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Equipe de France / Interview
1 Août 2026 - Par Florian Gaudin-Winer
Mise à jour : 2 Août 2026 (16h48)
Photos : © Philippe Millereau / KMSP
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Tranquille comme Samuel. Après s’être emparé du record de France du 400 m dimanche dernier à Albi, en s’imposant en finale du rendez-vous national en 44’’24, Samuel Vessat était mercredi à l’INSEP pour rencontrer quelques médias. Le cadre verdoyant du campus situé dans le bois de Vincennes, au sud de Paris, a dû plaire à cet amoureux de randonnées et de nature. En attendant les vacances et les paysages à perte de vue, le sprinter du Saint-Denis Emotion et de l’université Purdue à West Lafayette (Indiana) sera dans quelques jours sur la piste de l’Alexander Stadium de Birmingham, pour disputer les championnats d’Europe (10 au 16 août). L’occasion de faire plus ample connaissance avec cet athlète de 24 ans à l’ascension fulgurante, dont le premier 400 m en compétition remonte à l’été 2024.
J’ai gardé une petite bulle autour de moi, avec ma famille et mes coachs. On est contents et fiers d’avoir franchi cette étape. Mais ma grosse victoire, encore une fois, c'est d'avoir pu exécuter la course comme il était nécessaire de le faire. Je fais beaucoup d’erreurs lors de mes 400 m, j’ai encore beaucoup d’aspects à travailler, et j’apprends à chaque fois pour m’améliorer.
L’objectif, c’est vraiment d’être la meilleure version de moi-même. Ça parait bête quand je le dis, mais je ne pense pas l’avoir encore atteint. Maintenant, on ne se repose pas sur ce record. Le but est d’aller chercher plus loin. J’aime pouvoir affronter les meilleurs, c’est ce qui m’anime.
Je ne lis rien, je bloque tout. Pendant les compétitions, j’éteins mes réseaux sociaux. J’apprécie le calme, je suis quelqu’un qui aime bien la campagne, ce genre de choses. Quand je reçois de l’amour de la part des gens, ça me fait super plaisir. Si je peux renvoyer la pareille, je le fais au maximum. Mais sinon, le lendemain de mon titre à Albi, on est juste partis prendre un petit croissant. J’essaye de ne pas trop faire attention à tout ce qui se passe autour de moi.
Franchement, je me sens juste honoré de pouvoir porter le maillot de l’équipe de France sur 400 m. C’est incroyable ! J’espère pouvoir contribuer à la réussite collective, parce que je ne vais pas courir pour moi mais pour une nation. Il y aura forcément beaucoup d’émotions, c’est quand même un accomplissement. Il y aura aussi le relais, la finale du 400 m à Albi a été la plus rapide de l’histoire. C’est super positif ! Certains n’étaient pas contents de leur course, même en ayant battu leur record personnel. Ça en dit long sur leur état d’esprit, ils ont envie de faire mieux. Toute cette énergie ne peut être que positive pour l’avenir.
L’entraînement était super ! Il y avait Mallory (Leconte), Jerry (Leconte), Dylan, Thierry, des athlètes qui sont tous passés par l’équipe de France. J’ai fini la séance par terre, avec des crampes partout. J’ai beaucoup aimé ! Je me suis dit que j’allais progresser ici. Le coach (Alioune Ndiaye) m’a accueilli tout de suite dans son groupe et ne m’a plus lâché.
Le dépassement de soi. Tu te lèves tous les jours et c’est toujours plus dur. Même quand tu passes un cap, il y en a autre qui t’attend. Tu as toujours de la marge de progression, quelque chose à apprendre et à développer. Et puis l’athlétisme est à la base de tous les sports. Quand je suis arrivé au club, je ne savais pas courir. J’étais un peu désordonné. Alioune m’a appris à être plus coordonné.
J’aime autant ces deux sports. C’est un peu comme un papa et une maman, qu’on ne peut pas comparer mais pour lesquels on a la même affection. Le basket, c’est mon sport depuis tout petit. Mon père y a joué, j’ai toujours regardé des matchs. Je suis aussi tombé amoureux de l’athlé. J’ai longtemps eu envie de les pratiquer à haut niveau en même temps. Mais en France, les saisons ne matchaient pas donc je ne pouvais pas courir en compétition. D’ailleurs, dans mon premier sport-études à Liévin, j’étais inscris en UNSS basket et athlétisme. Mais ma priorité a toujours été les études. Je voulais d’abord aller aux Etats-Unis pour valider un diplôme. Le sport m’a permis d’accéder à des bourses (il est étudiant en commerce international, ndlr).
Il y a encore beaucoup de lacunes. En finale à Albi, j’ai le départ le plus lent parmi tous les participants. C’est un des secteurs à travailler. Par rapport aux meilleurs, il faut aussi que j’arrive à mieux maitriser et répéter mes temps de cadence. Est-ce que je dois modifier mon style ? Ça m’est arrivé d’essayer de faire du mimétisme et je n’avançais pas. Le premier jour où je suis allé au stade, j’ai voulu courir comme les autres. Le coach m’a dit : ‘’cours, ne t’inquiète pas, on va ajuster !’’ On a fait évoluer les choses au fil des années. Il fallait que je sois moi-même.
C’est ce que j’aime dans le 400 m. C’est un défi qui en dit long sur soi. Je le vois comme une épreuve de vie qu’il faut savoir affronter et surmonter. J’essaye de me surpasser tous les jours, même si c’est dur. J’aime la bagarre dans la dernière ligne droite, quand tout le monde est fatigué. Est-ce que je vais abandonner ? Ou est-ce que je vais réussir à déclencher cette flamme pour aller de l’avant ? Même si je termine dernier, est-ce que j’ai le sentiment de m’être battu contre moi-même et d’avoir tout donné ?
Je pense que j’ai été beaucoup influencé par mon père et ses références. Même si c’était du 400 m haies, Stéphane Diagana a réalisé des choses incroyables. Côté Américains, je citerais Michael Johnson. Et même si je n’aime pas mentionner des athlètes contre lesquels je vais être amené à courir, il y a aussi Quincy Hall.