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Equipe de France / Interview
29 Septembre 2025 - Par Florian Gaudin-Winer
Photos : © Alanis Duc / FFA
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Sacré champion du monde du trail court vendredi à Canfranc (Espagne), Frédéric Tranchand est encore sur son petit nuage. L’ex-orienteur revient sur sa course de rêve et sur les clés de cette victoire qui s’est construite sur le long cours.
Oui, d’ailleurs, j’ai publié un petit post sur les réseaux sociaux pour rappeler que le titre de champion du monde, j’en avais été assez proche à plusieurs reprises en course d’orientation, mais sans jamais l’obtenir. Ce n’était plus qu’un rêve mais un vrai objectif. Je savais que c’était accessible. Ce résultat est la concrétisation de tout ce parcours.
Ce qui est souvent compliqué en trail, c’est qu’il y a beaucoup de compétitions et on peut vite beaucoup se disperser. Cette fois, depuis l’automne dernier, j’avais vraiment en tête de faire tout mon possible pour arriver au top aux championnats du monde, en ayant mis toutes les chances de mon côté. Même si j’ai disputé des courses en skyrunning au printemps – et d’ailleurs je n’en ai pas gagné – puis les championnats de France qui étaient un passage obligatoire pour aller à Canfranc, j’étais vraiment focalisé sur ces Mondiaux. J’étais assez relâché lors de toutes les courses précédentes, en me disant que c’était une préparation pour l’Espagne. Ça a payé ! Et puis il y a eu la préparation avec l’équipe de France, toutes les heures d’entraînement en altitude au cours de l’été. Ça a été des clés importantes.
Ca ne s’est pas du tout passé comme prévu. La stratégie était d’être assez prudent, plutôt à l’arrière du groupe de tête pour, entre guillemets, profiter de l’aspiration. Mais en fait, il y avait pas mal de passages sans sentiers, où il fallait suivre les jalons et chercher sa route. Ça valait le coup d’être derrière d’autres coureurs pour s’en servir comme poissons-pilotes et sauver de l’énergie. L’idée était d’attaquer après le deuxième ravitaillement, avec encore deux montées et deux descentes au programme. Mais dès la dernière partie du premier sommet, très raide et sur les caillasses, j’ai eu l’avantage d’être un des rares au sein du groupe de cadors à avoir des bâtons. J’ai aussi remarqué que mes concurrents zigzaguaient, ils cherchaient un peu les jalons. Je sentais que ça bricolait et je me suis dit qu’il fallait que je prenne les choses en main. Assez vite, j’ai vu une brèche dans la falaise et je me suis retrouvé devant sans vraiment le vouloir. Derrière, dans l’énorme descente assez technique avec plus de 1000 m de dénivelé, je me suis relâché en courant fluide, sans chercher à attaquer. Et pourtant, j’étais le plus rapide et j’ai lâché tout le monde en prenant une minute d’avance, sans vraiment le vouloir.
J’étais focus sur le fait de ne pas me mettre dans le rouge. J’étais très calme, en me disant que ça n’était pas grave s’ils me rattrapaient. Mais ils ne l’ont pas fait. J’ai commencé à me dire à ce moment-là que la stratégie allait un peu changer et que je devais rester devant le plus longtemps possible. J’ai mis un peu plus d’engagement, en particulier dans les deux dernières montées. Dans l’ascension finale, j’étais vraiment dans le mal et j’avais peur de ‘’cramper’’. Je me suis concentré pour tout donner, pousser surtout sur le haut du corps où il me restait un peu plus d’énergie que dans les jambes. Ça a payé puisque j’ai continué à creuser l’écart. Dans la descente, assez rapide mais avec 122 virages en épingles et donc 122 relances, ça a été dur mentalement. Je suis très fier d’avoir réussir conserver mon attention et ma combativité jusqu’au bout.
Oui, j’ai surtout vu celles-là et peu d’images de la course, ce qui est presque dommage (rires). Si j’en ai l’occasion, je regarderai peut-être la rediffusion du live. J’ai vraiment tout donné jusqu’à la ligne en pensant à l’équipe, car ça nous tenait à cœur que tout le monde reparte avec une médaille. Il y avait un beau collectif avec beaucoup d’entraide, de camaraderie, une super dynamique. Après la ligne d’arrivée, j’ai pu commencer à apprécier. C’est une vraie consécration. Réaliser la course de rêve le jour J, c’était vraiment chouette. C’est la récompense d’un mode de vie tourné vers le sport de haut niveau. Pas seulement à l’entraînement et en compétition, mais aussi par mon comportement au quotidien.
Plus que les objectifs sportifs, j’aime vraiment l’esprit collectif de l’équipe de France. Le trail est un sport individuel. J’ai quelques sponsors mais pas vraiment un groupe que je peux retrouver. Avec les Bleus, on s’entraide et on se pousse les uns les autres. C’est sûr et certain que je souhaite participer à d’autres compétitions avec ce maillot.