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Les sauteurs à suivre aux Mondiaux de Tokyo

11 Septembre 2025 - Par Florian Gaudin-Winer

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Les sauteurs à suivre aux Mondiaux de Tokyo

Quatre perchistes, quatre triple sauteurs et trois sauteurs en longueur sont attendus dans le Stade national de Tokyo, qui accueille les championnats du monde à partir de samedi. Athle.fr vous propose chaque jour, durant la semaine menant à l’évènement, un focus sur les Bleus engagés, épreuve par épreuve.

Saut à la perche féminin - Marie-Julie Bonnin

Qualifications le 15 septembre à 2h15, Finale le 17 septembre à 14h57

‘’MJ’’ est arrivée à Tokyo dans la peau d’une championne du monde. Le fruit de sa victoire surprise en salle à Nankin l’hiver dernier, où elle avait égalé le record de France de Ninon Chapelle avec 4,75 m. Une énorme surprise pour la perchiste bordelaise, médaillée de bronze européenne deux semaines plus tôt mais que personne n’attendait si vite au sommet. Un nouveau statut qu’elle a apprivoisé progressivement. Après un début de saison compliqué, avec une intoxication alimentaire dans la foulée de son titre mondial puis une déchirure au quadriceps lors d’un stage en Martinique, l’élève de Damiel Dossevi a repris de la hauteur à partir du mois de juillet. Championne de France Elite avec 4,63 m, puis vainqueure avec 4,70 m lors du meeting Diamond League de Silésie (Pologne), elle a refait le plein de confiance au meilleur moment. Neuvième meilleure performeuse des engagées, l’athlète de 23 ans rêve de créer à nouveau la sensation face aux favorites, l’Américaine Katie Moon et la Britannique Molly Caudery, 4,85 m toutes les deux. Mais cette fois, l’effet de surprise ne pourra pas jouer.

Saut à la perche masculin - Thibaut Collet, Ethan Cormont et Renaud Lavillenie

Qualifications le 13 septembre à 12h05, Finale le 15 septembre à 12h49

Samedi, à cinq jours de fêter son trente-neuvième anniversaire, Renaud Lavillenie prendra part aux qualifications de ses huitièmes championnats du monde. Mais il ne sera pas le plus vieux perchiste à disputer cette compétition, puisque l’Américain Jeff Hartwig avait 39 ans et 339 jours lorsqu’il s’est aligné aux Mondiaux d’Osaka (Japon) en 2007. En revanche, si le Clermontois d’Envol monte sur le podium, ce sera une grande première. Un exploit dans ses cordes puisque, derrière le recordman du monde suédois Armand Duplantis et le Grec Emmanouil Karalis de plus en plus costaud, la troisième place sur le podium est très ouverte. Particulièrement régulier avec une performance de pointe à 5,91 m lors de ‘’son’’ All Star Perche à la maison fin février, et auteur de cinq concours entre 5,80 m et 5,82 m au cours de l’été, il garde dans son étui une ou deux perches pour aller encore plus haut.

Comme son aîné, Thibaut Collet garde un œil sur la boite. Si l’été a été compliqué, en raison de de pépins physiques, le sociétaire de l’EA Grenoble 38 a pu enfin monter en puissance au cours des dernières semaines (5,82 m le 19 août à Lausanne). Il sautera libéré dans la capitale japonaise, après avoir réalisé un gros travail avec son préparateur mental pour être au top dans sa tête et dans son corps le jour J. Le troisième et dernier Français en lice sera Ethan Cormont (ASA Maisons-Alfort), soit un troisième membre du groupe de Philippe d’Encausse en Auvergne. Le champion d’Europe U23 en 2021, régulièrement freiné dans sa progression par des blessures, a enfin pu s’exprimer au mois d’août, avec lui aussi un saut à 5,82 m, record personnel égalé, à la veille de la date butoir pour réaliser les minima.

Saut en longueur féminin - Hilary Kpatcha

Qualifications le 13 septembre à 11h30, Finale le 14 septembre à 13h40

Une carrière file vite, Hilary Kpatcha le sait. A 27 ans, la sauteuse en longueur du Grand Toulouse Athlétisme bondit encore après sa première médaille internationale seniors, six saisons après son titre continental U23. Les 7,05 m de Eunice Barber, il y a vingt-deux ans, peuvent donc attendre encore un peu, même si elle s’en est approchée à trois centimètres en portant son record personnel à 7,02 m dès son concours de rentrée, à Kalamata (Grèce) le 30 mai. Depuis, la native de Lomé, au Togo, a fait preuve d’une belle régularité en concluant tous ses concours au-delà des 6,70 m, parmi lesquels deux tops 3 en Diamond League, à Londres fin juillet (3e avec 6,86 m) et Chorzow mi-août (2e avec 6,83 m). Handicapée l’an dernier par une pubalgie et des douleurs au dos, Hilary Kpatcha peut enfin s’exprimer à 100 % sous la houlette de ses nouveaux entraîneurs Kafetien Gomis et, à distance, Renaud Longuèvre. Cinquième meilleure performeuse mondiale de l’année à dix centimètres de la leader, l’Américaine Tara Davis-Woodhall. elle tient une occasion en or d’ouvrir son palmarès chez les grandes.

Saut en longueur masculin - Tom Campagne et Erwan Konaté

Qualifications le 15 septembre à 12h40, Finale le 17 septembre à 13h49

Cela fait dix ans qu’aucun Français ne s’est invité en finale de la longueur masculine aux championnats du monde. Une période de disette à laquelle comptent bien mettre fin Tom Campagne et Erwan Konaté, deux athlètes très ambitieux et qui reviennent de très loin. Le premier, licencié au Stade Bordelais, s’est envolé à 8,27 m pour décrocher le titre national cet été. Soit au centimètre près les minima pour Tokyo. Une renaissance improbable lors de sa quatrième compétition de l’année seulement, après huit mois lors desquels lui et son entraîneur belge, Joffray Baune, ont dû sans cesse composer avec les pépins physiques, dont une tendinopathie au long adducteur gauche qui l’a poussé à se faire opérer en septembre 2024.

La trajectoire d’Erwan Konaté n’a pas été beaucoup plus rectiligne depuis 2023, avec notamment une déchirure des ligaments de la cheville l’an dernier, juste avant les championnats d’Europe de Rome. Le sauteur de l’Amiens UC a trouvé son salut en rejoignant le groupe d’entraînement du Cubain Ivan Pedroso à Guadalajara (Espagne) au début de la saison estivale. Avec, pour récompense, un record porté à 8,25 m lors de son titre continental U23 à Bergen (Norvège). Pas du genre à dissimuler ses ambitions, le double champion du monde U20 dit qu’il est au Japon pour être le meilleur du monde. Un rôle que le Grec Miltiadis Tentoglou, en tête du bilan mondial avec 8,46 m, endosse à merveille depuis de nombreuses années.

Triple saut féminin - Ilionis Guillaume

Qualifications le 16 septembre à 12h40, Finale le 18 septembre à 13h55

La triple sauteuse du Grand Paris Seine et Oise Athlétisme a connu une saison estivale en dents de scie, avec des hauts comme ses 14,19 m le 20 juillet sur la piste d’échauffement du Stade de France, mais aussi quelques bas, à l’image de sa 2e place lors des championnats de France Elite avec 13,47 m. La faute à une course d’élan et des marques encore très perfectibles, qui lui ont souvent joué des tours. En position d’outsider à distance des favorites, les Cubaines Leyanis Perez Hernandez (14,93 m) et Liadagmis Povea (14,84 m), la médaillée de bronze européenne en 2024 le promet : elle va sauter l’esprit libéré à Tokyo.

Triple saut masculin - Thomas Gogois, Melvin Raffin et Jonathan Seremes

Qualifications le 17 septembre à 12h05, Finale le 19 septembre à 13h50

La nouvelle génération du triple saut hexagonal a pris le pouvoir. Enfin, nouvelle, pas totalement. Car Melvin Raffin, s’il a un temps été ralenti dans sa progression par une cascade de blessures, a déjà pas mal d’expérience du haut de ses 27 ans. Le camarade de club d’Ilionis Guillaume aura dû attendre 3075 jours avant de faire enfin tomber son record personnel, qui lui collait à la peau depuis 2017 avec 17,20 m. Il lui a mis une belle claque lors des France Elite, en s’envolant à 17,52 m. Désormais coaché par Antony Yaïch, il attribue son retour au premier plan à « un gros travail psychologique, que ce soit dans la vie de tous les jours ou à l’entraînement ». Au troisième rang du bilan mondial, derrière l’Italien Andy Diaz Hernandez (17,80 m) et le Chinois Ruiting Wu (17,68 m), il est un prétendant logique au podium à Tokyo.

Jonathan Seremes (Stade Bordelais), installé aux Etats-Unis et vainqueur avec la manière lors des championnats d’Europe par équipes à Madrid, a aussi des arguments à faire valoir avec une performance d’engagement à 17,08 m. Tout comme Thomas Gogois (Amiens UC), 17,11 m cette année et homme de grands championnats, comme en témoigne sa médaille de bronze lors des Europe de Rome en 2024.