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Janvier 2006

Naman Keita : « S’entraîner ensemble crée une vraie émulation entre Félix Sanchez et moi »

La vie de Naman Keita a pris un nouveau virage depuis novembre, puisqu’il s’entraîne désormais aux Etats-Unis en compagnie du Dominicain Félix Sanchez, double champion du monde et champion olympique en titre du 400 m haies. Le médaillé de bronze d’Athènes raconte.


Athle.com : Naman, vous êtes de passage en France, entre deux séjours à Los Angeles, aux Etats-Unis, où vous vous entraînez en compagnie de Félix Sanchez. Comment a commencé cette aventure ?
Naman Keita : Depuis 2003, Félix et moi, nous nous entendons vraiment très bien. Juste après les Championnats du Monde d’Helsinki, lors du meeting de Zurich, nous étions en train de discuter quand je lui ai demandé ce qu’il faisait à l’entraînement. « Seulement ça ? C’est vraiment facile ! » ai-je lancé en riant. « Tu n’as qu’à venir essayer… » m’a-t-il répondu. Tout est parti d’une rigolade, mais c’est devenu très sérieux. Du coup, je suis parti pour Los Angeles le 3 novembre, et je ne suis revenu que le 22 décembre, pour les fêtes. Et je repars mercredi 11 janvier.

- Vous vous entraînez depuis deux ans avec Hervé Stéphan, et tout marchait bien. Vous avez pris un certain risque en remettant cela en cause, non ?
- Non, car je ne remets rien en cause de ma collaboration avec Hervé. En fait, je cherchais simplement de meilleures conditions d’entraînement. Nous travaillons à distance, mon coach m’envoie des programmes que j’adapte sur place et en fonction des conditions.

- Qu’est-ce qui change vraiment, entre Paris et Los Angeles ?
- Il y a aux Etats-Unis une vraie culture pour le sport. On y respecte énormément les sportifs, qu’ils soient de haut niveau ou non.

- Et pour le sportif de haut niveau que vous êtes ?
- Tout est à proximité. Et les salles de sport et de fitness sont immenses ! On y trouve un appareil pour chaque muscle ! J’étais comme un gamin, je découvrais un autre monde. Je m’entraîne sur la piste du LA West College, une mondo souple de neuf couloirs. Aucun vent sur la stade, c’est impeccable. Et puis, la principale raison de mon départ tenait dans le climat. Sans compter que j’ai l’opportunité de m’entraîner avec Félix Sanchez, qui est tout de même un bon partenaire d’entraînement (rires) !

- Justement, comment se déroule votre collaboration ? Vous effectuez des séances ensemble ?
- Nous nous entraînons totalement ensemble depuis le 1er décembre. Auparavant, nous n’en étions pas au même stade de préparation. Il y avait un groupe d’une quinzaine de personnes avec nous au début. Mais, comme dit Félix, on se retrouve toujours nombreux à commencer la saison, mais les gens s’arrêtent petit à petit, jusqu’à ce que tu te retrouves tout seul !

- Sanchez est le meilleur hurdleur de ces cinq dernières années. Vous tenez la distance à l’entraînement ?
- Oui, mais bon, l’entraînement n’a rien à voir avec la compétition. En tout cas, cela crée une vraie émulation de pouvoir s’entraîner ensemble. Lui-même effectue, avec moi, des séances qu’il n’avait jamais faites auparavant. Cela nous fait du bien, à lui comme à moi. Quand je suis parti pour passer les fêtes en France, il m’a dit « C’est une très bonne chose : avec les conditions climatiques, tu ne pourras pas beaucoup travailler en France. Moi, je vais m’entraîner, et quand tu rentreras, je te ferai la misère ! » (rires).

- Dans quel domaine est-il le plus impressionnant ?
- Au niveau technique. Là-dessus, il n’y a vraiment rien à dire.

- Il vous donne des conseils ?
- Oui, niveau technique, il me parle à chaque séance. Cela m’a déjà permis de progresser.

- Et qu’est-ce qui l’impressionne chez vous ?
- Mon gabarit !

- Les athlètes parlent souvent entre eux, font des pronostics… A quel niveau de performance vous imagine-t-il dans le futur ?
- Il m’a dit pas mal de choses, c’est vrai… Mais je ne vais pas vous les répéter ! (rires)

- Des propos qui vous ont fait plaisir ?
- Qui m’ont fait plaisir, oui, et qui m’ont motivé…

- Quelques Français s’entraînent à Los Angeles. Vous les avez rencontrés ?
- Oui, j’ai croisé Julien Kapek, et Eunice Barber aussi, même si nous n’avons pas eu le temps de nous voir avec Eunice.

- Il paraît que vous vous entraînez très tôt…
- A 6 heures du matin ! C’est Félix qui veut s’entraîner comme ça. Moi, je m’adapte. Avec le décalage horaire, c’est facile, cela correspond à 14 heures en France. Mais je suis couché à 9 heures tous les soirs.

- Est-ce que vous avez déjà planifié votre rentrée ?
- Je ne ferai pas de saison en salle, comme chaque année d’ailleurs. Pour la saison d’été, je ne peux pas dire, c’est vraiment loin encore. Je ne ferai sans doute pas de rentrée sur 400 m haies, mais sur 400 plat. Mais je ne sais pas où encore. Il faut que je regarde le calendrier.
- Qu’est-ce qui vous manque de la France, quand vous êtes aux Etats-Unis ?
- Vous savez, quand je pars en stage pour une longue durée, j’essaie de ne pas penser à la France. Sinon, je deviens nostalgique et je compte les jours sur le calendrier…

Propos recueillis par Cyril Pocréaux pour Athle.com

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