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numéro 469 - Avril 2004

L’athlé à l’école :
Les pistes d’avenir

Le colloque “ L’athlétisme à l’école : vers un athlétisme accessible, motivant et formateur ” a réuni près de 250 participants les 12 et 13 mars à la Cité universitaire internationale de Paris. Organisés conjointement par la Fédération française d’athlétisme (FFA) et le Ministère de la Jeunesse, de l’Éducation Nationale et de la Recherche (MJENR), dans le cadre de l’année européenne d’éducation par le sport, ces travaux ont prouvé une volonté de mutualisation des compétences pour à nouveau enraciner l’athlétisme dans le terreau scolaire. L’occasion pour Athlétisme Magazine de dresser un état des lieux.
Par Paul Miquel

Mai 2003 : à l’INSEP, un premier colloque baptisé “ L’athlétisme à l’école : état des lieux ” avait permis de souligner la volonté mutuelle de la FFA et du Ministère de la Jeunesse, de l’Education Nationale et de la Recherche de se pencher sérieusement sur les diverses problématiques liées au développement de l’athlé à l’école.
Une initiative qui s’inscrit dans le grand plan de développement impulsé par la Fédération. Deux spécialistes du 400 m haies avaient été à l’origine de cet ambitieux chantier.
Les deux hurdlers responsables de ce remue-méninges ? Robert Poirier, directeur technique national (DTN) de la FFA et Alain Hébrard, doyen du groupe EPS à l’Inspection générale de l’Education nationale. Leur idée : dresser un état des lieux exhaustif de l’enseignement et des pistes de développement de l’athlétisme dans le réseau scolaire. Pour tenter d’améliorer la situation.
Dix mois plus tard, les 12 et 13 mars 2003, les conclusions de cette vaste table ronde ont permis aux 250 participants du colloque  “ L’athlétisme à l’école : vers un athlétisme accessible, motivant et formateur ” de plancher à partir de faits concrets. “ Il y a eu un consensus sur la manière d’aborder l’athlé à l’école, résume Jean-Michel Charbonnel, responsable du développement à la FFA. Pour faire de notre sport une discipline accessible et formatrice, il faut désormais envisager l’athlétisme dans une vision globale et non plus compartimentée en différentes familles de spécialités. Nous avons, par exemple, des solutions à apporter pour éviter de rendre rébarbatives les séances d’EPS sur l’endurance. ”
Bref, il faut expliquer aux collégiens et aux lycéens qu’il est possible de faire de l’athlétisme de façon ludique. “ Mais, pour cela, il faut former les enseignants, poursuit Jean-Michel Charbonnel. Dans les années 70, seulement une quinzaine de disciplines étaient enseignées dans le réseau scolaire. Aujourd’hui, il y en a plus de soixante ! Du coup, l’athlétisme est en perte de vitesse. Les profs d’EPS et les techniciens fédéraux doivent travailler ensemble pour une meilleure approche de l’athlétisme. ” Résultat : les réflexions du dernier colloque devraient prochainement déboucher sur la signature d’une convention entre la FFA et le MJENR. Une convention qui s’articulera autour de quatre points principaux :

1. Développer des actions de formations continues pour les profs d’EPS
C’est, probablement, le cœur du débat dans la mesure où les observateurs ont noté une réelle régression de la présence de l’athlétisme dans la formation des profs d’EPS. Une université d’été sera donc organisée du 3 au 8 juillet, à Montpellier, en parallèle à la session de formation d’animateur fédéral. Le but : offrir une formation continue, axée sur l’athlé, à une trentaine de professeurs d’EPS. “ On croule sous les demandes, remarque Jean-Michel Charbonnel. Notre engagement était de former 30 enseignants mais nous souhaiterions voir ce chiffre doubler. ”

2. Diffuser des outils pédagogiques vers les établissements scolaires
A priori, ces actions sont fondamentales. Des outils pédagogiques et didactiques relatifs à l’athlétisme, diffusés vers les clubs et les établissements scolaires, seront réalisés par des experts de la FFA et du MJENR.

3. Renforcer les partenariats entre les fédérations sportives scolaires (USEP, UNSS, UGSEL et FFSU) et la FFA pour développer des actions communes
En 2002, la signature d’une convention entre la FFA et les principales fédérations sportives du monde scolaire avait déjà abouti à de nombreux rapprochements. “ En vérité, l’impulsion avait été donnée dès 1999, précise Jean-Michel Charbonnel, mais, à l’époque, ces partenariats avaient peut-être été trop axés vers le haut niveau et la compétition. ” Aujourd’hui, ces passerelles entre l’USEP, l’UNSS, l’UGSEL, la FFSU et la FFA devraient être renforcées.

4. Favoriser les partenariats locaux entre les clubs et les sections sportives d’athlétisme des établissements scolaires
C’est le volet le plus complexe de la convention. Car chaque situation locale est différente. Toutefois, l’exemple du centre UNSS du Bordeaux Etudiants Club (voir ci-dessus), créé par Marie-Claire Lesbats-Bourbeillon, prouve que des passerelles peuvent exister entre les clubs et les associations sportives scolaires. Pour de sombres raisons, ces deux mondes avaient pris l’habitude de se snober. La hache de guerre a visiblement été enterrée. Pour le bonheur des passionnés d’athlé.

    

UNSS :
L’exemple girondin
Professeur d’EPS au collège Fontaines de Montjous, en Gironde, Marie-Claire Lesbats-Bourbeilllon est à l’origine de la création d’un centre UNSS innovateur au Bordeaux Etudiants Club (BEC). Instructif…

C’est une initiative exemplaire. En Gironde, au Bordeaux Etudiants Club, une enseignante d’EPS a prouvé aux sceptiques qu’il était possible de créer de véritables passerelles entre l’école et la FFA, en l’occurrence entre son établissement scolaire et son club d’athlétisme. Son nom : Marie-Claire Lesbats-Bourbeillon. Après avoir passé 13 ans en tant que prof d’EPS dans un collège de Barbès, en plein cœur du XVIIIe arrondissement de Paris, elle débarque il y a quelques années dans la région bordelaise. Pendant cinq ans, elle “ tourne ” dans plusieurs établissements avant d’atterrir au collège Fontaines de Montjous, en continuant à s’investir dans son club. Rapidement, Marie-Claire Lesbats-Bourbeillon comprend qu’il faut utiliser les créneaux du mercredi après-midi pour attirer les collégiens vers l’athlétisme. “ J’ai toujours estimé que le mercredi après-midi était du temps scolaire, explique-t-elle. Et les enfants sont en droit de dire : je veux faire de l’athlé en UNSS. Mais, contrairement aux clubs, peu d’établissements scolaires sont équipés. Il fallait trouver des solutions. ” Première étape : grâce à sa double casquette d’entraîneur de club et de prof d’EPS, elle met en contact le comité départemental de Gironde et le directeur départemental de l’UNSS, qui signent une convention permettant d’harmoniser les calendriers des compétitions et d’officialiser les prêts de matériels. Seconde étape : elle crée un “ centre UNSS ” dans son club, où elle accueille, chaque mercredi après-midi, une cinquantaine d’enfants provenant de 10 établissements scolaires. “ J’estime qu’il faut être concret, explique-t-elle, surtout quand il s’agit du développement de l’athlé à l’école. Les beaux discours, c’est bien. Mais, c’est localement qu’il faut agir. ” Marie-Claire Lesbats-Bourbeillon aimerait, par exemple, que les chefs d’établissements soient plus ouverts à ce style de projets. D’où la nécessité de reconnaître juridiquement ce style d’initiatives. Pour que l’osmose entre l’athlé et l’école ne reste plus jamais lettre morte.


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