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numéro 502 - Août 2007

Championnats de france Cadets, Juniors, Espoirs

La relève de l’athlétisme avait rendez-vous à Narbonne, du 27 au 29 juillet pour les championnats de France cadets, juniors et espoirs. Trois jours d’émotions, de performances et de chaleur. Au final, un cru plutôt prometteur. Par Auriana Beauté à narbonne - photos : c. kaldor / photoathle.org

Forte densité d’athlètes de haut niveau. Voilà qui résume au mieux, en une courte formule, les trois journées des championnats de France jeunes. Aucun record de France n’a été battu, mais le niveau général s’est révélé à la hausse, certainement supérieur aux éditions précédentes. Olivier Belloc, le directeur du département « Destination Athlé 2012 » à la FFA, n’y voit aucune surprise. « Plus de deux cents jeunes avaient réalisé les minima pour la sélection aux championnats d’Europe juniors ou espoirs, explique-t-il. Nous nous attendions donc à un niveau global plus élevé que la moyenne. »
Autre tendance : les concours ont souvent su se montrer à la hauteur des courses. Dans les sauts, principalement. Le doublé historique aux championnats d’Europe juniors de Manuela Galtier et Eloyse Lesueur à la longueur, complété par le sacre d’Olivier Huet dans la même discipline, avait donné le ton. À Narbonne, la victoire de Marion Buisson à la perche, créditée d’un bond à 4,25 m, synonyme de titre national junior et de sélection pour les Universiades de Bangkok, a encore forcé le trait. Mais les lancers ont semblé un peu à la traîne. La conséquence, sans doute, des conditions difficiles, la plupart des épreuves se déroulant en dehors du stade, où les athlètes ont eu à affronter une tramontane bien établie.

UN ATHLÈTE, UNE ÉPREUVE
Sur la piste, les talents se sont bousculés, jusqu’à risquer l’engorgement. Sur 400 m, par exemple, le vainqueur junior de la finale B, Jason Pointeau, réalise un temps de 48”41, inférieur aux minima requis pour les championnats d’Europe juniors.
Seule ombre au tableau : la compétition a été marquée par une recrudescence d’athlètes doublant, voir triplant, les épreuves. Un goût pour la multiplication très en vogue chez les juniors. Et visiblement peu apprécié des techniciens fédéraux. « Vouloir multiplier les titres n’est pas du tout dans l’esprit des championnats de France jeunes, confie Olivier Belloc. L’objectif de cette rencontre est de donner l’accès au niveau national à un maximum de jeunes. Ceux qui doublent prennent automatiquement la place d’un autre et supportent des charges de travail incompatibles avec leur âge. C’est la raison pour laquelle la DTN a décidé d’interdire la participation des juniors aux championnats de France Élite. Nous voulons qu’ils apprennent à se battre pour la victoire, et non qu’ils s’habituent à accepter la défaite. »
Un message que cette jeunesse talentueuse, avide de performances, saura sûrement entendre.

Bérengère Dautreme, la performance modeste
Bérengère Dautreme, 17 ans à peine, s’exprime avec calme et douceur. Discrète par nature, elle manifeste sa force de caractère sur la piste. À Narbonne, elle a bouclé sa série du 320 m haies en 46’’88. Meilleure performance cadette de l’année et nouveau record personnel.
Quand avez-vous commencé l’athlétisme ?
Assez tardivement. Je suis issue d’une famille pas trop sportive. En réalité, c’est mon professeur d’EPS qui m’a poussée à m’inscrire dans un club d’athlétisme. Comme ça me plaisait bien, j’ai pris une licence à l’Entente Mt St-Aignan Maromme, en septembre 2005.
Qu’avez-vous ressenti à l’annonce de votre performance, 46”88 au 320 m haies ?
Je n’y croyais pas. Ca ne fait que deux ans que je pratique l’athlétisme, je pense avoir encore beaucoup de choses à prouver. D’autant plus que je ne m’entraîne pas tant que ça. Deux à trois fois par semaine en fonction de mon emploi du temps.
Quels sont désormais vos projets d’athlète ?
Mon objectif est de faire le mieux possible, à chaque instant. La fameuse règle des trois P : Plaisir, Progression et Performance. C’est vrai que j’aimerais poursuivre ce chemin qui me mène vers le haut niveau. Mais il faut garder les pieds sur terre. Je n’envisage pas de vivre du sport, c’est trop aléatoire. J’aimerais, tant que je peux, combiner mes études et l’athlé. Mais il va me falloir beaucoup de volonté et de sacrifices : je me destine à la médecine. Alors, qui courra verra !

Christophe Lemaitre, une âme de conquérant
Jeune homme élancé de 17 ans au regard jovial bleu azur, Christophe Lemaitre s’avère être un des meilleurs espoirs français en sprint. Portrait du nouveau champion de France cadet du 100 m.
Né en 1990 à Annecy, Christophe Lemaitre découvre l’athlétisme au collège. « Les profs me répétaient sans cesse que j’étais très rapide », s’amuse-t-il. Sur les conseils de son professeur d’EPS, il intègre l’ASA (le club d’athlétisme d’Aix-les-Bains) en 2005. Immédiatement repéré, il est placé sous l’aile de Willy Beaufour et Pierre Carraz, entraîneurs du sprint. En 2e année de BEP électrotechnique, l’adolescent vit chez ses parents et s’entraîne trois fois par semaine. « À peu près six heures hebdomadaires, explique-t-il. Pour préparer ce championnat, nous avons surtout travaillé les accélérations sur 60 mètres et fignolé la technique de course. » Ses loisirs ? « Rester entre copains. J’aime faire la part des choses dans la vie, continue-t-il. Quand ça ne va pas en compétition, mes amis me remontent le moral. » Dans sa famille, le petit cadet est au centre des préoccupations : parents bénévoles au club et grands frères attentionnés. « Ils m’ont appris ma “phrase guide” : toute conquête commence par la chancedu débutant et finit par l’épreuve du conquérant », récite le jeune champion avec application. Amer d’être resté au pied du podium des Mondiaux cadets (4e au 100 m, 5e au 200 m), plus tôt dans l’été, le sprinter a attaqué ces championnats de France avec la rage au coeur. « En série, je bats mon record personnel au 100 m en 10”53 », clame-t-il. Mais les demi-finales entament son intégrité physique. Et dès les premières foulées de la finale, son visage se crispe de douleur. « J’ai senti un craquement dans la cuisse, explique-t-il. Mais si le corps lâchait, mentalement il fallait absolument que j’aille chercher le titre ». C’est donc presque sur une jambe que Christophe Lemaitre termine son 100 m, en 10”75. Un vrai combat de champion de France.


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