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Stade / Compte-rendu
19 Février 2026 - Par Florian Gaudin-Winer
Mise à jour : 20 Février 2026 (14h09)
Photos : © Maxime Delobel / CaptureMySport
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Un meeting de Liévin sans un record du monde, c’est une anomalie. La Britannique Keely Hodgkinson s’est donc chargée d’inscrire jeudi soir son nom tout en haut des tablettes du 800 m piste courte, en 1’54’’87. Sarah Madeleine, qui s’est emparée du record de France du 3000 m piste courte, et Just Kwaou-Mathey, vainqueur sur 60 m haies, se sont illustrés côté Français. Sans oublier Adèle Gay, qui a mis une claque à son propre record national U23.
L’histoire de l’athlétisme retiendra que, le 19 février à Liévin, Keely Hodgkinson est devenue la première athlète à descendre en salle sous la barrière mythique des 1’55’’. Car, en 1’54’’87, la Britannique de bientôt 24 ans a mis une énorme claque au record du monde piste courte, qui était détenu depuis le 3 mars 2002 par la Slovène Jolanda Ceplak en 1’55’’82. Clin d’œil du destin, cette date correspond à la date de naissance de celle qui a été championne olympique à Paris il y a deux ans, avant de décrocher le bronze en septembre dernier lors des Mondiaux de Tokyo. La native de Wigan, les joues rosies par l’effort à l’arrivée, avait demandé une wavelight réglée sur une allure complètement folle, inférieure de deux secondes aux bases du record du monde. Elle s’y est tenue, avec un passage au 400 m en 56’’ pile. Et la seule qui a tenté de la suivre, la Suissesse Audrey Werro, n’a pu que constater les dégâts malgré sa 2e place en 1’58’’38. Clara Liberman (Haute Bretagne Athlétisme) s’est classée 5e en 2’00’’61.
Si Hodgkinson partageait jusqu’à ce jeudi béni sa date de naissance avec celle du record du monde de sa discipline de prédilection, Sarah Madeleine n’avait même pas six mois, et ne se déplaçait donc encore qu’à quatre pattes, lorsque Yamna Oubouhou a abaissé le record de France du 3000 m piste courte (on disait salle ou indoor, à l’époque) à 8’41’’63, lors des Mondiaux de Maebashi (Japon) en mars 1999. Un chrono que la demi-fondeuse de l’US Melun a enfin fait tomber, jeudi soir en début de programme sur l’anneau magique de l’Arena de Liévin, en bouclant son effort en 8’39’’13.
Comme à son habitude, l’élève de Bastien Perraux a couru avec beaucoup d’intelligence en partant en queue de peloton, sans chercher à suivre le groupe de tête finalement réglé par l’Ethiopienne Freweyni Hailu en 8’24’’59, meilleure performance mondiale de l’année. Quinzième en 2’51’’91 au bout d’un kilomètre, la Française était pourtant déjà sur des bases largement inférieures au temps de référence national à cet instant. Elle a ensuite grappillé des places au fil des kilomètres, pour finalement franchir la ligne d’arrivée en huitième position. « Honnêtement, ce record n’était pas facile à aller chercher, confiait-elle au micro du speaker, entre deux autographes. Il était difficile mais je savais que je l’avais dans les jambes. Je suis super satisfaite. »
On a longtemps cru que, sur la même distance, Azeddine Habz allait l’imiter, bien plus tard dans la soirée. Le record de France était, cette fois, bien plus récent, puisqu’il remontait à moins de deux semaines, avec les 7’29’’32 de Yann Schrub devant son public à Metz. Parfaitement dans l’allure jusqu’à 600 m de l’arrivée, après un bon travail des trois lièvres puis le relais bienvenu de l’Ethiopien Addisu Yihune, le sociétaire du Val d’Europe Montevrain Athlétisme a malheureusement connu la panne sèche. En grande difficulté dans les deux derniers tours, il a dû se contenter de la 4e place en 7’35’’79, la victoire revenant à Yihune en 7’33’’58. A noter le record personnel de Flavien Szot (Entente Savoie Athlé), 9e en 7’39’’89.
Sur le peu disputé 2000 m, Agathe Guillemot s’est offert le record de France absolu en 5’32’’18, qu’elle détenait depuis juillet 2024 en 5’32’’63. Mais la championne d’Europe du 1500 m, licenciée au Haute Bretagne Athlétisme, même si elle était « fière » après avoir passé la ligne, est restée un peu sur sa faim. Car à distance de l’Australienne Jessica Hull, au-dessus du lot en 5’26’’68, elle a servi de lièvre de luxe à plusieurs de ses concurrentes, à commencer par la Portugaise Salomé Afonso, 2e et autrice de la meilleure performance européenne de tous les temps en 5’30’’31.
A retenir également, côté demi-fond, le record de France U23 piste courte d'Adèle Gay sur 1500 m. Septième en 4'05''27 d'une course remportée par la camarade d'entraînement et compatriote d'Hodgkinson, Georgia Hunter Bell (4'00''21), la licenciée de l'Amiens UC a explosé son propre temps de référence national (4'08''12), qui datait seulement du mois du janvier. Et elle a fait coup double, en s'acquittant par ailleurs des minima pour les Mondiaux de Torun, qui étaient fixés à 4'06''00. La voici désormais à la 2e place du bilan tous temps toutes catégories, uniquement devancée par Agathe Guillemot (4'02''12). Il a aussi été question de minima pour la Pologne sur le 1500 m masculin, avec les 3’35’’89 de Romain Mornet (AC Roche-sur-Yon), 3e de la course B (3’36’’00 demandés). Son record personnel, tout comme Titouan Le Grix (Montpellier A2M), qui est passé tout près de faire un grand pas vers la Pologne avec ses 3’36’’16.
La seule victoire hexagonale de la soirée est venue de la ligne droite avec obstacles. Pour sa rentrée sur les haies hautes, Just Kwaou-Mathey a impressionné en partageant la victoire avec l’Espagnol Enrique Llopis en 7’’45, à deux centièmes de son record personnel. Moins bien parti que son adversaire ibérique, le hurdler de l’Evreux AC a fini très fort et s’est jeté sur la ligne. Après ses 7’’50 en séries, il a fait le plein de confiance à un peu plus d’une semaine des championnats de France Elite à Clermont Métropole, où il retrouvera notamment Wilhem Belocian, 4e de la finale en 7’’51. « J'étais venu chercher mieux mais je suis quand même content du résultat », déclarait le très ambitieux Kwaou-Mathey. Chez les femmes, finale frustrante pour Laeticia Bapté (US Robert), 6e en 7’’93 d’une course remportée par la recordwoman du monde bahamienne Devynne Charlton en 7’’79. Sacha Alessandrini, 8e en 8’’05, a terminé un peu plus loin.
Enfin, parmi les résultats majuscules de la soirée, le Grec Emmanouil Karalis a réalisé la meilleure performance mondiale de l’année en franchissant six mètres. Dans le concours féminin, la gagne est revenue à la Slovène Tina Sutej avec 4,70 m, alors que Marie-Julie Bonnin a dû se contenter d’une meilleure barre à 4,60 m, après avoir été fortement gênée par des douleurs au dos.