Photos : © Martin Cauwel / FFA