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Ancien directeur technique national et entraîneur passionné de saut en longueur, Serge Bord est décédé ce mercredi à l’âge de 88 ans.
Ancien athlète devenu entraîneur national puis directeur technique national, Serge Bord était une figure de l’athlétisme hexagonale des années 1980 et 1990. Né à Vauvert, dans le Gard, en 1938, le jeune Serge Bord se découvre une passion pour la course à pied au début des années 50, sous la houlette de son professeur de sport au collège (on parlait alors de cours complémentaire). Après une victoire lors d’une course scolaire en 1952, il adhère à la Jeunesse Athlétique Nîmoise, sous les couleurs de laquelle il se qualifie plusieurs fois aux championnats de France en cross et demi-fond.
S’il échoue au baccalauréat, il réussit son examen d’entrée au Creps de Montpellier, et trouve sa voie dans la transmission de son amour pour le sport et l’athlé en particulier, malgré la circonspection initiale de ses parents. Après avoir officié à Reims, Orléans, Nancy et l’Insep, il s’installe en 1967 à Nîmes, où il participe à la création de l’Entente Nîmoise d’Athlétisme. Trois ans plus tard, le DTN Robert Bobin le place en tant que conseiller technique régional en Lorraine, la région d’origine de son épouse Madeleine, d’où il ne partira plus. Dix ans plus tard, l’ancien demi-fondeur est nommé entraîneur national du saut en longueur, puis adjoint du DTN Jean Poczobut. Directeur technique national de 1988 à 1993, il œuvre au développement des groupes d’athlètes, d’un réseau d’entraîneurs nationaux et des infrastructures comme les pôles de Montpellier et de Boulouris, avant de terminer sa carrière comme directeur départemental Jeunesse et Sports à Epinal.
« Il était de l’ancienne école, un expert de l’éducation athlétique, mais il cherchait toujours à innover et à trouver des solutions, explique Norbert Brige, ancien sauteur en longueur qui a fait toute sa carrière sous son aile. Il était dans le partage en permanence, aussi bien avec ses collègues français comme Régis Prost ou Jacky Despres, son meilleur ami, qu’avec ses homologues à l’international. Il s’en nourrissait pour continuer à apprendre en permanence. Comme Jean Poczobut, Serge faisait partie de ces gens ultra-passionnés, qui travaillaient sans limite au service de leur sport. Les années 1980 et 1990 sont un moment riche pour l’athlétisme français, et Serge était au cœur de l’action à ce moment-là. » « C’était un homme droit et chaleureux, qui connaissait toute la pyramide de l’athlétisme, de la base au sommet », ajoute François Juillard, qui lui a succédé au poste de DTN après les championnats du monde de Stuttgart.
Avec son accent du Sud caractéristique, Serge Bord était « quelqu’un de sympathique et agréable même quand il a été amené à exercer le métier difficile de DTN, où il faut trancher et faire des choix parfois compliqués », souligne Norbert Brige. S’il avait dû se résoudre à ne plus aller au stade ces dernières années, à cause du poids des années, il avait gardé des contacts réguliers avec les acteurs de l’athlétisme. Pascal Thiébaud, Marie-José Pérec, Gilles Quénéhervé et William Motti, qui l’avaient récemment eu au téléphone, peuvent témoigner de sa passion restée intacte.
Jean Gracia, président de la Fédération Française d'Athlétisme, tient à saluer la mémoire de celui qu'il a côtoyé à son arrivée à la Fédération en 1992 : « J'ai eu la chance de travailler aux côtés de Serge durant les derniers mois de son mandat de directeur technique national. Je garderai le souvenir d'un homme profondément engagé, attaché aux valeurs de notre sport et animé par la volonté constante de faire progresser l'athlétisme français. Son action a durablement marqué notre Fédération. »
Ses obsèques seront célébrées vendredi 10 juillet à 14h à Nancy. Le meeting Stanislas ce vendredi soir sera l’occasion pour ceux qui l’ont connu d’un premier temps de souvenir, au bord d’une piste que Serge Bord a fréquenté pendant tant d’années.
A sa femme Madeleine, à sa famille et à ses proches, la Fédération Française d’Athlétisme adresse ses plus sincères condoléances.