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Equipe de France / Compte-rendu

Championnats du monde U20 : Diarra et Niang sur le toit du monde

7 Août 2026 - Par Mathéo Gillet

Mise à jour : 7 Août 2026 (18h42)

Photos : © SprintShot Team / FFA

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Djelika Diarra a offert à l’équipe de France son premier titre des Mondiaux U20, lors de la deuxième journée à Eugene, en s’imposant à la longueur avec 6,52 m. Un concours de rêve pour les Bleues, puisque Soudatou Niang l’a accompagnée sur le podium avec le bronze. Sur le tour de piste, Milann Klemenic a encore abaissé le record de France U20 du 400 m, dès les séries en 45’’83, avant de se qualifier plus tard dans la journée pour la finale.

Le Temps Fort

Diarra et Niang, un bonheur qui se partage

Les premières médailles françaises ont été livrées en package. Djelika Diarra et Soudatou Niang avaient déjà montré la veille, en qualifications de la longueur, qu’elles avaient de la réserve. Il leur restait à changer de dimension en finale pour embrasser leurs rêves.

Les deux Françaises se sont installées aux avant-postes sans attendre. Niang, entraînée par Victor Moussel à l'Evreux AC depuis ses débuts, a égalé son record personnel au deuxième essai avec 6,34 m (-0,4), suffisant pour grimper sur le podium. Diarra a fait encore plus fort à sa troisième tentative : 6,52 m (+0,6), quatorze centimètres ajoutés à son ancienne référence. Soit la meilleure performance mondiale U20 de l’année et une place au sommet du bac à sable. Personne n’ira plus loin. Voici l'élève de Frank Mbatang à l'AFA Feyzin-Vénissieux championne du monde, sous le regard ému des autres Bleuets présents dans les tribunes, des étoiles plein les yeux.

Sixième et huitième au bilan avant le début des championnats, les deux Bleuettes n’étaient pourtant pas arrivées dans l’Oregon dans la peau de favorites. « Il y avait de la place et les filles ont assuré magnifiquement, apprécie Pierre-Charles Peuf,manager du programme 2032 à la DTN. Elles ont vraiment pris leur chance quand elle s’est présentée. C’est exactement cet état d’esprit de vainqueur qu’on recherche. »

En voyant ce scénario, comment ne pas penser à Bydgoszcz (Pologne). En 2016, Yanis David avait été sacrée championne du monde U20 de la longueur, avec Hilary Kpatcha en bronze. Dix ans plus tard, même drapeau aux première et troisième places. « Apprendre qu’on a reproduit ce qu’avaient fait les deux filles en 2016, c’est génial, savourait la nouvelle championne du monde. Soudatou est ma concurrente en France depuis trois ans et partager cette joie avec elle ici, je n’aurais pas pu rêver mieux. » Sa colocataire à Eugene confirmait avec le sourire : « Je ne sais pas si je vais la laisser dormir ce soir. »

La Perf'

Klemenic pour jouer les trouble-fêtes

46’’19. Puis 46’’03. Et maintenant 45’’83. Depuis le 16 juillet, chaque 400 m de Milann Klemenic se termine de la même manière : par un nouveau record de France U20.

Placé dans la série du phénomène américain Quincy Wilson, le protégé d’Emmanuel Huruguen ne s’est pas contenté de regarder courir le plus jeune champion olympique en athlétisme de l’histoire (avec le 4x400 m masculin en 2024). Resté au contact, il a coupé la ligne en deuxième position en 45’’83, vingt centièmes de mieux que sa référence établie trois semaines plus tôt aux U*NXT. Pour le sociétaire de l’Élan Sportif de Trélissac, se transcender sous le maillot bleu commence à devenir une habitude. Vice-champion d’Europe U18 du 400 m en 2024 puis U20 l’été dernier à Tampere, il possède déjà trois médailles continentales chez les jeunes, en comptant le bronze du 4x400 m décroché dès 2023.

Restait à recommencer, à peine cinq heures plus tard. Une configuration nouvelle pour lui. Le Périgourdin a pourtant rendu presque exactement la même copie en demi-finales : 45’’87, deuxième place derrière le Sud-Africain Leendert Koekemoer (45’’18), et qualification directe pour la finale. « Je suis un peu fatigué, reconnaissait-il après sa deuxième course. C’est la première fois que je cours deux 400 m dans une même journée. Maintenant, je dois bien récupérer et donner le meilleur demain. »

De son côté, Lucas Couderc s’est arrêté aux portes de la finale avec ses 46’’69 en demies, après une série maîtrisée (46”64).

La Coup Dur

Ndouma-Mona stoppée en plein élan

La médaille était encore à portée de main. Deuxième de l’heptathlon après la première journée avec 3669 points, Zola Ndouma-Mona abordait jeudi ses trois dernières épreuves en position idéale, même si la seconde journée de l’heptathlon n’est pas son point fort. Ses espoirs se sont pourtant envolés dès la longueur.

Touchée à l’ischio-jambier sur son premier essai, la Paloise a tenté de poursuivre. Elle a serré les dents et repris son élan une deuxième fois, mais la douleur s’est accentuée. Impossible d’aller plus loin. Celle qui s'entraîne dans l’Iowa (USA) a dû abandonner avant le javelot et le 800 m. « Elle avait la perspective de terminer dans les cinq, et potentiellement sur le podium. C’est rageant, mais c’est la dure loi de l’heptathlon », regrettait Pierre-Charles Peuf.

Lalie Pouzancre-Hoyer a, elle, gagné deux places au cours de la journée pour terminer dixième avec 5499 points, nouveau record personnel. Après un début de concours de longueur moyen, elle s’est réveillée au dernier essai avec 6,16 m (+1,1), quatrième performance de l’épreuve. Ses 30,80 m au javelot lui ont coûté du terrain, avant un 800 m bouclé en 2’18’’99.

Et aussi

Dans les séries du 3000 m steeple où seuls les huit premiers obtenaient leur billet, Basile Astier s’est retrouvé loin des places qualificatives avant de lancer une grosse remontée dans le dernier tour et se classer huitième en 8’50’’78. Treize centièmes ont, en revanche, privé Mathis Dubois de finale (neuvième en 8’53’’58).

À la hauteur, Léonard Nowoczyn n’a presque rien laissé traîner. 2,00 m et 2,05 m au premier essai, 2,10 m au deuxième, puis 2,14 m dès sa première tentative : le sociétaire de l’Artois Athlétisme a obtenu le sixième résultat des qualifications.Avec, en bonus, une technique bien rôdée avec une course d’élan bien posée et de la vitesse. De quoi lui permettre d’aborder la finale avec de légitimes ambitions.

Zackaria Dia a choisi, lui, l’économie. Le leader mondial U20 de la perche a raccourci son élan de quatre foulées et utilisé des perches moins rigides pour passer les qualifications sans puiser dans ses réserves. 5,10 m, puis 5,25 m : deux sauts et un billet validé. Aloïs Gellens l’accompagnera en finale après un concours plus mouvementé. En difficulté pour régler ses marques en début de concours, il s’est remis dans le bon axe pour franchir 5,25 m à son troisième essai.

Première mondiale également réussie pour le 4x100 m mixte. Thibaut Gromala, Paola Valognes, Dylan Telo et Béatrice Tassin ont terminé deuxièmes de leur série en 42’’16, derrière la Grande-Bretagne, qui a porté le record du monde U20 à 41’’60. Les Bleuets ont, eux, retranché vingt-huit centièmes au record de France.

Deuxième de sa série en 54’’04, son deuxième meilleur chrono en carrière sur le tour de piste, Shade Laporal a reproduit le même schéma en demies (54’’05), cinquième, s’est arrêtée là. Côté haies basses, Talyna Ligier a longtemps été dans le jeu avant de céder dans la dernière ligne droite (5e en 1’00’’00). Sur la même distance mais chez les hommes, Kristen Colly, sixième de sa série en 52’’47, et Travis Collet, tombé dès la deuxième haie après un échauffement perturbé par une gêne à l’ischio-jambier, quittent également la compétition.

Enfin, pas de finale au triple saut masculin pour Gora Ndiaye et Meddhy Varnere. Respectivement crédités de 15,34 m et 14,95 m, les deux Français sont restés en deçà de leurs meilleures marques lors de qualifications où il fallait atteindre 15,69 m pour prendre le dernier billet.