Equipe de France / Sélection
8 Septembre 2025 - Par Florian Gaudin-Winer
Mise à jour : 11 Septembre 2025 (09h23)
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Cinq spécialistes du 800 m et autant sur 1500 m, deux épreuves riches en talents dans l’Hexagone, défendront les couleurs de la France aux championnats du monde de Tokyo, qui débutent samedi 13 septembre. Athle.fr vous propose chaque jour, durant la semaine menant à l’évènement, un focus sur les Bleus engagés, épreuve par épreuve.
Séries le 18 septembre à 12h58, 1/2 Finales le 19 septembre à 13h43, Finale le 21 septembre à 12h35
Comme aux Jeux de Paris en 2024, elles seront trois Françaises en lice sur le double tour de piste dans la capitale japonaise. La confirmation de l’excellente santé de la discipline dans l’Hexagone. La principale différence avec l’an dernier est que la nouvelle cheffe de fil du 800 m tricolore s’appelle Anaïs Bourgoin. La médaillée de bronze des Europe de Rome (Italie) a franchi un énorme cap cette saison, à bientôt 29 ans, en enchaînant les sorties convaincantes en meetings et en s’imposant lors des championnats d’Europe par équipes. Avec une performance de pointe en 1’56’’97 lors de la finale de la Diamond League à Zurich (Suisse), synonyme de 3e place, la demi-fondeuse de l’Entente Franconville Cesame Val d’Oise est même devenue la 2e meilleure performeuse française de tous les temps. Un chrono qui lui permet d’aborder ces Mondiaux en septième position sur la liste des engagées, et donc en potentielle finaliste sur une distance où, derrière la patronne britannique Keely Hodgkinson (1’54’’74), tout semble possible.
Clara Liberman a aussi réalisé des progrès impressionnants. La demi-fondeuse du Haute Bretagne Athlétisme, qui n’avait jamais couru sous les deux minutes avant 2025, est descendue à cinq reprises sous cette barrière symbolique. Et a même brisé aussi la barre des 1’59’’, avec un temps de 1’58’’82 lors du meeting de Chorzow (Pologne) mi-août. Une régularité prometteuse pour cette excellente tacticienne de 25 ans, à l’aise en grands championnats comme elle l’a montré l’hiver dernier en montant sur la 2e marche du podium lors des Europe d’Apeldoorn (Pays-Bas).
Les deux Bleues pourront compter sur les conseils de l’expérimentée Rénelle Lamote. Comme en 2024, l’athlète licenciée au Montpellier Athletic Méditerranée Métropole a dû composer avec des pépins physiques, en l’occurrence une gêne à l’ischio-jambier. Cela ne l’avait pas empêchée, l’an dernier, de terminer à une magnifique 5e place lors des Jeux olympiques. Elle rêve de réaliser le même coup au pays du Soleil levant, après une course de rentrée encourageante en 1’59’’60 à Lausanne fin août, qui lui a permis de montrer au staff fédéral qu’elle était sur la bonne voie.
Séries le 16 septembre à 12h35, 1/2 Finales le 18 septembre à 14h45, Finale le 20 septembre à 15h22
Les années se suivent mais ne se ressemblent pas sur le double tour de piste masculin. En 2024, Yanis Meziane avait vécu le crève-cœur de voir la qualification pour les J.O. de Paris s’envoler lors des championnats de France Elite. Cet été, lors du rendez-vous national à Talence début août, il a brillamment validé son billet pour les Mondiaux de Tokyo, en décrochant son premier titre national majeur. L’élève de Boris Le Helloco à Athlé 91 a abaissé son temps de référence à trois reprises, la dernière fois à Budapest (Hongrie) mi-août en 1’43’’71. Il devra sans doute grappiller encore plusieurs dixièmes pour s’inviter pour la première fois de sa carrière, à 23 ans, en finale des championnats du monde, dans une discipline ultra dense avec 14 engagés sous les 1’43’’.
Parmi eux, on retrouve Gabriel Tual. Le champion d’Europe de Rome et 6e des Jeux de Paris a été chronométré en 1’42’’72 dès sa deuxième course de la saison, à Stockholm (Suède) mi-juin. Une performance de classe mondiale. Mais la suite a été plus compliquée, à cause de douleurs au tendon d’Achille qui l’ont empêché de s’exprimer pleinement, tant à l’entraînement qu’en compétition. La clé de sa réussite au Japon dépendra des signaux envoyés par son corps. Car à 100 %, le sociétaire de l’US Talence a bien sûr les moyens de jouer les premiers rôles au sein d’un peloton emmené par l’impressionnant Emmanuel Wanyonyi (1’41’’44).
Séries le 13 septembre à 12h50, 1/2 Finales le 14 septembre à 14h07, Finale le 16 septembre à 15h05
C’est bientôt l’heure de vérité pour Agathe Guillemot. Aux portes du top 8 lors des Jeux de Paris, la camarade de club de Clara Liberman avait entamé la saison 2025 avec la ferme intention de se faire une place parmi le gotha mondial. Championne d’Europe indoor aux Pays-Bas cet hiver à l’issue d’une démonstration de force, l’athlète entraînée par Marc Reuzé a couru deux fois sous les 3’59’’, avec un chrono de 3’58’’29 lors de sa dernière sortie à Bruxelles (Belgique), mais n’a pas réussi à se rapprocher de son record de France, établi en demi-finales des Jeux (3’56’’69). A son avantage lors des Europe par équipes à Madrid, avec une victoire haut la main, elle est une athlète de grands rendez-vous et compte bien le prouver dans la capitale japonaise, où le chrono pourrait s’emballer sous l’impulsion de la recordwoman du monde, la Kényane Faith Kipyegon (3’48’’68).
Sarah Madeleine sera aussi de la partie sur une distance où elle a réalisé un retour tonitruant. Plus habituée à s’exprimer sur 5000 m depuis début 2024, la sociétaire de l’US Melun, coachée dans la banlieue lyonnaise par Bastien Perraux, a montré qu’elle n’avait rien perdu de ses qualités de vitesse, avec un premier chrono sous les quatre minutes lors du meeting de Paris fin juin, en 3’59’’06. Elle n’a, depuis, plus été revue en compétition, après avoir été victime d’une infection des reins qui l’a privée des championnats de France Elite. Celle qui fêtera ses 27 ans le 20 septembre a sagement renoncé à s’aligner sur 5000 m à Tokyo, afin de mettre toutes les chances de son côté pour le 1500 m.
Séries le 14 septembre à 2h35, 1/2 Finales le 15 septembre à 14h30, Finale le 17 septembre à 15h20
C’est dans la peau du meilleur performeur mondial de l’année qu’Azeddine Habz s’apprête à attaquer ces championnats du monde. Un statut très recherché qu’il doit à son fantastique record de France lors du meeting de Paris Diamond League, en 3’27’’49. Double médaillé sur 1500 m (2e) et 3000 m (3e) lors des championnats d’Europe en salle, le demi-fondeur du Val d’Europe Montevrain court encore après sa première récompense internationale en plein air. L’opportunité est belle dans la capitale japonaise, mais le champion de France Elite sait qu’il devra composer avec une concurrence redoutable, incarnée notamment par le Hollandais Niels Laros, au finish dévastateur, le Britannique Josh Kerr, champion du monde en titre, et bien sûr le Norvégien Jakob Ingebrigtsen, qui débutera sa saison en terre nippone mais dont le talent peut, quelles que soient les circonstances, faire des ravages.
Romain Mornet et Paul Anselmini sont, eux, prêts à batailler pour aller chercher leur qualification en finale, après avoir déjà dû s’employer pour décrocher leur billet d’avion direction Tokyo, dans une épreuve où sept Français avaient réalisé les minima FFA pour la compétition. Le premier nommé, licencié à l’AC Roche-sur-Yon, a amélioré son temps de référence, avec ses 3’31’’62 dans la même course parisienne qu’Azeddine Habz. Il sait mener ses courses avec beaucoup d’intelligence, à l’image de son 1500 m en finale des France Elite, conclu sur la 2e marche du podium. Quant à Paul Anselmini (Entente Franconville Cesame Val d’Oise), il a abaissé son record à 3’31’’63, lui aussi à Charléty, et, à 22 ans, fait partie des grands espoirs de la discipline. Ses 2’15’’79 sur 1000 m le 2 septembre à Trier (Allemagne), après être parti sur des bases folles, montrent que la forme est loin d’être retombée.