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Championnats du monde en salle de Torun : Les Bleus veulent prendre la lumière

19 Mars 2026 - Par Florian Gaudin-Winer

Mise à jour : 20 Mars 2026 (15h18)

Photos : © Stéphane Kempinaire / KMSP

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Championnats du monde en salle de Torun : Les Bleus veulent prendre la lumière

Les athlètes tricolores, arrivés en Pologne mercredi soir, abordent ces Mondiaux indoor avec beaucoup d’envie. Et, pour certains d’entre eux, de très bons souvenirs de Torun. Confidences de conférence de presse.

Dans une ville qui a vu naitre Nicolas Copernic, l’astronome polonais qui a développé et défendu la thèse selon laquelle la Terre tourne autour du Soleil, il est logique de regarder vers le ciel et donc d’observer les perchistes. Qui, pour reprendre le mot de Baptiste Thiery, n’ont jamais autant attiré la « lumière ». Grâce à Mondo Duplantis, qui, avec ses flopées de records du monde - le dernier avec 6,31 m chez lui à Uppsala (Suède) le 12 mars - a entraîné dans son sillage le Grec Emmanouil Karalis (6,17 m) et un contingent de perchistes en passe de démythifier la barrière des six mètres.

Cette hauteur, « ce n’est plus une garantie de podium, estime Thibaut Collet. La perche est en train d’évoluer, ils ont pété toutes les règles et les barrières de l’époque. » Une révolution pas loin d’être copernicienne, qui, au-delà d’une course aux médailles toujours plus difficiles, même avec des performances d’engagement respectives à 5,90 m et 5,85 m pour les deux Français, a des conséquences concrètes sur tout le concours. « On a des montées de barres d’assassins », résume, avec son sens de la formule, le cinquième des Mondiaux de Tokyo. En référence notamment, à un passage direct de 5,85 m à 5,95 m.

Ce qui devrait faire des dégâts et n’est pas pour déplaire aux Bleus, tout comme à leur homologue féminine Marie-Julie Bonnin, qui devra, si tout va bien, affronter 4,70 m puis 4,80 m sans étape intermédiaire. « Il faudra mettre direct le paquet, c’est le type de concours que j’adore », apprécie la Bordelaise, qui arrive en Pologne dans la peau d’une championne du monde en titre. Si elle continue à adapter son entraînement à cause d’une inflammation entre les lombaires, la recordwoman de France 4,76 m a « l’impression que la forme revient » et a « envie d’aller chercher à nouveau une médaille ».

Belocian de retour sur la piste de son titre européen

Le passé, Wilhem Belocian a aussi envie de le convoquer. Le hurdler guadeloupéen de 30 ans retrouve la Kujawsko-Pomorska Arena, où il avait décroché l’or continental sur 60 m haies en 2021. « C’est assez particulier, je connais bien la région », sourit le vice-champion du monde 2025, conscient que « le championnat est plus ouvert » que d’habitude en l’absence du recordman du monde Grant Holloway, même si trois de ses concurrents ont couru en 7’’37 cet hiver. « J’arrive en mode : ‘’lâche-toi, kiffe ton moment’’ ! Les France m’ont débloqué psychologiquement. Je retrouve mon côté léger, félin, je suis en accord avec moi-même. » Un état d’esprit en accord avec celui de la spécialiste des haies hautes Laeticia Bapté, qui n’hésite pas à le clamer : « l’objectif est d’être championne du monde ».

Torun, Agathe Guillemot y a aussi « de bonnes ondes ». C’est en effet ici qu’elle a abaissé son record de France du 1500 m à 4’00’’64, le 22 février dernier. « Le cerveau aime bien retrouver des endroits où ça s’est bien passé », souligne-t-elle, tout en mettant en avant sa motivation : « Les Mondiaux, ça me transcende limite plus que l’échelle européenne. C’est un peu la définition de l’infini. » Pour jouer une médaille, la championne d’Europe devra terminer dans les trois premières de sa série et intégrer ainsi une finale disputée seulement à neuf, « un sacré cut ».

Une concurrence énorme sur 3000 m

Si les Français engagés sur 3000 m, Yann Schrub et Azeddine Habz, auront la chance de disputer une finale directe, ils seront servis niveau concurrence avec la présence du podium du 1500 m des Jeux de Paris (Cole Hocker, Josh Kerr, Yared Nuguse) et du champion du monde du 3000 m steeple (Geordie Beamish). « Il y aura les meilleurs du monde, ça va être une course de malades et il n’y a pas mieux comme expérience », savoure d’avance le premier nommé, tout frais recordman d’Europe du 10 km. Toujours « en très grande forme », il est « prêt à (s)e battre dans tous les types de scénarios ».

Le Mosellan est l’athlète français masculin en lice à Torun comptant le plus de sélections en équipe de France A (17). Jordan Terrasse, à l’autre bout du spectre, fera, lui, ses débuts chez les grands sur 800 m, tout comme Titouan Le Grix et Adèle Gay sur 1500 m. « C’est important d’être ambitieux et de ne pas juste se satisfaire d’être sélectionné, prévient le Clermontois, champion de France Elite à domicile début mars. Surtout que j’ai 25 ans, je ne suis pas non plus hyper jeune. Je dois apprendre tout de suite si je veux entrer vite dans le bain. »

Un discours qui devrait plaire à Jean Galfione, manager du programme olympique Los Angeles 2028, qui déclarait il y a quelques jours : « Tous les sélectionnés ont le potentiel pour terminer dans les douze premiers. Des Mondiaux en salle représentent une belle occasion de se révéler le jour J. » Une opportunité à saisir dès ce vendredi à partir de 10h05, heure du coup d’envoi de la compétition.