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Equipe de France / Interview
20 Mai 2026 - Par Mathéo Gillet
Mise à jour : 20 Mai 2026 (16h37)
Photos : © P. Millereau - JM Hervio / KMSP
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Freiné durant tout l’hiver par une mononucléose, Yann Chaussinand n’a pourtant pas tardé à retrouver les sommets. Auteur d’un impressionnant jet à 79,91 m lors de la finale des Interclubs à Montreuil ce dimanche 17 mai, le puissant spécialiste du marteau a signé la quatrième meilleure performance de sa carrière. De quoi lancer idéalement une saison où le Clermontois nourrit de grandes ambitions à l’approche des championnats d’Europe.
Ça fait plaisir. Je ne m’attendais pas forcément à faire une performance comme ça aux Interclubs, surtout avec les conditions pluvieuses et un concours à 9h du matin. Néanmoins, je sentais que la forme revenait et que les séances d’entraînement étaient plutôt bonnes. Ça remet de la confiance après un hiver un peu compliqué et c’est encourageant pour la saison estivale.
Ce n’est pas vraiment une surprise parce que je sais de quoi je suis capable. Mais je n’étais pas spécialement focalisé sur la performance aux Interclubs. J’y allais surtout pour apporter des points au club. Je me disais déjà qu’un lancer à 77 mètres serait une très bonne chose.
J’ai toujours joué le jeu des Interclubs parce que je trouve important de représenter son club. C’est sûrement la compétition où il est le plus mis en valeur. On ne lance pas seulement pour soi, mais vraiment pour l’équipe. Et au-delà de l’aspect sportif, il y a aussi toute la convivialité. Ça rassemble toutes les générations et toutes les disciplines. Même au sein du club (Clermont Auvergne Athlétisme), on ne croise pas forcément tout le monde au quotidien, donc ça crée de la cohésion.
Ça a surtout provoqué beaucoup de fatigue, à la fois physique et nerveuse. On a dû adapter et réduire fortement la voilure à l’entraînement. Je n’en étais pas au point d’être bloqué au lit, mais la fatigue durait vraiment longtemps et ce n’était pas normal. J’ai finalement appris à la fin de l’hiver, en mars, que j’étais plutôt sur la fin de la mononucléose que sur le début. Mentalement, ça a fait du bien d’avoir enfin un diagnostic alors que je me sentais affaibli depuis le mois de décembre. Comme j’étais en période d’entraînement avec une forte charge, j’ai pensé que c’était lié à ça.
Il avait déjà vécu une mononucléose dans sa carrière, donc il connaissait cette fatigue et comprenait bien la situation. Ça aide forcément dans certains moments plus compliqués. Je sais aussi que quand je suis fatigué comme ça, je ne suis pas toujours facile à gérer au quotidien (rires).
Ce sont des périodes difficiles, mais ça fait partie du haut niveau. Je n’avais jamais vraiment connu une période compliquée aussi longue. Dans ces moments-là, le plus important est de ne pas lâcher. C’est facile de s’entraîner quand tout va bien, mais continuer à travailler quand c’est dur, tout le monde n’en est pas capable. Je pense que c’est aussi ce qui forge les grands athlètes.
L’idée est surtout de retrouver le rythme de la compétition tout en continuant à bien s’entraîner, parce que j’ai quand même perdu un peu de temps cet hiver. Les meetings servent aussi de répétition pour préparer les grands championnats. Je ne suis pas focalisé sur les performances immédiates, même si elles peuvent venir naturellement.
L’ambition, ça va être d’aller chercher une médaille. Le niveau européen au marteau est extrêmement dense, presque comparable au niveau mondial, mais il faut avoir de l’ambition. Après un hiver compliqué, réussir à performer cet été aurait forcément une saveur particulière.