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Meeting Premium de Montreuil : Jimmy Gressier s’offre le record de France du 3000 m

18 Juin 2026 - Par Mathéo Gillet

Mise à jour : 18 Juin 2026 (09h18)

Photos : © Stéphane Kempinaire / KMSP

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Les 3000 spectateurs du stade Jean Delbert ont été servis ce mercredi soir, avec quatre records de France dont ceux, chez les seniors, de Jimmy Gressier sur 3000 m (7’28’’67) et Clémence Beretta sur 5000 m marche (20’55’’22). La preuve que les Bleus accélèrent, à moins de dix jours du meeting de Paris.

Il était venu à Montreuil pour déloger Yann Schrub et il l’a fait. Dans un stade totalement acquis à sa cause, Jimmy Gressier s’est offert le record de France du 3000 m en 7’28”67, en effaçant des tablettes l’ancienne marque (7’29”38) détenue par le médaillé de bronze mondial sur la distance l’hiver dernier. Emmené jusqu’aux 1700 mètres, d’abord par Clément Cougnaud puis par le champion d’Europe du 3000 m steeple Alexis Miellet, le fondeur du Boulogne-sur-Mer AC  a terminé en solitaire, avec comme unique adversaire la wavelight. Un temps légèrement en retrait par rapport aux diodes vertes, calquées sur le temps de référence de son pote mosellan, le champion du monde du 10 000 m a réussi à relancer dans le dernier tour, bouclé en un peu plus de 58’’ dans une enceinte qui respire le demi-fond, avec sa longue histoire liée notamment au regretté Michel Jazy. « Je suis très content de la course. Le public m'a énormément porté. Mentalement, c'était une vraie bataille contre la wavelight, mais sans elle, je n'aurais sans doute pas réussi à aller chercher ce record », savourait-il après l'arrivée.

Amélioré pour la troisième fois en moins d’un an et demi, le record national du 3000 m ne devrait pas rester tranquille très longtemps. Avec une météo plus clémente - si le soleil épargnait enfin le tartan, il faisait encore 30 degrés pendant la course - et plus d’adversité pour le pousser dans ses retranchements jusqu’au bout, l’élève d’Adrien Taouji, désormais huitième meilleur performeur européen de tous les temps, a encore plusieurs secondes à grappiller.

Beretta s’est arrachée sous le cagnard

Un record c’est bien, deux, c’est mieux. Sous une chaleur de plomb, et avec le soleil pleine poire dans la ligne droite opposée, Clémence Beretta (Athletic Vosges Entente Clubs), Pauline Stey (Alsace Nord Athlétisme) et Ana Delahaie (Stade Bordelais Athlétisme) se sont offert un bel avant-goût des championnats de France Elite, où la distance sera doublée. A ce jeu-là, c’est la première citée qui a été la plus forte. Voyant la wavelight s’envoler, l’aînée du quatuor a pris ses responsabilités et n’a fait qu’accélérer pour finalement passer la ligne en 20’55”22 , améliorant son propre record de France (20'59''70) d’un peu plus de 4 secondes. Elle s’est arrachée dans le dernier tour et, après en avoir fini, est restée de longues secondes au sol, allongée, pour récupérer de son terrible effort. « J’avais tout à perdre ce soir, puisque je me battais contre mon propre record de France. C’est vraiment passé au mental, les conditions étaient compliquées. Je suis même assez surprise du chrono », confiait celle qui signe au passage la quatrième meilleure performance mondiale de l’année. Derrière Pauline Stey (2e en 21’24’’02), Ana Delahaie, 3e en 21’37’’00, a chipé la meilleure marque nationale U23 tous temps à la vainqueure du jour.

Kounta casse la barrière des 45”

Le 400 m français se porte bien. Et ce n’est pas Muhammad Abdallah Kounta (Val D'europe Montévrain Athlétisme), vainqueur ce mercredi soir à Montreuil, qui dira le contraire. Le champion de France en titre est descendu, pour la première fois de sa carrière, sous les 45’’, en coupant la ligne d’arrivée en 44”86. Il devient le quatrième meilleur performeur français de tous les temps, derrière Leslie Djhone, la pépite Samuel Vessat, chronométré en 44’’47 vendredi dernier, et la légende Marc Raquil (44’’79).

Sur le double tour de piste, Louey Ouerrat (Athletic Vosges Entente Clubs) a confirmé son nouveau statut, quatre jours après ses 1’43’’80, en s’imposant en patron en 1’44’’79, devant Jordan Terrasse (1’44”92, Clermont Auvergne A.) et Corentin le Clézio (1’45”01, EA Cergy-Pontoise). Chez les filles, Agathe Guillemot (Cab Pont L'abbe)  a laissé filer la victoire pour 6 centièmes, derrière l’Allemande Smilla Kolbe (1’58’’99). Mais, en 1’59’’05, elle est passée pour la première fois sous les deux minutes (1’59”05). Juste derrière la Bretonne, Charlotte Dumas (1’59”09, Clermont Auvergne A.) et Clara Liberman (1’59”39, Haute Bretagne A.) sont aussi descendues sous cette barrière symbolique. Ce qui est également une grande première pour Dumas, qui améliore son record personnel de plus d’une seconde (ancien : 2’00’’26).

Sur la distance supérieure, le 1500 m, la victoire est revenue chez les femmes à l’Ethiopienne Elsabeth Amare en 4’01’’32. Si Bérénice Cleyet-Merle (Pays de Fontainebleau), 5e en 4’05’’59’, et Bérénice Fulchiron (CS Bourgoin-Jallieu), 9e en 4’09’’19, ont tenu leur rang, la sensation est venue d’Alice Penciu-Jurin. On savait la cadette du CO Champagne AC capable de s’attaquer au record de France U18 d’une certaine Cassandre Beaugrand (4’17’’04 en 2014). Mais elle l’a fait voler en éclats, avec un chrono de très haute volée en 4’11’’42 (9e).

Bapté est lancée

Laeticia Bapté (US Robert) a remporté le 100 m haies en 12”72 (+0.0), minimas B pour Birmingham, pour ce qui était sa véritable course de rentrée après un galop d’essai lors des Interclubs. De bon augure sur la route des championnats d’Europe. « Je suis contente, appréciait la Martiniquaise. J’ai hâte d’enchaîner les compétitions pour gagner du rythme et aller chercher les 12’’60, qui correspondent aux minima A. »

Quatrième de la finale du 110 m haies, Aurel Manga (US Créteil) termine meilleur Français en 13”51 (-0.2), à distance du vainqueur, le Belgee Elie Bacari (13’’35). Théo Pedre (SCUF) était allé plus vite que son compatriote en séries, en 13’’42 (-0.7). Sur 100 m, Pablo Matéo (Lisses AC), pour sa première ligne droite de l’été, s’impose pour quelques millièmes en 10”18 (+0.1), meilleure performance française de l’année. Une entrée en matière prometteuse, après une préparation perturbée par des pépins physiques au printemps.

Côté sauts, Marie-Julie Bonnin (Stade Bordelais Athlétisme), pourtant en forme mais encore en manque de repères, n’a pas pu faire mieux que 4,50 m à la perche et a dû se contenter de la 3e place derrière la Hongroise Hanga Klekner et la Finlandaise Marleen Mulla, qui l’ont devancée aux essais. Sa camarade de club, Margot Chevrier, a franchi 4,40 m et montré qu'elle se rapproche, petit à petit, de son meilleur niveau, plus de deux ans après sa terrible blessure à la cheville.

Dans la cage montreuilloise, Mélina Robert-Michon (Lyon Athlétisme) a projeté son disque à 59,61 m, finissant 3e  derrière la Portugaise Liliana Ca (59,65 m) et la Roumaine Alexandra Emilianov (59,79 m) à l’issue d’un concours ultra serré.