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Jimmy Gressier : « Les Europe de cross, c’est quelque chose d’unique »

12 Décembre 2025 - Par Florian Gaudin-Winer

Photos : © Gwendal Hamon / CaptureMySport

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Jimmy Gressier : « Les Europe de cross, c’est quelque chose d’unique »

Il n’y a pas besoin de pousser beaucoup Jimmy Gressier pour qu’il se lance dans une déclaration d’amour au cross, et plus particulièrement au rendez-vous continental. Triple médaillé d’or chez les U23, le champion du monde du 10 000 m visera ce dimanche une première couronne en individuel chez les seniors dans cette compétition, ainsi que le titre avec le collectif.

En quoi la course de l’Escalade a joué dans votre choix de vous aligner à Lagoa ?

J’ai un peu changé de méthode d’entraînement, je fais moins de spécifique et un peu plus de volume. Je voulais voir si ça répondait tout de suite assez bien lorsque je lâchais un peu les chevaux et si je pouvais jouer la gagne au Portugal, C’était la séance test pour les Europe de cross. J’avais aussi besoin de savoir si, psychologiquement, j’avais envie d’y aller. Ça reste quand même un gros événement, avec une bonne concurrence et une grosse pression médiatique. On ne peut pas arriver en croyant que ça va être facile.

La perspective d’aller chercher une nouvelle médaille d’or a compté ?

La médaille que j’envie le plus à Yann (Schrub), c’est son or de champion d’Europe de cross. C’est aussi pour ça que je suis là aujourd’hui. Même si j’ai un titre mondial, je m’en f…, car les championnats d’Europe de cross, c’est quelque chose d’unique, mon événement préféré. J’avais à cœur de les refaire et Arnaud (Dinielle, son entraîneur, ndlr) y est pour beaucoup. Mon objectif est clair : gagner à la fois en individuel et avec l’équipe. Si ça n’est pas le cas, je serai vraiment déçu. Je veux ramener deux médailles à la maison, chez ‘’pépé’’. C’est un objectif important, même si ça n’est pas celui de la saison.

Vous allez disputer votre premier cross de la saison ce dimanche. Avez-vous pu le préparer de manière spécifique ?

Non, je n’ai même pas mis les pointes une seule fois depuis les championnats du monde. J’y vais plutôt au feeling. Le meilleur spécifique que j’ai fait, ça a été l’Escalade. Ça ne faisait que monter, descendre et tourner, et c’était quasi la même distance qu’aux Europe. J’ai vu que ça allait être un peu plus du sable à Lagoa, je ne sais pas comment je vais réagir mais je suis un peu passe-partout. La simple reconnaissance de veille de course devrait me suffire.

Avez-vous déjà prévu une célébration en cas de victoire ?

C’est quelque chose que je fais un peu à l’instinct, mais il faut que je me renouvelle ! A l’arrivée de l’Escalade, je voulais encore passer la banderole en steeplant, mais ils n’ont pas compris. Si vous avez des idées, je suis preneur ! Mais je veux me concentrer avant tout sur la gagne, il faut respecter les adversaires qui sont là et ne pas se voir trop beau trop tôt. Avant la ligne, il y aura sept bornes à faire mal à tout le monde.

Quel rôle a joué le cross dans votre parcours d’athlète ?

C’est le cross qui m’a révélé. Je me suis qualifié un peu par hasard pour les Mondiaux (chez les juniors en 2015 à Guiyang, ndlr) qui avaient lieu en Chine. J’avais pris une déculottée, je crois que j’avais terminé 81e (80e en fait, ndlr). Je me disais : ‘’c’est quoi ce sport de fou ?’’ J’avais chopé la tourista, j’étais dans les toilettes, plein de boue, je ne pouvais plus bouger. On est en mars, je rentre, je ne fais pas de saison estivale, et je lance à Arnaud : ‘’laisse tomber, je reprends le foot’’. En octobre, il me convoque avec mon coach du foot et me demande d’arrêter pour retourner à l’athlé. Finalement, je participe aux Europe à Hyères, à domicile (4e en individuel et vainqueur par équipes, ndlr). Je me souviens de la ferveur du public. Le jour où j’ai gagné à Samorin en Slovaquie devant Crippa (lors de son premier titre chez les U23 en 2017, ndlr), je me suis dit : moi aussi, je suis capable de courir dans ses chronos. Toutes les performances qu’il réalisait, j’étais sûr que j’allais les faire et que ça n’était qu’une question de temps.

Vous visez aussi les Mondiaux de cross, qui auront lieu le 10 janvier à Tallahassee, aux Etats-Unis. Comment est née cette idée ?

J’étais déjà sûr que je voulais disputer les Mondiaux en individuel mais, après le meeting de Paris (en juillet 2025, ndlr), je suis allé voir Yann en lui demandant s’il comptait y courir. Il m’a répondu qu’il ne savait pas, que c’était encore dans longtemps. Je lui ai dit : ‘’écoute, on se tire la bourre partout, là on peut aussi penser à l’équipe et, si on gagne une médaille avec le collectif, on va être trop contents et on va kiffer le moment tous ensemble. Je lui ai proposé de ‘’chauffer’’ aussi Etienne Daguinos. On lui a dit qu’on avait besoin de lui. On a validé ça à Talence lors des championnats de France avec Bastien Perraux (le responsable national du cross, ndlr), le lendemain du 5000 m.