Equipe de France / Présentation
13 Septembre 2025 - Par Florian Gaudin-Winer
Mise à jour : 28 Novembre 2025 (16h22)
Photos : © Philippe Millereau / KMSP
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L’équipe de France va tenter d’ouvrir son compteur au Stade national lors de cette deuxième journée de compétition, avec notamment une belle chance en finale de la longueur grâce à Hilary Kpatcha, impériale en qualifications. Jimmy Gressier aura aussi une carte à jouer sur 10 000 m.
Manon Trapp (AS Aix-les-Bains)
Ce soir au cœur de la nuit dans l’Hexagone, et sous les coups de 7h30 dans la capitale japonaise. Manon Trapp va plonger dans l’inconnu. La fondeuse installée en Savoie va disputer son premier grand championnat sur les 42,195 km. Ses 2h23’38’’ lors du marathon de Séville (Espagne) en février lui ont offert le record de France (battu depuis par Mekdes Woldu) et un ticket pour le Japon, un an après avoir manqué de peu la sélection pour les Jeux olympiques de Paris. L’élève de Jean-François Pontier devra, comme l’ensemble des concurrentes, gérer la chaleur humide et étouffante, ainsi que le rythme débridé des coureuses africaines. Après 53 jours de stage en altitude à Font-Romeu, et quelques séances en thermo-room qui ont permis de simuler les conditions climatiques de Tokyo, elle estime avoir encore passé un palier par rapport à sa course andalouse. Elle a logiquement prévu d’adopter une stratégie prudente avec peut-être, à la clé, une belle remontée en perspective.
Azeddine Habz (Val d’Europe Montevrain Athlétisme) - série 1 - 2h00
Paul Anselmini (Entente Franconville Cesame Val d’Oise) - série 2 - 2h09
Romain Mornet (AC Roche-sur-Yon) - série 4 - 2h27
C’est dans la peau du meilleur performeur mondial de l’année qu’Azeddine Habz s’apprête à attaquer sa série des Mondiaux. Un statut très recherché qu’il doit à son fantastique record de France lors du meeting de Paris, en 3’27’’49. Double médaillé lors des championnats d’Europe en salle, le demi-fondeur né au Maroc court encore après sa première récompense internationale en plein air. Mais chaque étape l’une après l’autre et, lors de ce premier tour, il devra terminer dans le top 6 pour passer en demies. Le Britannique Josh Kerr et le Norvégien Narve Gilje Nordas, qui sont déjà descendus sous les 3’30’’, sont sur le papier ses plus redoutables adversaires.
Même défi pour Paul Anselmini et Romain Mornet. Le vice-champion d’Europe U23, qui a abaissé son temps de référence à 3’31’’63 cette saison, retrouvera celui qui l’avait devancé à Bergen (Norvège), le Hollandais Niels Laros (3’29’’20), qui fait partie des favoris pour le titre, ainsi que le Portugais Isaac Nader (3’29’’37) ou encore le Kényan Reynold Cheruiyot (3’29’’91). Quant au fin tacticien Romain Mornet (3’31’’62), il aura aussi fort faire face au Norvégien Jakob Ingebrigtsen (3’29’’63 en salle), qui effectuera sa rentrée estivale, et au talentueux U20 kényan Phanuel Koech (3’27’’72).
Rose Loga (Athlé Chartres Luce ASPTT Mainvilliers) - groupe A
La discrète Rose Loga s’apprête, à seulement 23 ans, à fêter ce dimanche sa dixième sélection internationale chez les seniors. La championne de France Elite était déjà de la partie à Budapest il y a deux ans, et a pris la médaille de bronze des championnats d’Europe à Rome l’an passé, avant de disputer les Jeux olympiques. Elle dispose donc d’un matelas d’expérience qui lui sera utile pour se sortir dans quelques heures des toujours piégeuses qualifications. Son record à 73,17 m, une performance réalisée en février à La Réunion, la place au 13e rang des engagées. La protégée de Baptiste Lacourt devra lancer encore plus loin pour intégrer directement la finale, puisqu’un jet à au moins 74,00 m est demandé. Sinon, elle devra terminer dans les douze premières sur l’ensemble des deux concours.
Sacha Alessandrini (Nice Côte d’Azur Athlétisme) - série 2 - 4h12
C’est peu dire que la Niçoise a multiplié les efforts pour se qualifier pour les championnats du monde. La championne de France Elite, chronométrée en 12’’70 en altitude à Sestrières (Italie) au mois d’août, compte bien faire preuve du même tempérament cette nuit, lors des séries du 100 m haies. Et si l’élève de Franck Né veut ajouter de nouvelles courses à son total de l’année, qui en compte déjà seize avant son entrée en lice, il lui faudra aller au moins aussi vite, au vu de l’incroyable densité de coureuses en moins de 12’’50 sur les haies hautes cette saison. Pour passer en demies, elle devra intégrer le top 3 de sa série ou réaliser un des six meilleurs temps sur l’ensemble des six courses. Et si la Jamaïcaine Danielle Williams (12’’31) et l’Américaine Alaysha Johnson (12’’32) devraient logiquement être au-dessus du lot, il y a de la place derrière pour se faire une place au soleil.
Hilary Kpatcha (Grand Toulouse Athlétisme)
La Toulousaine a fait forte impression samedi en qualifications de la longueur, avec un deuxième essai à 6,85 m, soit dix centimètres au-delà de la performance demandée pour rejoindre immédiatement la finale. C’est la deuxième meilleure performance de la journée, derrière les 6,88 m de la championne olympique Tara Davis-Woodhall, qui a mis tout le monde d’accord dès son entrée en matière. « Mes sensations sont bonnes, le public répond bien et je me suis qualifiée rapidement », savourait l’élève de Kafetien Gomis et Renaud Longuèvre, particulièrement sereine. Si Davis-Woodhall sera l’athlète à battre ce dimanche, la Tricolore n’a sans doute pas manqué de noter, en quittant le stade, que l’Italienne Larissa Iapichino, la Britannique Jazmin Sawyers et la Nigériane Ese Brume ont été prises dans les filets piégés des qualifs et ne joueront pas les médailles. Il y a un coup à jouer, un vrai.
Sarah Madeleine (US Melun) - 1/2 finale 1 - 14h07
Agathe Guillemot (Haute Bretagne) - 1/2 finale 2 - 14h17
Après des séries qui ont offert leur lot d’émotions ce samedi, rebelote dès ce dimanche en début d’après-midi avec des demi-finales à hauts risques. Si la présence de la championne d’Europe indoor Agathe Guillemot, 5e de sa série en 4’02’’05 sans avoir trop puisé dans ses réserves, est tout à fait logique, on n’attendait pas forcément Sarah Madeleine à pareille fête. Mais l’élève de Bastien Perraux dans la banlieue lyonnaise, privée de compétitions pendant près de trois mois après une blessure, a marqué les esprits lors de ce premier tour, en terminant 2e de sa course en 4’02’’66, seulement 11 centièmes derrière Faith Kipyegon. Heureux présage peut-être : elle sera à nouveau opposée à la recordwoman du monde kényane (3’48’’68) dans sa demie, ainsi qu’à l’Ethiopienne Freweyni Hailu (3’54’’16), alors que la Bretonne devra notamment se coltiner l’Australienne Jessica Hull (3’52’’67). La foire d’empoigne promet, avec le top 6 de chaque course en finale et aucune qualification au temps.
Jimmy Gressier (Boulogne-sur-Mer AC)
Le fond mondial est ultra concurrentiel, comme l’avait bien illustré le 10 000 m des Jeux olympiques de Paris l’an dernier. Même en explosant le record de France en 26’58’’67 au Stade de France, Jimmy Gressier avait dû se contenter de la 13e place après une course pleine de panache. Loin d’être découragé, le fondeur de 28 ans a ajouté à son programme japonais cette distance, dont la finale se tient ce dimanche, cinq jours avant les séries du 5 000 m. Si l’élève d’Adrien Taouji ne s’est pas aligné sur les 25 tours de piste cette année, ses progrès sur 10 km (27’07’’) et semi (59’’45 lors de son titre continental à Louvain en solitaire) laissent penser qu’il a encore gagné en caisse. Et comme l’a montré sa victoire surprise sur 3000 m en finale de la Diamond League, s’il est présent au moment de l’emballage final, ses adversaires ont toutes les raisons de se méfier. Reste que les Ethiopien Berihu Aregawi, Selemon Barega et Yomif Kejelcha, qui possèdent tous des records inférieurs à 26’35’’, risquent de vouloir accélérer rapidement le rythme pour éviter notamment le finish du Nordiste.