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Equipe de France / Compte-rendu

Mondiaux de Tokyo : Kwaou-Mathey et Madeleine parmi le gratin

16 Septembre 2025 - Par Etienne Nappey

Mise à jour : 16 Septembre 2025 (21h55)

Photos : © P. Millereau - S. Kempinaire / KMSP

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Mondiaux de Tokyo : Kwaou-Mathey et Madeleine parmi le gratin

Septième de la finale du 110 m haies, Just Kwaou-Mathey a conclu la saison de son retour fracassant aux portes de l’Eden. Sarah Madeleine, accrocheuse huitième de la finale du 1500 m avec un nouveau record personnel, a signé le plus grand résultat de sa carrière.

Le temps fort

Kwaou-Mathey, si près, si loin

Seul Français rescapé des demi-finales, Just Kwaou-Mathey portait avec lui les espoirs de toute une nation pour la finale du 110 m haies. L’Ebroïcien s’est lui-même « mis la pression en voyant qu’aucun des finalistes n’avait eu de médailles mondiales » auparavant, et en a subi le poids. Auteur d’un départ moyen (203 millièmes de seconde de temps de réaction), comme en demies 90 minutes plus tôt, Kwaou-Mathey n’a jamais réussi à remonter ses adversaires. « Je n’ai pas adopté le bon mindset (« état d’esprit », en anglais). J’ai trop voulu faire la bataille pour avoir une médaille, et j’en ai oublié de me concentrer sur ma technique et sur ce que j’avais à faire. C’est dommage, parce qu’en plus j’étais au couloir 2, sur l’extérieur, ça aurait dû m’aider. Je n’ai pas reproduit ce que j’avais réussi à Talence, alors que c’est aux Mondiaux que cela compte le plus, pas aux championnats de France. » Septième en 13’’42 d’une course remportée par l’Américain Cordell Tinch en 12’’99, pile son chrono en finale des France Elite, ‘’JKM’’ reconnaissait qu’il revenait de loin, 17 mois après une opération du tendon d’Achille, mais ne voulait pas s’arrêter à ça. « Je suis un compétiteur avant tout, quel que soit la saison ou l’état physique, je n’ai pas trouvé le moyen de m’exprimer pleinement. J’avais couru en 12’’, je savais que j’avais les moyens d’aller chercher une médaille et même la victoire. C’est la première finale que je rate parmi celles auxquelles j’ai participé, la première où je ne monte pas sur le podium », soufflait-il. L’exigeant Just Kwaou-Mathey a tout de même fini par évoquer les Europe de Birmingham et les championnats Ultimate, lancés en 2026 par World Athletics, comme source de motivation mâtinée de revanche, avant de filer digérer sa déception.

La Perf'

Madeleine la tête haute

Bien sûr, Faith Kipyegon a remporté la finale du 1500 m (en 3’52’’15), pour la quatrième fois aux championnats du monde (un record), en éparpillant ses concurrentes. Bien sûr, la recordwoman du monde a fait mal à la tête et aux jambes de toutes ses adversaires ce mardi dans le Stade national de Tokyo. Mais en prenant la huitième place en 3’58’’09, Sarah Madeleine a pleinement réussi « sa » finale. « J’ai joué ma carte, sans me lancer dans un jeu qui n’est pas le mien. Je ne me suis pas grillée à aller jouer le podium, alors que je n’en ai pas encore le niveau physique. Je suis arrivée avec le 18e temps des engagées, j’en repars avec un record personnel en finale des Mondiaux. C’est parfait ! », savourait-elle quelques minutes après en avoir terminé.

Autrice d’une course intelligente, elle s’est focalisée sur l’idée de combattre le chrono, « en restant à la course et dans l’allure. » La Melunaise a dû jouer des coudes pour ne pas se faire bloquer, avant de livrer un dernier 300 m d’excellente facture, récompensé par un deuxième chrono sous les 4’ dans sa carrière, rabotant son record de plus d’une seconde et demie au passage. « J’ai couru trois tours en 4’02’’, 4’01’’ et 3’58’’. C’est la caisse du 5000 m qui m’a permis d’enchaîner trois courses en trois jours et de bien récupérer », commentait-elle. Elle envisage de continuer à pratiquer intensément le 1500 m l’an prochain, pou lequel elle envisage « un podium européen dès l’an prochain, avant de revenir jouer le podium mondial d’ici deux ou trois ans ».

La décla

C’est comme partir à la guerre avec un pistolet à eau, tu doutes de tes capacités à riposter

Même s’il a bien négocié son entrée en matière en passant sans encombre les séries du 800 m ce mardi (3e de sa course en 1’46’’54), l’esprit de Gabriel Tual est toujours peuplé des questions nées de sa préparation loin d’être optimale, en raison d’un mal connu de lui seul et de son entourage. Le sociétaire de l’US Talence attend de voir lors du tour suivant s’il sera en mesure de suivre les allures de ses concurrents, dans un stade qui lui avait bien réussi lors des Jeux olympiques en 2021 (septième de la finale). Le recordman de France ne sera pas le seul Bleu aux rendez-vous des demi-finales, puisque son camarade Yanis Meziane s’est lui aussi extirpé, au forceps, de sa série. Quatrième de sa course en 1’45’’02, après avoir dû batailler pour remonter le paquet en s’élançant du couloir 1, le Francilien d’Athlé 91 a attrapé l’un des trois tickets distribués aux meilleurs chronos des non-qualifiés à la place.

Et aussi

Belocian mal récompensé

Wilhem Belocian a vu son aventure japonaise s’arrêter en demi-finales du 110 m haies. Le Guadeloupéen a pourtant produit un début de course de bonne qualité, mais il a pêché « en milieu de course. Des fautes à la sixième et à la huitième haies, ça ne pardonne pas à ce niveau de compétition », résumait-il après avoir vu son nom s’afficher à côté du chiffre 5, après 13’’31 d’effort intense. Il aurait fallu courir en 13’’22 pour prétendre à entrer dans le top 8 mondial. Sasha Zhoya, déjà bien amoché avant même le coup de pétard des séries, a sagement renoncé à se présenter au départ des demi-finales, préférant ne pas risquer d’aggraver des blessures qui, en plus de compromettre ses chances de qualification en finale, auraient grandement menacé ses années futures.

Enfin, Ilionis Guillaume a terminé trente-troisième des qualifications du triple saut. Celle qui avait atteint la finale aux Jeux de Paris s’est mise en grande difficulté en mordant ses deux premières tentatives, et n’a pas pu redresser la barre lors de son ultime passage au bac, crédité de 13,38 m.