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Jeudi 29 Juin

Les Bleus rois d'Europe

Au terme d’un final incroyable, les athlètes français ont remporté pour la deuxième fois la Coupe d’Europe des Nations, juste devant la Russie. Les filles, elles, échouent à nouveau d’un rien au pied du podium, complétant un très beau résultat d’ensemble pour le camp français en terre d’Espagne. Récit.

C’est le final le plus inattendu qui soit qui a offert à la France, trois ans après la grande première de Florence, la seconde victoire de son histoire dans la Coupe d’Europe des Nations. Comme en Italie, ce sont les hommes qui se sont imposés, laissant aux féminines le regret d’un podium qui leur a échappé pour une poignée de centièmes sur le relais 4x400 m. Et pourtant, avant cette dernière épreuve, il aurait été bien imprudent de parier le moindre peso sur la capacité des Bleus à remonter six points à une impressionnante équipe de Russie, qui la devançait de cinq longueurs au classement. Mais il faut croire que par les temps qui courent, l’Espagne réussit bien à la France. A l’heure de la dernière joute, Leslie Djhone, Brice Panel, Naman Keita et Marc Raquil, dans cet ordre, n’avaient qu’une idée en tête : remporter leur 4x400 m. Ce qu’ils firent avec une autorité qui prouvait la maturité de ce quatuor dont quatre des membres ont été, faut-il le rappeler, champions du monde de la spécialité, le jeune Panel n’ayant rien à leur envier en terme de volonté. Reste que pour espérer la victoire au classement, il fallait forcément envisager une défaillance russe. De fait, les ex-soviétiques sortaient du premier passage de témoin avec un énorme retard sur les autres équipes. C’en était fait, déjà, de leurs chances, tandis que, devant, les Bleus volaient avec Marc Raquil. Premier France, 118 points, deuxième Russie, 116. Les Britanniques, sauvés de la relégation sur tapis vert l’an passé (la piste de Malaga pouvant accueillir neuf équipes) complétaient le podium en troisième position.

Quelques instants plus tôt, les collègues féminines des futurs vainqueurs avaient connu un sort contraire. A égalité de points avec l’Ukraine avant le départ, elles savaient qu’il n’y aurait qu’un fauteuil pour deux à la troisième place. Le corps à corps fut plus beau encore qu’on ne l’imaginait. Du premier au dernier mètre, les Françaises et leur rivales ne se lâchèrent pas d’un pouce, en 5e et 6e positions. Le mano à mano ira même jusqu’à une bousculade confuse entre les deux équipes sur le deuxième passage de témoin, alors que les Bleues avaient pris une légère avance. A l’arrivée, après avoir mené 400 m durant, Phara Anacharsis ne cédait que pour sept centièmes devant son adversaire jaune et bleu. Soit un point sur le papier, et une quatrième place, exactement dans les mêmes conditions que l’an passé, au pied du podium (derrière la Russie, 155 points, la Pologne, 111,5, et l’Ukraine) après une belle remontée lors de la deuxième journée. Ces demoiselles ne seront donc pas de la Coupe du Monde d’Athènes les 16 et 17 septembre prochains, contrairement aux hommes, dans les deux premières places qualificatives. C’est sans doute secondaire au vu de l’état d’esprit à nouveau affiché par l’équipe de France dans sa globalité.

Pour en arriver à ce finish haletant, il avait fallu en passer par une irrésistible remontée au classement pour les garçons. Sixièmes la veille après le raté du 4x100 m, ils savaient ne plus avoir droit à l’erreur. Cela tombe bien, personne n’en a commis. A commencer par les vainqueurs du jour. A la perche, Romain Mesnil sortait gagnant à 5,70 m de sa partie de poker avec l’Italien Gibilisco, champion du monde 2003 et médaillé de bronze olympique à Athènes. Et Ladji Doucouré assurait la victoire sur 110 m haies (13’’27, -1,5m/s). Suivaient une ribambelle de places d’honneur, de Le Dauphin (intelligent second sur 3000 m steeple) à Maazouzi (3e d’un 3000 m très tactique) en passant par Kapek (3e au triple saut après s’être bien repris), Lacasse (3e sur 800 m) ou Pognon (2e dans la foulée de Malcolm). Même les lanceurs Retel au disque et Demerval au javelot ramenaient plus de poids que les prévisions ! Du côté des filles, on avait noté, avant le final que l’on sait, les sorties prometteuses de Barber (2e avec 6,61 m), d’Essarokh (2e d’un 1500 m très tactique), ou de Lamalle (3e en12’’90 sur 100 m haies malgré un départ hésitant).

Mais les Bleus ne se souciaient déjà plus guère des résultats individuels. Comme chaque fois qu’une équipe de France se distingue (et la tendance s’est furieusement renforcée avec l’avènement de la nouvelle génération), une douce euphorie et un joyeux bazar s’emparait de la piste au moment des podiums. Chantant à tue-tête sur la plus haute marche, les garçons étaient bientôt rejoints par les filles qui, pas abattues pour un sou, entamaient derechef un french can-can ! Ladji Doucouré, celui-là même qui quelques heures auparavant se plaignait de son dos trop cambré après sa course, enchaînait les roulades de judoka sur le tartan. Le DTN Franck Chevallier, qui cherchait à raison garder, devisait sagement en expliquant « qu’en équipe de France, les absents ont toujours tort », faisant écho aux nombreuses défections qu’avait eu à endurer l’équipe. Mais à peine avait-il fait état de son soulagement d’avoir échappé aux affres du bain forcé dans la rivière de steeple qu’il se retrouvait la tête dans l’eau en compagnie de son adjoint Bertrand Hozé. Et Kapek et Zoubaa de courser, pour lui infliger un sort très probablement semblable, un Stéphane Diagana sortant de sa cabine télé, et qui a dû regretter sur le coup d’avoir abandonné les séances de vitesse.

La nuit promettait d’être longue. Après la fête, les Bleus pourront se pencher sur leur passé récent pour vérifier qu’après leur victoire florentine en 2003, ils avaient battu tous leurs records de médailles lors des Mondiaux parisiens. Ils sauront, alors, ce qu’il leur reste à faire à Göteborg, du 7 au 13 août, pour les Championnats d’Europe.

A Malaga (Espagne), Cyril Pocréaux pour athle.com





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