Actualités
Actualités
Equipe de France / Sélection
2 Février 2026 - Par FFA
Photos : © David Warren / Alamy Images
Partager
Le manager du programme olympique 2028 au sein de la direction technique nationale détaille les lignes directrices et les idées qui ont présidé à l’établissement des modalités de sélection en équipe de France pour les championnats d’Europe de Birmingham, en août, et les championnats du monde en salle de Torun, en mars.
Tout d’abord, nous avons souhaité inscrire les modalités de sélection des championnats d’Europe dans le cadre de l’ambition définie pour l’ensemble de l’olympiade : viser pour l’équipe de France un top 3 européen lors des compétitions de référence. Pour cela, quatre grands principes nous serviront de base pour les modalités de sélection jusqu’à Los Angeles 2028 :
1- Fixer un niveau d’exigence qui permette aux athlètes individuels de viser a minima un Top 12 aux championnats du monde et un Top 8 aux championnats d’Europe, et aux relayeurs de viser un Top 8 mondial et un Top 5 européen.
Un travail d’analyse, en concertation avec les experts de chaque discipline, nous a conduits à définir deux niveaux de minima : l’un maximisant les chances pour les athlètes de viser un top 3 européen (ou un top 8 mondial en 2027), à réaliser une fois, l’autre maximisant de viser un top 8 européen (ou 12 mondial en 2027), si l’athlète le réalise deux fois, et ce dans une période relativement proche des championnats d’Europe ou du monde.
2- Insuffler une culture de la performance et de la gagne le jour J : en ce sens, être compétitif lors des championnats de France Elite reste un critère incontournable pour la majorité de nos disciplines.
3- Prendre en compte la spécificité de chaque discipline, notamment pour les épreuves combinées, le marathon, les épreuves de marche, le 5000 m et le 10 000 m. Par exemple, les dates de réalisation des performances doivent être adaptées, la participation aux championnats de France peut ne pas être exigée ou elle peut être aménagée, mais dans ces cas-là, une preuve de forme est exigée à l’approche du grand championnat.
4- Laisser au comité de sélection le soin de compléter la liste des athlètes sélectionnés prioritairement via les minima et la place aux championnats de France, par des athlètes éligibles, en considérant les éléments pertinents, à condition que cela renforce le potentiel de l’équipe de France.
Dans tous les cas de figures, les athlètes devront bien sûr être qualifiables par EA (via les minima EA ou le ranking) pour pouvoir prétendre à être sélectionnable par la FFA.
Comme je l’ai dit, ces modalités se veulent exigeantes, elles ont été établies dans une logique de performance s’imbriquant dans la préparation de chacun des athlètes. Elles sont le fruit d’un travail long et collectif, en concertation avec les accompagnateurs haute performance et les spécialistes de chaque discipline pour trouver le plus de justesse possible.
On veut que tous les athlètes qui iront à Birmingham soient en mesure d’entrer en finale : les travaux d’analyse, de statistique et de prospective nous ont amenés à établir les niveaux de performance pour y prétendre, et nous avons distingué cinq catégories de discipline pour prendre en compte leurs spécificités dans les modalités, notamment de calendrier.
Effectivement, comme je l’ai expliqué plus haut, il y a deux entrées possibles par la performance (minima A et minima B). Dans les deux cas, l’athlète qui les réalise devra également montrer qu’il peut être performant le jour des championnats de France Elite. On veut ainsi s’assurer que tous les athlètes, même ceux qui réalisent les minima plus élevés en amont des championnats, aient un niveau de performance fiabilisé par leur capacité à être compétitifs le jour des championnats de France, afin d’arriver aux championnats d’Europe dans un confort psychologique, qu’ils ne soient pas dans l’incertitude. L’existence du minima B reflète l’importance égale que nous accordons à la régularité d’une performance répétée deux fois dans la saison ou à une performance certes plus haute mais réalisée une seule fois. Cela permet également à certains athlètes de gérer leur montée en puissance, avec une régularité à un niveau plus accessible, qui leur évite de courir après un minima plus élevé trop tôt dans la saison.
Oui, pour quasi tous ceux dont les épreuves figurent au programme. Une place parmi les deux premiers à Albi constitue un critère de priorité pour celles et ceux qui ont réalisé les critères de minima, en vue de la sélection.
Les cas particuliers concernent :
- Les décathloniens à qui on ne peut pas demander de faire un décathlon quinze jours avant les championnats d’Europe, ça n’aurait aucun sens sur le plan de la récupération.
- Les coureurs de 5000 m : il n’y a que 15 jours entre le 5000 m d’Albi et celui de Birmingham : les coureurs sélectionnés à partir des minima et de leur place au bilan devront être présents à Albi, soit pour courir, soit pour se mettre à disposition de la FFA en fonction des différentes sollicitations.
- Les coureurs de 10 000 m et les marathoniens, puisque leur épreuve ne figure pas au programme des championnats de France Elite, et pour lesquels une preuve de forme sera néanmoins demandée six semaines avant Birmingham.
- Les marcheurs, sélectionnés en amont sur minima et au bilan, devront simplement montrer leur forme lors des épreuves de marche à Albi.
On s’est appliqués à regarder les chiffres dans le détail, et il y a ces cinq épreuves pour lesquelles nous avons constaté que les minima de European Athletics ne correspondaient pas au niveau pour viser un Top 3 ou Top 8 européens. Il y a des épreuves où l’instance européenne a été plus sévère, et d’autres moins. Je ne saurais pas dire pourquoi, mais cela ne correspondait pas à la réalité du bilan statistique au vu des quatre ou cinq derniers championnats internationaux. Nous avons donc rectifié pour rendre nos minima cohérents avec nos objectifs, dans toutes les épreuves.
En établissant ces modalités, nous avons balayé 95 % des cas envisagés, mais il y aura toujours des cas particuliers qui sortent des normes. C’est là que le comité de sélection entre en jeu. Nous ne nous cacherons pas derrière des tableaux chiffrés. Quand il y aura de la place pour des athlètes éligibles mais pas prioritaires, nous pourrons faire le choix de compléter, ou pas, la sélection. La question d’envoyer des athlètes qui auraient rempli les critères de minima mais seraient blessés ou convalescents sera également tranchée par le comité de sélection. Il nous paraît important de se laisser une marge de manœuvre et de réflexion pour ces cas de figure.
Une sélection n’est pas une récompense. Un athlète de moins de 23 ans peut très bien viser une médaille aux championnats d’Europe. On aura bien sûr un œil attentif sur ceux qui seront amenés à briller aux Jeux de 2032, cela peut être un argument pour convaincre, pour que le comité de sélection se dise : « il est éligible, il n’est pas loin, on a envie de croire en lui », mais ce n’est pas une règle automatique. Quoiqu’il arrive, il faut assumer que le comité de sélection aura des vrais choix à faire, comme dans d’autres sports. Non pas à la tête du client, mais selon une logique que nous expliquerons. Nous sommes cinq autour de la table, la commission des athlètes et celle des entraîneurs est là pour garantir l’objectivité et la richesse des débats, et nous serons accompagnés et conseillés par les spécialistes de discipline.
Les minima de World Athletics sont très élevés et, pour la plupart des épreuves, on les a conservés. Pour ceux qui l’étaient moins, nous avons conservé la logique d’emmener des athlètes qui ont leur place dans le top 12 mondial, et avons établi les minima après des calculs basés sur cette objectif. Là encore, les championnats de France en salle seront importants, et les champions de France seront prioritaires en vue de l’établissement de la sélection. Mais il y aura des adaptations et des exceptions possibles, selon les disciplines. En indoor, sur une saison très resserrée, on ne veut pas pénaliser les athlètes qui ne peuvent pas venir aux France pour de vraies bonnes raisons.
Notre volonté est d’emmener toutes les équipes possibles (6 relais avec les 4X100 m et 4X400 m H et F et les 2 relais mixtes), parce que les Mondiaux de relais représentent une opportunité favorable de se qualifier, non seulement pour les championnats d’Europe mais aussi pour les championnats du monde de Pékin en 2027, eux-mêmes décisifs pour LA 2028. En dehors des Mondiaux de relais, les occasions seront rares et beaucoup plus aléatoires puisqu’il ne restera plus que deux places possibles sur les seize. Pour autant, tous les relais qui auront acquis leur éligibilité au Botswana ne seront pas certains d’être aux championnats d’Europe. Evidemment, on aimerait bien emmener tout le monde à Birmingham, mais le comité de sélection s’assurera de leur capacité à figurer dans le top 5 des championnats d’Europe avant de valider leur sélection.
Ce sera d’ailleurs le cas pour l’équipe de marathon, puisque Birmingham sera le théâtre de la coupe d’Europe de la spécialité, pour laquelle l’objectif fixé est d’atteindre le Top 3 de la compétition.