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Equipe de France / Compte-rendu

Le grand huit d’Aurélien Quinion

13 Septembre 2025 - Par Etienne Nappey

Mise à jour : 16 Septembre 2025 (10h18)

Photos : © P. Millereau - S. Kempinaire / KMSP

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Le grand huit d’Aurélien Quinion

Aurélien Quinion est passé par toutes les émotions lors du 35 km marche samedi matin à Tokyo. Il s’est finalement classé cinquième, des crampes l’ayant privé de son rêve de médaille, qu’il avait patiemment entretenu pendant 27 kilomètres.

Aurélien Quinion est marcheur de métier, mais il aurait sans doute pu être romancier. L’athlète francilien a le don pour écrire des histoires qui sortent de l’ordinaire, et il en a encore livré une ce samedi dans les rues entourant le Stade national de Tokyo. Malheureusement pour lui, le scénario du 35 km marche est plutôt à ranger dans l’étagère des drames, le scénario s’étant achevé sur une cruelle cinquième place, en 2h30’24’’. Il avait pourtant construit une intrigue cohérente, avec vingt kilomètres à attendre son heure dans la moiteur tokyoïte, pendant qu’un trio composé de l’Equatorien Hurtado et des Japonais Katsuki et Kawano avait pris la poudre d’escampette.

« J’ai bien maitrisé la stratégie de course, je n’ai pris aucun carton. Je savais comment gérer, je voyais quand les mecs en faisaient trop. J’étais le plus intelligent dans la course, expliquait Quinion après coup. J’ai marché un temps avec Bonfim (le Brésilien, 2e à l’arrivée), il voulait accélérer, je lui ai dit qu’il fallait temporiser, qu’on allait remonter plus tard. On a marché avec Dunfee (le Canadien, futur vainqueur), je sentais que j’étais un peu au-dessus de lui. J’avais confiance en le fait que l’Equatorien allait prendre un rouge et qu’un Japonais allait craquer. » Tout s’est déroulé comme prédit, et Aurélien Quinion est passé virtuellement troisième au 27e kilomètre, quand Hurtado a rejoint la zone de pénalité. Hélas, le Français s’arrêtait brutalement au même moment, foudroyé par des crampes aux ischios. « Je ne m’attendais pas à en avoir autant, et aussi tôt dans la course. Le circuit n’est pas complètement plat, et il y a quelques appuis qui n’étaient pas linéaires. Il y a des petits trous, des petites bosses, c’est des conneries, mais petit à petit, j’ai senti venir que j’allais cramper. J’ai essayé de rester calme, de me relâcher, mais j’ai dû m’arrêter deux minutes et j’ai tout perdu », regrettait-il lors de son passage devant la presse. Pendant ce temps-là, Evan Dunfee a enclenché la vitesse supérieure pour s'envoler en tête de course. 

Le neuvième des Jeux de Paris sur 20 km a, lui, réussi, au prix d'une fin de parcours courageuse, à sauver une cinquième place tout à fait honorable, mais qui ne trouvait pas grâce à ses yeux. « J’ai bien bossé à l’entraînement, les Espagnols avec qui j’ai partagé des séances à Font-Romeu m’avaient promis que je serais sur le podium. Et finalement, je fais cinquième. C’est dur », lâchait-il. Avec son sens de la formule et son esprit taquin malgré les larmes à peine séchées qui inondaient ses joues, Quinion imaginait qu’il « aurait pu gérer des crampes dans les 300 derniers mètres, sur la piste du stade, avec un drapeau dans les mains, mais pas à huit kilomètres du but. Au lieu de ça, je vais rentrer à l’hôtel et jouer avec ma serviette de douche bleu-blanc-rouge dans la salle de bains. » Il devrait avoir le temps de se projeter sur le 20 km prévu une semaine plus tard, même s’il avait bien du mal, à chaud, à y voir une source d’espoir. Pourtant, il existe parfois des sagas dont le tome deux s’achève par un happy end.

Campion 21e, Robert-Michon aux portes de la finale

Dans la même course, Kevin Campion a bouclé sa longue carrière sur une vingt-et-unième place, en 2h39’12’’, sous les yeux de sa famille qui avait fait le déplacement. « J’ai fait la course que je voulais faire, en serrant les dents mais sans souffrir. Je suis à ma place, et je suis très content de la façon dont ça se termine pour moi. Je veux juste apprécier ce qui est derrière moi désormais », savourait-il, lui aussi atteint par des trémolos dans la voix.

Les Bleus engagés dans l’enceinte du Stade national ce samedi matin n’ont guère été en réussite, à l’image de Mélina Robert-Michon, quinzième du classement combiné des deux groupes de qualifications du disque féminin. Ses 61,24 m, réalisés au deuxième essai, constituent « une performance pas mauvaise pour un concours à 9h du matin, mais pas suffisante pour entrer dans le top 12 mondial. C’est de là que vient la frustration. Il ne manque pas grand-chose, mais je n’étais pas venue pour ça, et j’aurais dû faire mieux », posait lucidement la recordwoman de France, « touchée ». Le dernier billet pour la finale s’est négocié à 62,00 m. Sa comparse Amanda Ngandu-Ntumba a eu toutes les peines du monde à entrer dans sa compétition, et a dû se contenter de 57,60 m lors de sa dernière tentative. « Je n’étais pas bien réglée, j’ai eu du mal à trouver les repères, et mon troisième essai aurait dû être mon premier. C’est dommage, mais ce sont les championnats du monde, tout y est plus compliqué et stressant », relevait-elle à sa sortie de piste.

Le relais 4x400 m mixte a dû se contenter d’une septième place dans sa série, en 3’14’’02. Predea Manounou, qui a suppléé Muhammad Abdallah Kounta (blessé à l’échauffement) au dernier moment, a fait l’apprentissage accéléré du très haut niveau de façon combative. Avec ses compères Fanny Peltier, Téo Andant et Alexe Déau, ils ont une semaine pour affuter leurs armes, en vue d’une revanche lors des 4x400 m féminin et masculin

Quinion

Aurelien

33 ans

10 000 m marche - 10 km marche - 20 km marche - Semi-marathon marche - 35 km marche - Marathon marche - 50 km marche - Relais Marathon marche