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Le fait du jour - dimanche 13 août

Mesnil, enfin !
Cinq ans, c’est long. Surtout quand on vous répète, année après année, que vous n’êtes pas à votre place. La dernière médaille internationale de Romain Mesnil remontait, avant cette pluvieuse après-midi suédoise, au mois de mars 2001.

Dans la grande salle omnisport du port de Lisbonne, l’Albigeois était monté sur son premier podium international en décrochant la médaille de bronze des Championnats du Monde indoor.
Depuis ? Plus rien, au regard de son potentiel. Une année 2002 où il « n’y était pas », puis deux autres, 2003 et 2004, où il passait tristement à côté des grands rendez-vous. Vous continuez avec une saison 2005 amputée par une blessure et une opération, au terme de laquelle il n’était pas retenu pour disputer les Mondiaux d’Helsinki, et vous arrivez en 2006. Entre-temps ? Un mariage, la naissance d’une petite fille, une vie professionnelle repensée. La stabilité, diront certains. Mais difficile de dire que Mesnil an ait jamais manqué. Non, son péché mignon, c’est peut-être avant tout « sa trop grande gentillesse, qui l’empêche d’attaquer les concours avec la hargne qu’il faut, et qui lui a peut-être coûté quelques podiums dans le passé ». Le propos est de Georges Martins, son entraîneur. S’il n’est sans doute pas dénué de bon sens, c’est surtout grâce à de subtils choix tactiques que Mesnil a enfin conquis sa première médaille en plein air. Un concours entamé à 5,50 m, avant de laisser le gros des troupes (une vingtaine d’athlètes avait été invités en finale, suite à des qualifications interrompues par la pluie) se bousculer sous une pluie naissante autour de 5,60 m. A cet instant, Romain a demandé une double impasse à 5,60 et 5,65 m. « Mais quand j’ai vu l’hécatombe à 5,60 m, j’ai décidé de passer 5,65 m. » Bien lui en prit, puisque cette hauteur allait lui assurer finalement la médaille. Mais pas question pour lui de se contenter de l’argent…

Dès son premier échec à 5,70, une barre que l’Israëlien Averbukh avait passé à la première tentative, Romain réservait ses deux dernières cartouches pour 5,75 m. « En serrant un peu les fesses, car d’autres athlètes n’avaient pas encore sauté à 5,70 m. Mais j’avais remarqué qu’ils n’étaient pas du niveau des premiers. » Bien vu. Leurs poursuivants s’étant cassé le nez, il n’y avait guère plus que le Français et l’Allemand Lobinger pour venir contester la suprématie d’Averbukh. Aucun n’y parviendra, au point que les deux hommes en finissaient à égalité. Romain Mesnil pouvait savourer sa médaille d’argent. Mais n’allez pas lui dire qu’elle servira de déclic. « Si je l’ai gagnée, c’est que le déclic avait déjà eu lieu » lançait-il en toute logique à la presse. Pas plus qu’il ne fallait s’étonner de sa joie contenue. « Je ne suis pas champion d’Europe, et je n’ai passé que 5,65 m… Je n’allais pas faire le tour du stade ! » Ainsi va Romain Mesnil, logique, raisonné, pondéré en toute chose. Et désormais membre à part entière du club des médaillés dans un grand championnat.

Cyril Pocréaux pour athle.com













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