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Running / Interview
22 Avril 2026 - Par Véronique Bury
Photos : © G. Hamon / Capture My Sport - Amélie Laurin / KMSP
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Léonie Périault a beau exceller au plus haut niveau en triathlon (médaillée de bronze olympique en relais mixte à Tokyo, vice-championne du monde sur courte distance en 2026), elle savoure toujours autant revenir chaque hiver dans les labours. Elle y a d’ailleurs déjà glané six médailles nationales, dont le titre du cross long en 2025. Rencontre avec la médaillée d’argent de l’édition 2026 à Carhaix, qui vise une troisième participation aux Jeux olympiques en triathlon à Los Angeles.
C’est toujours une fierté de monter sur un podium national, évidemment. Le fait que ce soit en cross, dans une discipline différente du triathlon mais que je pratique depuis le plus jeune âge s’ajoute à la satisfaction. Cela me fait plaisir, comme le titre par équipe avec mon club. Je commence d’ailleurs à avoir pas mal de podiums en cross, je pense que c’est une discipline qui me convient bien.
Mes premiers souvenirs remontent aux années collèges, c’est à ce moment-là, avec l’UNSS, que j’ai découvert cette discipline. On en faisait avec ma classe le mercredi après-midi, et on participait aux compétitions académiques. J’aimais déjà beaucoup cette ambiance où l’on court à l’instinct et où il n’y a pas de chrono qui rentre en jeu. Où on se retrouve sur des parcours un peu boueux ou avec du dénivelé. C’est ce qui me plaisait à l’époque et ce que je recherche encore aujourd’hui dans cette discipline.
Mon premier titre de championne de France, en juniors 1, en 2012. Parce que je ne m’y attendais pas et que cela avait été une super surprise ! En plus je gagne à la photo finish contre Cécile Jarousseau, alors que je n’étais pas du tout sprinteuse ! C’était mon premier podium en dehors du triathlon. Et cela avait été une petite fierté pour moi. Je me souviens que j’avais reçu beaucoup de messages de félicitations après cette victoire. Sans doute parce que tout le monde connait le cross, tout le monde a déjà participé à un cross dans sa vie, ne serait qu’avec l’école. C’est sans doute aussi pour ça que j’y reviens régulièrement. J’aime ça et je prends vraiment plaisir à y courir que ce soit pour moi ou pour mon club. J’adore y revenir chaque année.
Mes parents m’ont inscrite à des cours de natation quand j’étais petite pour que j’apprenne les bases et que je ne me noie pas. Je m’y suis fait un petit groupe de copines qui nageaient aussi et c’est ce qui m’a donné envie de continuer. J’ai toujours nagé, toujours été dans une piscine, depuis l’âge de six mois.
Mon entraineur de natation de l’époque. Il était lui-même triathlète et il entrainait au Stade Français. Un jour il nous a proposé de venir essayer, un après midi. J’avais adoré mais c’était compliqué pour mes parents, car on vivait alors dans les Yvelines et j’avais deux grands frères qui avaient aussi des activités. Le triathlon, c’est une sacrée logistique. Donc, comme il n’y avait pas de club dans les environs, j’ai continué à nager et ce n’est qu’une fois arrivée au collège, en 5e, que j’ai pu m’y mettre grâce au club de Versailles triathlon, qui a décidé d’ouvrir une section jeunes.
Oui, d’une certaine façon, puisque j’ai commencé les cross avec l’UNSS en 6e. Mais, je n’avais pas de licence d’athlétisme à ce moment-là. J’en ai pris une plus tard pour pouvoir participer aux championnats de France de cross. Mais je n’ai jamais eu de licence pour faire de l’athlétisme à proprement parler.
Ma médaille olympique avec le relais mixte à Tokyo. C’était notre objectif et on a réussi. On a terminé troisième, et cela reste mon plus beau souvenir, surtout qu’on l’a partagé collectivement. Après, mes premiers podiums chez les jeunes comme ma deuxième place aux championnats du monde 2012 en Nouvelle-Zélande, m’ont aussi beaucoup marquée. C’était mes premiers gros déplacements et mes premiers gros championnats.
On pratique un sport individuel tout au long de l’année, mais avec le relais mixte, c’est différent. J’ai davantage le sentiment de courir pour mes coéquipiers. Comme on s’entend tous très bien et que ce sont aussi des amis, c’est tout de suite plus intense de pouvoir partager tout ça ensemble, à quatre mais aussi avec le staff.
Oui, et c’est pour cette raison que je suis aussi très contente qu’on ait remporté le titre par équipes aux championnats de France à Carhaix. C’est toujours un plaisir de retrouver mon club. À chaque fois, on est tous ensemble, toutes les catégories, durant tout le week-end. Il y a une bonne ambiance, c’est un peu à la bonne franquette, et je trouve ça cool de pouvoir toucher à un autre univers que le triathlon. C’est très enrichissant. J’ai aussi participé à l’Ekiden de Paris avec eux. C’est un plaisir éphémère puisque je vis et je m’entraine dans le sud de la France, avec d’autres triathlètes d’une association qu’on a montée là-bas.
S’il fallait choisir une discipline, je pense que je choisirais la course à pied, car c’est la discipline où j’ai le plus de qualités intrinsèques. Cependant, j’apprécie vraiment les trois disciplines et je m’entraîne d’ailleurs avec la même exigence dans les trois. Cela représente un gros volume d’entraînement puisque je nage six fois par semaine, roule six fois et cours aussi six fois par semaine. C’est le propre de tout triathlète : essayer d’être le plus polyvalent possible et de ne pas avoir de point faible.
La saison de triathlon démarre relativement tard, en mars/avril, cela me permet donc surtout de remettre un dossard dans une période un peu creuse, pour refaire un peu d’intensité avant d’attaquer la saison. Le cross est intéressant parce que cela ressemble un peu à ce que l’on peut retrouver en triathlon, dans le sens où ce n’est pas un effort linéaire. On court souvent à différentes allures, un peu comme en triathlon où on a tendance à partir un peu vite, puis à ralentir, ou à avoir des à-coups pendant la course. Ce sont des situations que l’on peut vivre en cross. Les changements de foulées aussi. Il y a pas mal de choses qui se rapprochent du triathlon finalement, comme le fait de courir aussi en peloton. On doit y évoluer en fonction des adversaires avec comme objectif de finir devant elles.
L’année dernière, j’avais fait un 10 km à Cannes, fin février, parce que je visais la qualification pour les Europe de running de Louvain, que j’ai obtenue (elle y finira 12e et médaillée de bronze par équipe aux cotés de Mekdes Woldu et Aude Clavier, NDLR) et cela faisait un moment que j’avais aussi envie de faire un semi-marathon. C’était compliqué à organiser, car cela reste un effort très différent d’un triathlon. Cette année, après l’annulation de la première manche du circuit à Abu Dhabi, je cherchais une course quand j’ai vu qu’il y avait le semi de Berlin. J’en ai aussitôt parlé à mon coach et on s’est dit que c’était une bonne occasion pour tenter l’aventure, car cela me laissait encore un mois derrière pour préparer le triathlon. La préparation a été un peu express, mais j’ai vraiment aimé cet effort. C’est très différent d’un 10 km, qui est beaucoup plus intense. Sur un semi, on est plus dans le contrôle et c’est davantage au niveau musculaire que ça craque. Mais j’y ai vraiment pris beaucoup de plaisir, d’autant qu’il y avait une belle ambiance et une belle densité. Cela fera sans doute partie des courses qui pourront m’intéresser plus tard.
Cela m’intéresse aussi forcément, mais c’est difficilement compatible pour le moment avec ma pratique du triathlon, d’autant que je vise une troisième participation aux Jeux olympiques. Mais après 2029, j’ai plein de projets, et c’est certain, j’en préparerai un, sans doute celui de Paris, car cela reste la capitale de mon pays et que cela me donne envie. En revanche, les courses sur piste ne m’attirent pas du tout. J’ai fait quelques soirées à Saint-Maur il y a quelques années, mais je n’y prends pas autant de plaisir que sur les courses sur route.