Equipe de France / Compte-rendu
20 Septembre 2025 - Par Etienne Nappey
Mise à jour : 20 Septembre 2025 (17h39)
Photos : © P. Millereau - S. Kempinaire / KMSP
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Trois des quatre relais engagés ce samedi soir au Japon ont réussi à se qualifier pour la finale de leur épreuve : les deux 4x100 m et le 4x400 m féminin seront de retour dimanche au Stade national de Tokyo pour jouer la course à la médaille lors de la soirée de clôture des championnats du monde.
Les championnats du monde se suivent et ne se ressemblent pas pour le clan bleu. Il y a deux ans à Budapest, le 4x400 m masculin avait décroché la seule médaille de la compétition. Cette année, ils sont les seuls à ne pas avoir passer le cap des séries, handicapés par la blessure de Téo Andant à l’échauffement, remplacé au pied levé par Muhammad Abdallah Kounta. « Nous n’avons pas été au niveau, il ne faut pas se cacher », a reconnu devant la presse David Sombé, seul rescapé des titulaires de 2023 en Hongrie.
Pour le reste, le destin a souri aux collectifs tricolores ce samedi au Japon. Les relayeuses du 4x400 m, avec Alexe Déau, Fanny Peltier, Isabelle Black et Amandine Brossier, ont fait le nécessaire en prenant la quatrième place de leur course, à la bagarre, en 3’24’’33. Soit le meilleur chrono des non qualifiées à la place, après avoir subi la loi des Etats-Unis, de la Belgique et des Pays-Bas, soit les trois nations médaillées du 4x400 m mixte. « Notre premier objectif est atteint. C’est un bon début, même si on espérait se qualifier parmi les trois premières », soupesait Amandine Brossier. « Désormais, on va se battre pour de belles choses, parce qu’on a du talent et qu’on a travaillé dur pour cela », prophétisait sa camarade Déau.
Les deux 4x100 m se sont mis au diapason dans la foulée. Les hommes, premiers en action, ont déroulé une partition maitrisée, à l’inverse des Jamaïcains qui n’ont jamais vu l’arrivée de la course, et se sont classés quatrièmes en 38’’34. Qualifiés au chrono, Ryan Zézé, Jeff Erius, Théo Schaub et Aymeric Priam prévoient de courir « beaucoup plus vite dimanche, sans prendre plus de risques, juste parce que c’est une finale ». Dans la version féminine, Marie-Ange Rimlinger, Sarah Richard Mingas, Hélène Parisot et Gemima Joseph se sont montrées encore plus efficaces en empochant la troisième place de leur série en 42’’71, directement qualificative pour la finale. « Nous avons encore beaucoup bossé cette année, et même si ça a mis du temps à se concrétiser, le résultat est là », appréciaient-elles de concert.
C’est le nombre de points de Katarina Johnson-Thompson et Taliyah Brooks, qui se sont partagé la médaille de bronze à l’heptathlon, en scorant exactement le même total après deux jours d’épreuves. Du jamais vu à ce niveau, même si Ivona Dadic et Emma Oosterwegel avaient remporté, ex aequo, le Décastar 2022 à Talence. Dans le même temps, Auriana Lazraq Khlass a compilé 5758 unités, pour une dix-huitième place finale. Ce samedi, elle a bondi à 5,55 m à la longueur, a lancé son javelot à 47,97 m et achevé son 800 m en 2’25’’86. « Mon saut en longueur est la suite logique de ma première journée, je n’ai pas réussi à m’en détacher. En revanche, j’ai réussi à lancer à seulement 20 cm de mon record au javelot, alors que j’ai été opérée de l’épaule au mois de mars. C’est ma fierté de ces deux jours », souriait la Messine. Elle a « tenu à aller au bout, parce que j’avais la chance d’être là, et pour mériter mon tour d’honneur avec les autres filles ».
Il est le plus jeune des décathloniens engagés, dispute déjà son cinquième décathlon de la saison, mais à 22 ans, Antoine Ferranti gère ses débuts en équipe de France A comme un roi. Le médaillé de bronze de l’Euro U23 a battu ses records sur 100 m (11’’19) et 400 m (48’’64), lancé son poids à 13,60 m et bondi à 7,23 m en longueur et 2,05 m en hauteur. Voilà qui le place à une bonne douzième place provisoire (4120 points) dans un décathlon qui a déjà fait des dégâts (Damian Warner forfait, Pierce Lepage et Simon Ehammer ont abandonné). « J’aimerais continuer sur cette lancée et approcher ou battre mes records, pour viser un total à nouveau supérieur à 8200 points. En termes de place, j’irai chercher toutes celles qui se présenteront. D’habitude, je remonte bien en deuxième journée », s’imaginait-il avant d’aller goûter à un repos bien mérité. En parallèle, son compère Makenson Gletty a passé la journée à lutter contre un corps qui manque logiquement de préparation puisqu’il revient tout juste d’une grosse opération au tendon d’Achille. Mais aussi contre les conséquences mentales qui en découlent, puisqu’il n’est jamais facile d’accepter d’être amoindri au moment le plus important de l’année. Le champion de France pointe à mi-parcours en quinzième position, avec 4055 points.