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11 août 2005 - Mickaël Hanany : « Aux Etats-Unis, je suis devenu un vrai sauteur »

Athle.com : Le concours de qualification du saut en hauteur a été avancé, vendredi 12 août, de 18 h 50 à midi. C’est une contrariété ?
Mickaël Hanany : Un peu, oui, car je m’étais préparé à sauter en fin de journée, et j’ai appris assez tard qu’il me faudrait entrer en compétition à midi. En le sachant plus tôt, j’aurais pu m’habituer à sauter à cette heure là. A me lever moins tard.

La pluie risque, une nouvelle fois, de s’inviter dans le concours. Vous la craignez ?
Elle sera là pour tout le monde, je reste très positif par rapport aux éléments. Mais la réalité, c’est que je n’ai pas l’habitude de sauter sur une piste glissante. Il pleut rarement, au Texas, où j’habite. Et ma technique s’accommode sans doute moins bien de la pluie que certains de mes rivaux, les plus rapides dans la course d’élan. Je suis plus lent, mes appuis au sol sont plus prononcés. Sur un terrain glissant, il faut sortir plus vite de l’impulsion, passer moins de temps au sol. Mais j’ai prévu de mettre des pointes plus longues, des 9 mm, au lieu des 6 mm habituelles.

La barre de qualification a été fixée à 2,29 m, un centimètre au-dessus de votre record personnel…
C’est vrai, mais il faudra sans doute aller moins haut pour décrocher son billet pour la finale. Je sais que je n’aurai pas droit à l’erreur. Je vais sauter toutes les barres, 2,15, 2,20, 2,24, 2,27, 2,29 m. Ca ira vite, c’est un concours de qualification.

Vous venez de terminer votre deuxième année scolaire aux Etats-Unis, à l’université d’El Paso, au Texas. Sur un plan technique, que vous apporté ce séjour américain ?
Beaucoup de choses. En France, je n’étais pas un vrai sauteur en hauteur, je n’arrivais pas à franchir un certain palier technique. Aux Etats-Unis, j’ai réussi sans le savoir. Mon coach, un spécialiste de longueur et triple saut, a su trouver les exercices et la pédagogie pour me transformer. Il m’a inculqué une nouvelle façon de partir, de pousser, d’entrer dans le virage. Avant, ma course d’élan se faisait sur 7 foulées, j’en fais 10 aujourd’hui. Cela paraît tout bête, mais je n’y arrivais pas.

Cette expérience américaine a aussi changé votre mentalité ?
Oui, complètement. Avant, j’aurais abordé ces championnats du monde comme la grosse épreuve, à ne pas rater, j’aurais stressé. Maintenant, je l’appréhende sans pression. Je positive, je suis optimiste dans tout ce que je fais. Là-bas, aux Etats-Unis, la vie est vue comme quelque chose de facile, le doute n’est jamais présent. Pourquoi se lamenter sur soi alors qu’on peut faire mieux ? Mais cet état d’esprit n’est pas réservé au milieu du sport, il est général dans la société.

Comment s’organise votre quotidien, à l’université d’El Paso ?
J’ai choisi de suivre mes cours le matin. Je prépare un « bachelor » en biologie, l’équivalent d’une licence. J’ai ensuite toute l’après-midi pour m’entraîner. C’est un rythme idéal, sans stress, qui me laisse du temps pour moi.

Vous pensez prolonger votre expérience nord-américaine ?
J’espère y rester le plus longtemps possible. Je m’y sens bien, tout est réuni pour que je m’épanouisse. En plus, je ne débourse pas un centime, mes frais sont couverts par l’université.

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous expatrier ?
En 2003, j’ai raté les championnats du monde pour trois centimètres. En fin de saison, j’ai réalisé lors d’une compétition que tout allait mal. Je régressais. Je me suis alors dit qu’il fallait réagir, tenter quelque chose, car les choses ne pourraient pas être pires. J’avais des contacts aux Etats-Unis, j’ai foncé. Je me suis installé d’abord à Dallas, sur le campus de SMU, mais au bout de six mois, le programme d’athlétisme a été arrêté. J’ai ensuite déménagé vers El Paso, où l’équipe d’athlétisme me semblait la plus intéressante.

On raconte que le rythme de compétitions y est très intense, surtout au printemps…
C’est vrai, mais l’organisation de la saison est très différente. L’entraînement commence en août, jusqu’en janvier. La saison universitaire débute à ce moment là, mais le travail effectué plus tôt, notamment en musculation, permet de conserver longtemps son pic de forme. Cette année, j’ai vraiment beaucoup sauté en compétition aux Etats-Unis, au moins douze ou treize concours. Il m’arrivait même, parfois, de m’aligner également en longueur et au triple. J’y ai des records à 7,68 m et 15,95 m. Mais tout cela ne m’a pas empêché de décrocher ma sélection pour les championnats du monde.

 

Propos recueillis à Helsinki par Alain Mercier, pour athle.com

 















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