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Equipe de France / Présentation
25 Septembre 2025 - Par Florian Gaudin-Winer
Mise à jour : 25 Septembre 2025 (09h17)
Photos : © Alanis Duc / FFA
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Quasi hégémonique à Innsbruck (Autriche) il y a deux ans, avec onze médailles dont six titres, l’équipe de France de trail aligne à nouveau un superbe collectif à Canfranc (Espagne). Mais l’opposition n’a jamais été aussi relevée aux championnats du monde. De quoi offrir un magnifique spectacle sur un tracé d’une grande technicité.
« Ces Mondiaux de trail seront sans aucun doute les plus techniques de l’histoire. » Julien Rancon, responsable national du trail et de la course en montagne, donne le ton d’emblée à l’évocation du tracé de ce championnat à haute altitude, au cœur des Pyrénées aragonaises. Et ce n’est pas Adrien Séguret qui va le contredire. « C’est un tracé très sauvage, avec des chemins beaucoup plus étroits et caillouteux que ceux qu’on peut parfois retrouver dans les Alpes. Il y a pas mal de hors sentiers également », prolonge l’entraîneur national de la spécialité. En résumé : c’est un parcours d’une grande technicité qui attend les meilleurs trailers de la planète. « Il va favoriser les athlètes très complets, qui sont à la fois de gros grimpeurs et descendeurs, estime Séguret. Il faudra être très fluide et économe dans les parties rapides. »
Dans le détail, le trail court, de 44,5 km pour 3700 m de dénivelé positif, débutera par une ascension de 1600 m de dénivelé vers le sommet de la Moleta, la principale difficulté, avant trois autres montées de plus en plus courtes au fil du parcours. La deuxième sera presque celle de la verticale, avec 6,5 km et 1000 m de dénivelé. Lors de la descente vers la ligne d’arrivée, il faudra gérer 122 virages (!) au total.
Le trail long, avec 82 km au programme pour 5700 m de D+, passera également par les cimes de la Moleta, mais après une ascension en deux temps. Suivront des crêtes assez sauvages pour rejoindre la frontière franco-espagnole, avec d’ailleurs un passage d’une vingtaine de kilomètres sur le sol hexagonal, avant la redescente au col du Somport puis une fin similaire à celle du trail court.
A Innsbruck (Autriche) il y a deux ans, les Bleus avaient volé sur l’eau en raflant trois couronnes collectives (trail court et long pour les femmes, trail long pour les hommes) et autant en individuel (Clémentine Geoffray sur le court, Marion Delespierre et Benjamin Roubiol sur le long). « On a toujours envie de faire aussi bien mais ce sera difficile, le niveau progresse de plus en plus, prévient Adrien Séguret. Toutes les nations ont joué le jeu en alignant leurs gros leaders. On n’a jamais vu une telle densité jusque-là. » Un contexte ultra concurrentiel qui n’empêche pas les Tricolores de viser très haut. « Notre équipe est au top du top, elle est très forte, revendique le coach national. Le but est que tout le monde rentre à la maison avec une médaille, donc que l’on monte sur tous les podiums par équipes. »
Un objectif ambitieux mais loin d’être irréalisable, la délégation hexagonale ayant très fière allure sur le papier. Même si le village de Canfranc perché à 1200 m d’altitude, d’où seront donnés les départs de l’immense majorité des courses, abrite une gare monumentale tout droit sortie d’un film de Wes Anderson, Adrien Séguret préfère mettre en avant la force du collectif plutôt que des locomotives individuelles. On peut cependant citer les trois champions du monde en titre, de nouveau de la partie : Benjamin Roubiol (trail long), en grande forme lors des championnats de France à Val d’Isère, qui emmènera une équipe à faire pâlir d’envie toutes les autres nations, Marion Delespierre (trail long), qui se rapproche de son tout meilleur niveau après avoir donné naissance à un petit garçon en 2024 et repris la compétition en fin d’année, et enfin Clémentine Geoffray (trail court), qui a dû jongler dernièrement avec quelques petits pépins physiques.
Thomas Cardin (trail court), champion d’Europe à Annecy l’an dernier, a aussi de sacrés arguments à faire valoir et sait arriver au top de sa forme pour les grands rendez-vous. Les champions de France Hillary Gerardi (trail long) et Frédéric Tranchand (trail court) seront aussi à suivre de près. Seule ombre au tableau : le forfait de Cécile Jarousseau, sur la plus haute marche du podium national sur le trail court mais touchée au tendon d’Achille.
Les Français devront se sublimer pour aller chercher des médailles d’or en individuel, face à une opposition de très haut calibre incarnée en particulier par les Américains, les Espagnols, les Italiens, ou encore les Britanniques. Une statistique résume à elle seule le niveau attendu : neuf des dix premiers hommes de l’OCC, une des courses phares de l’Ultra-Trail du Mont-Blanc qui a eu lieu fin août, prendront part à ces Mondiaux. Parmi eux, le trio de tête composé de la légende US Jim Walmsey, de l’Italien Cristian Minoggio et du Polonais Andrzej Witek, sera au départ du format long. Si l’on ajoute le Transalpin Francesco Puppi et tous les Français, la course s’annonce explosive. Sur la même distance mais chez les femmes, une grande favorite se détache en la personne de l’Américaine Katie Schide, même s’il faudra aussi surveiller la Suédoise Ida Nilsson, la Norvégienne Sylvia Nordskar et l’Italienne Martina Valmassoi.
Sur le court masculin, on devrait retrouver aux avant-postes les Espagnols Manuel Merillas et Antonio Martinez, l’Italien Luca Del Pero, et l’Américain Elie Hemming. Chez les femmes, la course pourrait prendre des airs de championnats d’Europe, avec les Suissesses Maude Mathis et Judith Wyder, ainsi que l’Espagnole Sara Alonso, mais attention aussi à la Néo-Zélandaise Caitlin Fielder.