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Equipe de France / Compte-rendu

Mondiaux de Tokyo : Jimmy Gressier y a pris goût

21 Septembre 2025 - Par Etienne Nappey

Mise à jour : 22 Septembre 2025 (22h24)

Photos : © P. Millereau - S. Kempinaire / KMSP

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Mondiaux de Tokyo : Jimmy Gressier y a pris goût

Jimmy Gressier a décroché une deuxième médaille aux championnats du monde de Tokyo, en prenant le bronze du 5000 m au terme d’une course maitrisée, où tout s'est joué dans le dernier tour.

Le temps fort

L’éclair Gressier a encore frappé

Cette fois, plus personne ne pourra dire qu’il ne l’a pas vu venir. Champion du monde du 10 000 m dimanche, Jimmy Gressier a conquis une nouvelle médaille, cette fois en bronze, lors de la finale du 5000 m. Sous un début de pluie, les fondeurs se sont empressés d’en finir avant le déluge qui a fait rentrer les discoboles à l’abri (le concours a été arrêté pendant plus d'une heure). Et après un début de course sur courant alternatif, c’est un gros paquet de dix costauds qui se sont expliqués dans le dernier tour. Si Cole Hocker était intouchable pour la gagne, avec sa vitesse de pointe de spécialiste du 1500 m, Jimmy Gressier a trouvé les ressources pour aller chercher la troisième place, en 12’59’’33, derrière le Belge Isaac Kimeli mais devant l’Ethiopien Biniam Mehary, qui le devançait à la sortie du dernier virage. Avant lui, seules Eunice Barber (heptathlon et longueur en 2003 et 2005) et Christine Arron (100 m et 200 m en 2005) avaient réussi l’exploit de ramener deux médailles individuelles d’une même édition des championnats du monde.

« Je les connais de nom, mais pour être honnête, je ne suivais pas l’athlé à cette époque. Mais je mesure aujourd’hui ce qu’il faut faire pour avoir deux médailles mondiales », reconnaissait-il après coup. Le Boulonnais a dû « se remobiliser mentalement », ce qui n’a pas été une mince affaire après son exploit de la semaine passée, et composer avec « une troisième course de haut niveau », en tenant compte des séries du 5000 m. « Au départ, mes jambes n’étaient pas fraîches, fraîches, mais je m’y attendais, notait-il. J’ai quand même joué la gagne, jusqu’au bout. Dans le dernier virage, je me suis même vu gagner en mettant un gros kick. Mais quand j’ai vu passer Cole Hocker à toute vitesse au début de la ligne droite, ça m’a coupé les jambes ! J’ai quand même pu tenir en regardant sur l’écran géant que j’étais bien sur le podium… »

Si Gressier avait pris le parti de se placer en sixième position dans la file indienne des quatre premiers kilomètres, laissant Grant Fisher et Hagos Gebrhiwet dicter le train, Yann Schrub et Etienne ont opté pour une tactique plus prudente. Le champion de France mosellan a tenté de se replacer à quatre tours de l’arrivée, mais il n’avait plus les armes pour la grande bataille de la dernière ligne droite, achevée au neuvième rang, en 13’01’’34. « J’ai tout donné, mais à la fin, j’étais cuit, tout simplement. Mon grand regret, c’est de finir neuvième, parce qu’entre huit et neuf, ça change beaucoup de choses. Après, le podium n’était possible aujourd’hui, mais Jimmy nous a ouvert la voie, donc on va continuer de travailler pour y goûter à notre tour », résumait-il. Le Talençais Daguinos a terminé quatorzième de sa première finale mondiale, en 13’11’’72. « Je pensais avoir bien récupéré, mais dès que c’est parti vite, mes jambes étaient vraiment dans le dur, expliquait-il plus tard. C'était mon grand défi : enchaîner deux courses en 48 heures. A l’emballage final, j’étais cuit, et j’ai fini comme j’ai pu. » Dix minutes plus tard, les relayeurs du 4x400 m jouaient dans les flaques sur le tartan. Jimmy Gressier, lui, nageait dans le bonheur, et cela devrait durer encore quelques semaines.

Le Chiffre

16

L’équipe de France a achevé ces championnats du monde avec deux médailles et seize places de finalistes, ce qui est le deuxième meilleur cru de l’histoire, derrière les 18 top 8 de 2005 à Helsinki. Les trois dernières places d’honneur sont venues des relais engagés ce dimanche au Stade national de Tokyo. La meilleure performance de la journée est à mettre au crédit du 4x100 m féminin, qui a terminé sixième, en 42’’81, avec une composition inchangée par rapport aux séries (Rimlinger, Richard Mingas, Parisot, Joseph). « On est super déçues parce qu’on était venues pour chercher quelque chose de magique », regrettait pourtant Sarah Richard Mingas, qui n’a pas manqué de noter que le relais allemand a bronzé en 41’’87 sans individualité de très haut vol. La Francilienne évoquait tout de même « une petite victoire » après les doutes qui ont entouré les sorties récentes des Bleues.

Leurs homologues masculins ont pris la septième place de leur course, remportée par les Etats-Unis en 37’’29 sous des trombes d’eau, avec un chrono de 38’’58. « On savait que ce serait compliqué au couloir 2, mais on a fait avec ce qu’on avait », résumait Ryan Zézé, le démarreur. « Nos transmissions étaient moins fluides qu’en séries, mais on a joué avec nos armes. On termine quand même septième des Mondiaux, alors qu’on était assez pessimistes au départ », positivait Jeff Erius, chargé de la ligne droite opposée avant les contributions de Lenny Chanteur et Aymeric Priam.

Les relayeuses du 4x400 m féminin ont également été classées septièmes, dans une finale qui a vu la bande de Sydney McLaughlin-Levrone éparpiller la concurrence en 3’16’’61. Prises dans le trafic au sein du peloton qui se jouait la cinquième place, les Tricolores ont eu du mal à pouvoir se placer pour pouvoir dérouler leur foulée sur leur rythme. Elles ont finalement amené le témoin à bon port en 3’24’’08, leur meilleur chrono de la saison. « On n’est pas forcément là où on voulait être, mais on a donné le meilleur de nous-mêmes. On a appris quelque chose aujourd’hui et les années à venir seront meilleures », promettait Alexe Déau, encore autrice d’un très bon premier segment. « Les relayeuses ne sont pas toujours les mêmes d’une année sur l’autre, mais on parvient chaque année à être en finale », complétait Louise Maraval, qui a assuré le troisième relais, entre Fanny Peltier et Amandine Brossier.

Et aussi

Gletty et Ferranti finissent sur une bonne note

Les deux combinards français ont quitté le stade nippon avec le sourire ce dimanche soir. Makenson Gletty parce qu’il a « retrouvé la motivation grâce à un coup de fil de Stéphane Diagana », son président de club à Nice, ce qui lui a permis de bien mieux vivre sa deuxième journée de compétition. Après avoir bouclé son 110 m haies en 14’’06, il a lancé le javelot à 42,00 m et a franchi 4,90 m à la perche. Surtout, il a amélioré son record au javelot en voyant son engin planté à 62,89 sur son ultime tentative, et a approché celui du 1500 m en courant en 4’27’’90. Cela a valu au policier une neuvième place finale avec 8146 points. « J’aurai encore besoin de temps pour exprimer mon plein potentiel, mais je me rappelle par où je suis passé au cours des douze derniers mois et pourquoi je suis ici », souriait-il devant les micros des journalistes.

Antoine Ferranti, lui, s’est offert le luxe de remporter le 1500 m terminal, en 4’13’’52, pour clôturer une deuxième journée moins idyllique que la précédente. « Je suis passé à côté de ma perche et de mon javelot, donc ça me tenait à cœur de finir sur un record, comme la veille, mais aussi sur une bonne note. Je pensais que les 8000 points et le top 12 étaient trop loin, mais je bats mon record de plus de cinq secondes, c’est excellent ! » Il a ainsi « rempli les deux objectifs [qu’il] s’était fixé », avec 8003 points et une douzième place pour sa première apparition à ce niveau.