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numéro 486 - Décembre/Janvier 2006

Une année renversante

La saison 2004-2005 a été riche en émotions pour l’équipe de France. Et, bien souvent, sacrément prometteuse pour l’année 2006. Retour non exhaustif sur quelques temps forts, sur quelques athlètes et faits marquants des douze mois écoulés. Par Agathe Costes, Paul Miquel et Cyril Pocréaux

Sprint :Kankarafou déboule
Le sprint tricolore est tout sourire. Entre les médailles mondiales de Christine Arron, celle du 4x100 m, le superbe record de France en 9’’99 de Ronald Pognon et les jeunes qui pointent leur nez, comme les Espoirs à Erfurt, il a vécu une saison paradisiaque. Et s’est découvert avec Oudere Kankarafou un nouvel homme fort.
Si on lui avait dit, au début de l’année, qu’il la terminerait Champion du Monde du 4x100 m… Le destin d’Oudere Kankarafou, 22 ans, a pris en cette année 2005 le genre de virage qui n’existe que dans les contes. Un chrono amélioré de 14 centièmes de seconde, pour arriver à 10’’30 sur 100 m, un titre de champion d’Europe espoirs individuel et sur 4x100 m, et bien sûr, le sacre mondial avec les seniors – excusez du peu. Voilà qui valait bien l’oscar de « Révélation de l’année » attribué par la FFA. « Pour moi, c’est l’année de tous les rêves, laisse-t-il tomber en pesant ses mots. Le titre de champion d’Europe espoirs, je ne m’y attendais pas du tout. Champion du monde, encore moins. Au point que j’ai eu du mal à gérer mes émotions une fois que tout est retombé. C’est à la fois un sentiment de fierté par rapport à mon entourage, et la conscience de la chance d’être là où je suis. »

Rêve de gamin
Naturalisé français le 21 octobre 2004, le Togolais d’origine, qui vit aujourd’hui à Bobigny (93), a suivi un chemin qui ne semblait pas devoir se transformer en piste d’athlé. Avec sa famille - son père qui travaille dans le milieu diplomatique, il débarque en France à 12 ans, en 1995, pour atterrir dans le XVIIIe arrondissement de Paris. Le sport l’attire, mais ce n’est pas d’actualité. « Je ne voulais pas embêter mes parents avec le prix des licences. Je mangeais, j’avais chaud et j’allais à l’école, c’était déjà bien. » Il découvre l’athlétisme et ses « valeurs, ses vertus formatrices » à 17 ans. Mais grandit et progresse dans l’anonymat de sa nationalité. « Quand vous courez en tant qu’étranger, vous n’existez pas. Je trouvais ça normal, d’ailleurs. Mais un jour, alors que je lui demandais un coffret pour ma médaille, comme les autres, un officiel m’a répondu qu’il n’y avait pas de boîte pour les étrangers. Cela ne devrait pas exister en sport… » Bien des tracasseries administratives plus tard, Oudere est devenu Français. Un rêve de gamin pour le pays qu’il voit comme « le plus beau de tous ». Et dont il devrait avoir l’occasion de porter le maillot plus d’une fois à l’avenir C.P.

Haies : Adrianna mène la relève
Dans le sillage de Ladji Doucouré, la famille des haies se porte toujours aussi bien, même si le 400 m haies féminin tarde à se faire une place au haut niveau chez les seniors. Chez les jeunes, juniors et espoirs se pressent déjà au portillon (à l’image de Fadil Bellaabouss sur le tour de piste). Y compris sur 100 m haies féminin, où la relève tant attendue pointe enfin le bout de son nez.
Elle a souffert, tellement souffert avant d’en arriver là alors que tout, pour elle, semblait cousu du fil de l’évidence. Championne du monde cadettes en 1999, médaille de bronze des Championnats du Monde juniors en 2000, fleuron de la désormais célèbre « génération Santiago », la jeune Martiniquaise (élue sportive de l’année dans l’île à… 17 ans !) a dû affronter depuis lors moult vents contraires, entre problèmes personnels et blessures.
Elle qui n’imaginait pas quitter les Antilles décide de tirer un trait sur l’infortune en rejoignant, voilà un an, le groupe de François Pépin en métropole. Sans autre ambition que de reprendre goût à l’athlétisme. « J’avais perdu pas mal de mes qualités, et j’ai repris les bases, en travaillant sur une technique totalement différente de ce que j’avais appris. Nous étions juste partis pour tout reconstruire et poser les bases en vue des J.O. de 2008. » Raté : Adrianna Lamalle est en avance. Médaille d’argent aux Jeux Méditerranéens, puis bronze et record personnel (12’’85) aux France d’Angers, et enfin demi-finale à Helsinki !

Pression positive
Et voilà comment Adrianna confirme le renouveau du 100  m haies français, entre le retour de Reina Flor-Okori l’an passé et l’éclosion de Cindy Billaud, médaillée de bronze des Europe juniors sur 100 m haies, ou encore la belle progression d’Aurore Ruet, finaliste chez les espoirs à Erfurt. « Quand on regarde le niveau mondial, on s’aperçoit qu’il y a une vraie densité chez les athlètes plus âgées, mais aussi l’arrivée de jeunes de ma génération. C’est aussi ce qui nous permet de nous motiver au niveau français. Je peux vous dire qu’aux championnats de France, cet été, il y avait une sacrée pression ! » Une pression dont Adrianna s’accommode désormais sans trop de soucis. Le plus dur est sans doute derrière elle. C.P.

Demi-fond : Les filles passent l’obstacle
Le demi-fond français gardera un souvenir mitigé de sa saison 2004-2005. A l’image de ses crossmen, champions d’Europe mais passés à côté de leurs Mondiaux à domicile au mois de mars. Si les meilleurs masculins n’ont pas toujours atteint leurs objectifs (avec tout de même en Kevin Hautcœur un champion d’Europe du 800 m et deux places de finalistes aux Mondiaux grâce à Bob Tahri et Mehdi Baala), les féminines se sont distinguées de belle manière : Laeticia Valdonado sur 800 m (et Elodie Guégan médaillée de bronze aux Europe espoirs), médaille de bronze et records de France pour Bouchra Ghezielle, record également sur 1500 m pour Hind Dehiba… Quant au steeple, nouvelle discipline au niveau international, les Bleues y comptent désormais deux spécialistes de stature mondiale.
C’est une course qu’elle mène loin devant, seule contre le chrono, avec pour unique ambition de tordre les minima et de se glisser dans la sélection pour Helsinki, qui sera annoncée dans quelques jours. Sur la piste du stade Jean-Bouin, au cours d’une des réunions hebdomadaires organisées là en cet été 2005, Elodie Olivarès court après le temps. Au bout de son 3000 m steeple, une perf de 9’40’’47, billet pour Helsinki, grande première du steeple féminin au niveau mondial. Ce qui en fait également la 16e performeur mondiale de la saison. Si une blessure au tendon en série aura finalement empêché la Parisienne de défendre ses chances en Finlande, une autre jeune femme aura profité de l’occasion pour effectuer un grand bond en avant. Avec ses 9’42’’18 en série, record personnel, Yamina Bouchaouante (voir Athlé Mag n°455) s’est elle glissée à la 20e place du bilan de fin de saison. En un mot comme en cent, les Françaises furent à l’heure au rendez-vous. « Helsinki, c’était certes une découverte au niveau mondial, mais surtout une vraie compétition, observe Elodie Olivarès, vainqueur en Coupe d’Europe l’an passé. Nous ne nous sommes jamais senties en démonstration. »

Dans les mœurs
Si les Bleues se sont senties aussi à l’aise, si elles étaient prêtes à l’heure, c’est aussi que la discipline, en France, est depuis longtemps entrée dans les mœurs. Au masculin comme au féminin. « Cela fait longtemps que je le pratique, rappelle Elodie. Je me souviens déjà qu’au Figaro, je prenais du plaisir à sauter l’obstacle du tronc d’arbre… Et en France, beaucoup de filles qui ont fait du cross se sont essayées au steeple. » Autre élément qui permet aux Européennes, et aussi aux Françaises de tirer, pour l’heure, leur épingle de jeu : les athlètes africaines ne se sont pas vraiment converties à la discipline. Cette situation ne sera pas éternelle. Mais sur le Vieux Continent, les passeuses d’obstacles de l’équipe de France peuvent rêver tout haut dans la perspective de Göteborg. C.P.

Hors-stade : Corinne Raux : “Je vise le record de France !”
Comme chaque saison, bon an mal an, la famille du hors stade a accroché à son tableau d’honneur son lot de breloques mondiales et européennes. 2e par équipe de la Coupe du monde des 100 km chez les hommes comme chez les femmes, 3e place du Challenge Européen de la Montagne chez les masculins… La saison des marathoniens fut plus décevante. Malgré la belle performance de Corinne Raux à Paris. Corinne Raux qui a préféré se préserver, et ne pas courir à Helsinki. Entretien.

Athlé Mag : Quel regard portez-vous sur votre saison 2005 ?
Corinne Raux : J’ai couru deux marathons, dont celui de Paris, où je bats mon record personnel (2h28’47’’). J’avais été blessée l’hiver dernier, et j’étais très satisfaite par ce chrono. J’ai ensuite couru mon second marathon quasiment à domicile, au Mont-Saint-Michel, là où j’ai participé à mon premier marathon en 2003. J’ai donc gagné malgré des conditions météo difficiles. J’ai enfin décidé de ne pas aller aux Mondiaux d’Helsinki car il m’a fallu faire des choix. On ne peut pas courir trop de marathons sur une saison. Je veux avoir une longue carrière…
- Depuis vos débuts en hors-stade, votre courbe de progression est impressionnante. Quels seront vos prochains objectifs ?
- Depuis 2003, c’est vrai, je suis une courbe de progression constante. A l’automne 2005, je voulais m’aligner au marathon de Chicago mais je n’ai pas pu. J’étais en stage pendant tout le mois d’août à Font-Romeu et j’ai subi une fracture de fatigue au péroné droit, début septembre. J’ai dû faire une croix sur Chicago et m’arrêter pendant six semaines. Dommage, car j’étais très motivée. En 2006, je vais me préparer pour être compétitive aux Championnats d’Europe de Göteborg. Je participerai probablement à d’autres courses avant pour savoir où je me situe réellement… des 10 kilomètres et des semi-marathons probablement.

- Au marathon de Paris, vous n’êtes passée qu’à 20 secondes du record de France de Chantal Dallenbach. Ce temps de 2h28’28’’ est-il une obsession ?
- Non. Mais j’espère bien battre ce record le plus rapidement possible. Très honnêtement, je comptais y parvenir au marathon de Chicago. Je sais que j’ai une marge de progression, mais impossible de l’évaluer avec précision. C’est d’ailleurs ce qui fait tout le charme de l’athlétisme et du sport, ce côté mystérieux et incertain. Il y a six ans, si quelqu’un m’avait prédit que je participerai aux Jeux olympiques, je ne l’aurais pas cru. Alors, qui peut savoir ce qui se passera demain ? P.M.

Sauts / Perche : Ca pousse chez les jeunes
2005 restera peut-être comme le réveil des sauteurs français. Du moins ceux qui étaient en quête de médailles. A Helsinki, Salim Sdiri (longueur) et Karl Taillepierre (triple) se sont très sérieusement rapprochés du podium, sur lequel Eunice Barber est à nouveau montée. Mickaël Hanany, Grégory Gabella et Mélanie Skotnik ont assuré une densité certaine à la hauteur, tandis que chez les jeunes, Stevens Marie Sainte, champion d’Europe juniors de la longueur, a pris le flambeau de leader d’une nouvelle génération aussi dense que prometteuse. Damiel Dossevi et Jérôme Clavier, respectivement premier et quatrième des championnats d’Europe espoirs, assument le même statut à la perche. Une discipline qui devrait avoir de beaux jours devant elle, d’autant que Vanessa Boslak, finaliste aux Mondiaux d’Helsinki, n’a que 23 ans.
Même si les médailles ne sont pas toujours au rendez-vous, la perche française se porte bien. Il suffit de jeter un œil sur les bilans français (salle et plein air) des trois dernières années pour s’en convaincre. Depuis 2003, sept perchistes français ont en effet effacé avec plus ou moins de facilité une barre supérieure ou égale à 5,70 m : Jean Galfione, Damiel Dossevi, Romain Mesnil, Charles Andureu, Nicolas Guigon, Alexandre Barbaud et Pierre-Charles Peuf. Performance de pointe pour certains, hauteur régulière pour d’autres, cette statistique peut être interprétée de différentes manières. Elle n’en reste pas moins positive.

Emulation
« Le bilan de la saison 2005 est très bon sur le plan statistique, explique Alain Donias, CTR à Nantes et ancien référent national de la spécialité. Chez les garçons, il y a quatorze Français dans les 100 meilleurs mondiaux du bilan 2005, preuve que la perche tricolore est encore la deuxième meilleure école du monde. » L’une des meilleures performances de 2005 est pourtant à mettre à l’actif de Vanessa Boslak, avec sa huitième place (4,35 m) aux Mondiaux d’Helsinki. « 2005 a été une saison de transition, analyse le néo-retraité Jean Galfione. J’ai trouvé que beaucoup de perchistes ont enfin commencé à croire en leurs chances. Je pense notamment à Damiel Dossevi qui est allé chercher un beau titre de champion d’Europe espoirs. Il saute avec son style. Il n’est pas très académique mais il va haut ! Romain Mesnil va revenir, j’en suis persuadé. Il est maintenant papa et cela va l’aider à relativiser. Et derrière, il y a des jeunes qui poussent des coudes. Des gars comme Charles Andureu, Jérôme Clavier, Guillaume Savary, Vincent Favretto, Pierre-Charles Peuf ou encore Joël Soler. Ces jeunes vont se tirer la bourre et créer de l’émulation. C’est de bon augure… »

Objectif Göteborg
Pour enfin se décomplexer et retrouver le lustre d’antan, les perchistes français savent qu’ils seront attendus au tournant aux championnats d’Europe de Göteborg. C’est au pied du mur qu’on reconnaît, parait-il, les maçons. En 2006, la maxime pourra s’adapter à la perche. P.M.

Lancers : Le plaisir retrouvé de Nicolas Figère
Les lancers français n’ont pu compter, cette année, que sur Manuèla Montebrun pour porter leur drapeau au niveau mondial à Helsinki. Et c’est du marteau, encore, que viennent les plus belles espérances pour l’avenir, avec les beaux espoirs suscités par Stéphanie Falzon et Olivia Waldet. C’est du marteau, enfin, qu’est venue une des meilleures nouvelles de la saison, avec le retour en forme de Nicolas Figère.
Une renaissance. Comment qualifier autrement le retour en grâce de Nicolas Figère en 2005 ? A 26 ans, après plusieurs années de galères, de blessures et de doutes, le champion d’Europe espoirs de 2001 (80,88 m) semble avoir retrouvé en 2005 une partie de la plénitude de ses moyens. Ses performances sont d’ailleurs sans équivoque : champion de France avec un jet à 74,51 m à Angers, médaillé de bronze aux Jeux Méditerranéens d’Almeria. Pas mal pour un revenant. « Je garde effectivement un bon souvenir de ma saison 2005, explique-t-il d’une voix douce. C’est en avril 2005 que j’ai repris l’entraînement de façon sérieuse. Et trois mois plus tard, je lançais mon engin à 75 m. Ce qui était plutôt encourageant pour la suite. » Certes, Nicolas Figère n’a pas fini en tête du bilan 2005 – il est deuxième du bilan chez les Français avec 76,66 m, derrière Christophe Epalle (79,01 m) – mais sa constance au meilleur niveau ne trompe pas. Depuis 2003, Nicolas Figère courait en effet après son destin. Blessé en 2003 au quadriceps gauche suite à une hernie mal soignée, l’élève de Guy Guérin se fait opérer en janvier 2004. Résultat : quatre mois d’arrêt.

Chirurgie
Il revient alors rapidement mais se blesse encore, au ménisque cette fois-ci. Nouvelle intervention chirurgicale. Nouveau coup dur. « Avec le recul, j’ai accumulé de l’expérience, explique-t-il aujourd’hui. J’ai appris à mieux écouter mon corps. Mes blessures à répétition m’ont paradoxalement renforcé. Je sais où je dois aller. J’espère d’ailleurs que la saison 2006 sera celle de mon grand retour car j’ai déjà, comme beaucoup d’athlètes, les Jeux olympiques de Pékin en point de mire. » Avec Manuèla Montebrun chez les filles et des garçons comme Epalle, Pouzy ou Ciofani, le marteau reste le lancer-phare en France. Même si la densité est moins impressionnante que dans les années 2000, il existe une dynamique qui tire les jeunes vers le haut et les meilleurs vers les sommets. C’est aussi grâce à cet environnement que Nicolas Figère a su se remettre sur les rails du haut niveau. Comme disait l’autre, pourvu que ça dure.  P.M.

Epreuves combinées : Les espoirs du décathlon masculin
Bien sûr, il y a Eunice Barber, à nouveau vice-championne du monde, et Marie Collonvillé, un temps recordwoman du décathlon… Mais dans l’ombre de ces dames, les garçons s’affirment peu à peu. Le champion de France, Romain Barras, a confirmé son potentiel en s’offrant une finale mondiale. Laurent Hernu revient de blessure, et de jeunes talents poussent à la porte. De quoi nourrir quelques espoirs pour la campagne européenne de Göteborg.
«Laurent Hernu est l’athlète français le plus régulier depuis les cinq dernières années. » Jean-Yves Cochand se veut élogieux, mais réaliste : « Il a toujours atteint les finales ». Si Laurent Hernu n’avait pas connu une saison gâchée par les blessures, peut-être aurait-il pu accéder au niveau supérieur. « Il ne manque plus grand chose », juge l’intéressé.

Médailles
Et Laurent Hernu est  désormais moins seul à porter les espoirs de médailles du décathlon français. « Cela a été son problème pendant deux ou trois ans », note Jean-Yves Cochand. Romain Barras l’a rejoint au plus haut niveau. « Avec cinq décathlons à plus de 8 000 points cette année, Romain a franchi un cap », remarque son entraîneur. « C’est désormais sa performance de base : il a gagné les Jeux Méditerranéens sans préparation spécifique. » Ajoutez à cela, les espoirs qui montent, Nadir El Fassi et Mathias Cerlati et les valeurs confirmées Lionel Marceny et Nicolas Moulay... « Dix français peuvent naviguer autour des 8000 points cette année », annonce le coordonnateur.

Bon moment
Avec une telle émulation, que manque t-il à Hernu et Barras pour atteindre les podiums européens ou mondiaux ? « Les bonnes conditions, la réunion de plusieurs paramètres au bon moment. Au décathlon il n’y a que trois grosses épreuves dans l’année, donc peu d’occasions. Il leur faut plus de temps et surtout ne pas se blesser. Ils ne sont pas des hyper-doués comme Ladji Doucouré, mais ont tous deux beaucoup travaillé pour en être là. » Romain Barras en est conscient, et se montre prudent : « L’âge d’or des décathloniens se situe entre 27 et 30 ans. Or, j’ai 25 ans… On me parle déjà, ici et là, de Göteborg et des JO 2008 mais je veux absolument garder les pieds sur terre. L’objectif prioritaire est de me rapprocher du Top 5 mondial. Ensuite, on verra. » Premiers éléments de réponse en 2006. A.C.

Marche : Diniz : “ Pas loin de la vérité ”»
Il est la grande révélation de la saison, celui qui a donné l’envie à son entraîneur, Denis Langlois, de poursuivre un peu sa carrière pour voir la suite de l’aventure. Yohan Diniz est aussi un sacré bol d’air pour la marche tricolore, le seul réel sourire avec l’espoir féminin Mandy Loriou. Entre son record de France du 20 km et sa disqualification à Helsinki, Diniz est passé par toutes les émotions en 2005. Il livre ses impressions sur l’année passée et celle à venir.

Athlé Mag : Yohan Diniz, quel bilan tirez vous de cette saison ?
Je la définirais comme une saison charnière. Mes deux plus grosses performances ont été le record de France du 20 km et la 4e place en Coupe d’Europe en 3h45’. Elles m’ont permis de prendre conscience de mes possibilités. Je sais désormais où je dois aller pour devenir plus fort au niveau international.
- Vous avez plusieurs fois été disqualifié à cause d’une marche jugée non réglementaire, notamment lors des derniers championnats du Monde à Helsinki…
Je possède une démarche un peu différente de celles des autres. Du coup, les juges me repèrent immédiatement. J’espère arriver à corriger ce geste pour ne plus attirer leur attention. Je m’entraîne énormément pour ne pas sortir du lot. Je dois changer : apprendre à être plus efficace et un peu plus académique.
- Dans quels autres secteurs pouvez vous progresser ?
- Il faut que je gagne plus en amplitude, car je suis un marcheur en fréquence. Une fois que j’aurai acquis la technique, je tiendrai la clé, toute la solution. Si j’y parviens, une place de finaliste reste largement accessible à Göteborg. Après, tout peut arriver.
- Ces championnats d’Europe figurent parmi vos priorités l’année prochaine ?
- Oui, je veux atteindre la finale sur 50 km. Pour l’instant, je suis présélectionné sur cette distance. J’espère aussi réaliser un bon début de saison sur le 20 km et pourquoi pas battre le record de France. Si j’arrive à rendre un peu plus efficace ma technique, il y a des choses à faire. Cette année, je ne me sentais pas loin de la vérité.
- Comment va se passer votre collaboration avec Denis Langlois, votre entraîneur ?
- Elle continue cette saison. Il se sent encore motivé pour courir et m’entraîner. Nous allons nous retrouver sur des stages, pour marcher un peu plus souvent ensemble.  A.C.


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