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numéro 471 - Juin-Juillet 2004

Chaque mois dans Athlé mag, les spécialistes de la FFA répondent à vos questions.

Etirements et lésions

Mon médecin m’a diagnostiqué une légère élongation derrière la cuisse. Peut-on étirer un muscle qui a subi une lésion ? Si oui, dans quel cas, et dans quelle mesure ?
Tout d’abord, il faut être d’accord sur la terminologie. Il faut se faire effectuer au préalable un diagnostic clinique précis par un médecin et éventuellement le compléter par des imageries médicales spécifiques. Dans le cas particulier d’une élongation, c'est-à-dire une lésion musculaire associée à un décollement musculo-aponévrotique, le but sera de consolider la lésion pour qu’elle puisse supporter l’ensemble des contraintes lors du geste sportif. On pourra utiliser les étirements, complétés au travail musculaire excentrique, dont on connaît les vertus communes pour renforcer le composite musculo-aponévrotique. Ce dernier pourra être associé à une thérapie classique (massage, physiothérapie…). Dans un premier temps, l’étirement sera passif, progressif et infra douloureux, il sera maintenu trente secondes (temps nécessaire pour agir sur la structure), puis on pourra effectuer des étirements en contracté-relâché-étiré (six secondes sur chaque phase) sans toutefois dépasser le seuil de la douleur.
Il ne faut pas oublier que chaque blessure musculaire est particulière. Il faudra donc adapter les soins journaliers en fonction des signes cliniques et du ressenti de l’athlète.

Jean Sapeta, kinésithérapeute des équipes de france d’épreuves combinées

Mal aux dents

Suite à des tendinites à répétition, et sachant que j’ai également des caries, je me demande s’il peut y avoir un lien entre les problèmes dentaires et la pratique sportive ?
De nombreuses douleurs récurrentes, telles que les tendinites, périostites, douleurs dorsales ou pubalgies, ont vu leur pronostic amélioré après des soins dentaires quand toutes les autres causes médicales ont été écartées. On a ainsi constaté qu’un foyer dentaire infectieux pouvait provoquer par un phénomène de dissémination bactérienne une affection focale de type tendinite. Les dents de sagesse incluses ou en malposition peuvent elles aussi être à l’origine de contre-performances. Certaines pathologies peuvent provoquer des troubles de la posture, des troubles occulo-moteurs, une diminution des réflexes et des gestes fins ou une diminution de la force explosive induite par une augmentation du temps de réponse musculaire. Les afférences nerveuses bucco-dentaires interviennent en effet dans la position fine en station debout ainsi que dans la facilitation gestuelle, en agissant sur la motricité des muscles moteurs des yeux et de la nuque. Le moindre problème, comme une dent cariée douloureuse, des lésions parodontales que l’on évite lors de la mastication, peuvent ainsi rejaillir sur la posture en rompant l’équilibre des ceintures scapulaire et pelvienne.
C’est pourquoi, il est très important d’effectuer auprès des sportifs des dépistages systématiques de façon à vérifier qu’aucune pathologie bucco-dentaire ne puisse altérer leurs performances.

J-L Dartevelle, chirurgien dentiste

Coups de chaleur

Comment se prémunir des coups de chaleur, et comment réagir si on en est victime ?
Il existe deux types d’accidents liés à la chaleur : le coup de chaleur classique (CCC) et le coup de chaleur d’exercice (CCE). C’est ce dernier que doit craindre le sportif. Il se décline sous deux formes : l’épuisement hyperthermique et le véritable CCE. L’épuisement hyperthermique se remarque par une élévation de la température corporelle (jamais > 40°C), une déshydratation et des vomissements. Le véritable CCE est un trouble majeur de la thermorégulation qui entraîne une augmentation de la température corporelle (souvent > à 40°C) et qui touche principalement les jeunes adultes au cours d’un effort physique intense et prolongé dans une ambiance très chaude, où le degré d’humidité est élevé. On constate des troubles neurologiques (perte de conscience, convulsions), une destruction musculaire et une atteinte hépatique, accompagnés parfois d’atteinte rénale et d’anomalies de la coagulation. L’évolution sous traitement est imprévisible et la mortalité spontanée fréquente si les mesures de refroidissement ne sont pas déclenchées rapidement.
Quoi qu’il en soit, évitez d’être trop couvert, utilisez des vêtements clairs, évitez d’être torse nu. Protégez-vous la tête du soleil et hydratez-vous pendant l’épreuve. Surtout ne forcez pas si vous vous sentez mal. La majorité des CCE graves surviennent chez des sportifs qui surpassent leur capacité de travail à la chaleur. Si vous êtes victime d’un épuisement hyperthermique, mettez-vous au frais et hydratez-vous. Pour un CCE, il faut agir vite et faire appel à une réanimation médicale.

Armand Tomaszewski, médecin


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