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Samedi 7 Mars

Tahri, un argent qui vaut de l’or

Bouabdellah Tahri a décroché à Turin la troisième médaille tricolore de ces Championnats d’Europe en salle. La couleur ? L’argent, comme en 2007 à Birmingham. Mais avec aucun regret cette fois puisque le Tricolore (7’42’’14) a réalisé une superbe course en s’accrochant le plus longtemps possible à la foulée de l’élégant britannique Mo Farah, vainqueur en 7’40’’17. Grosse déception en revanche pour Karl Taillepierre, 4e au triple saut avec un nouveau record personnel en salle (17,12 m). Avec trois médailles, l’équipe de France n’est plus qu’à une unité de son total anglais d’il y a deux ans. Les perchistes Romain Mesnil et Renaud Lavillenie, Kafetien Gomis à la longueur, Yves Niaré au poids ou encore Yoann Kowal sur 1500 m, tous en finale demain, tenteront de l’améliorer.

On lui a tellement souvent reproché son manque d’audace lors des grandes finales. Mais, aujourd’hui, Bouabdellah Tahri n’a surtout pas à rougir de sa médaille d’argent sur 3000 m. Il a pris ses responsabilités et suivi tant qu’il a pu le Britannique Mo Farah. En bref, il a tout donné pour finalement être battu par plus fort que lui. Et tout athlète de haut niveau vous le confirmera : quand les regrets n’ont pas leur place, une course ou un concours est toujours réussi. A l’arrivée, le Français s’est offert un tour d’honneur avant de raconter, la flamme de la joie et du devoir accompli au fond des yeux, sa course et sa fierté d’enrichir son palmarès. Et, aussi, d’offrir à son entraîneur et à ses proches une médaille pour récompense de leur investissement à ses côtés. Quel contraste avec ses deux précédents podiums au niveau européen, en bronze en 2006 à Göteborg et, déjà en salle et en argent, à Birmingham en 2007. En Suède et en Grande-Bretagne, le steepleur avait été devancé par d’illustres inconnus l’ayant piégé sur le plan tactique. Aujourd’hui, le vainqueur n’est autre que le meilleur performeur mondial de l’année en salle sur 3000 m et un candidat crédible à une médaille mondiale cet été. Les deux hommes se connaissent d’ailleurs très bien puisqu’ils sont partis ensemble en stage, du côté de l’Ethiopie, en fin d’année dernière. Là-bas, Mo Farah menait la plupart des séances longues et le Français revenait immanquablement sur ses talons, voire le dépassait, lors des dernières séries. Le Britannique, dont les qualités de finisseur ne sont pas encore à la hauteur de son foncier, a donc décidé de dynamiter la course dès le départ, bien aidé par ses deux compatriotes britanniques qui l’ont tiré sur environ un kilomètre. Puis il a lui-même assuré le train pour finalement créer un petit trou à deux tours de l’arrivée. La série beaucoup plus lente du demi-fondeur d’Outre-Manche lui a sans doute permis de se présenter plus frais que Tahri à l’attaque de la finale. La preuve que l’enchaînement série et finale en vingt-quatre heures est un paramètre à toujours prendre en compte en demi-fond.
Yoann Kowal saura s’en rappeler. Le jeune Français, actuellement en très grande forme et qualifié pour la finale du 1500 m, devra la jouer fine demain. Aujourd’hui, en série, il a frisé la correctionnelle. Très à l’aise et semblant contrôler la situation dans le dernier virage, il a pris le risque de tenter de doubler un adversaire à la corde. Mais le trou était trop petit et s’est vite refermé. Bousculé, le Français a alors dû effectuer quelques foulées en dehors de la piste avant de relancer miraculeusement dans les derniers mètres pour aller chercher en 3’41’’58 la troisième place directement qualificative pour la finale. En revanche, l’aventure s’est arrêtée là pour Guillaume Eraud. Un peu juste et manquant de rythme, le miler de Franconville n’a pas à rougir de sa 5e place en série en 3’43’’67.

La détresse de Taillepierre
Il n’y a rien de plus cruel qu’une quatrième place. Karl Taillepierre l’a appris à ses dépens. Malgré un concours très régulier et un nouveau record personnel avec 17,12 m, le compagnon de Patricia Girard a échoué au pied du podium au triple saut. Après deux premiers essais mordus, il avait pourtant enchaîné quatre sauts à 16,80 m et plus. Une régularité qui n’a pas été payante puisque le Russe Igor Spasovkhodskiy a atterri trois centimètres plus loin dans le sable turinois. Deuxième avec 17,25 m, l’Ukrainien Viktor Yastrebov a, lui, dû abandonner la victoire à l’Italien Fabrizio Donato. Ce dernier a réveillé un public italien un brin endormi en réalisant un formidable triple bond tout en puissance à 17,59 m. Une marque synonyme de meilleur performance mondial, de record personnel, de record national et de record des Championnats ! La joie de Donato contrastait avec la détresse de Taillepierre, qui est longtemps resté prostré sur la piste avant de quitter le stade sans s’exprimer devant les journalistes. Autre Français sans doute déçu, mais à beaucoup plus longue distance, le sprinteur Ronald Pognon. L’élève de Pierre-Jean Vazel s’est vu chiper son record d’Europe du 60 m (6’’45) par le Britannique Dwain Chambers, auteur d’un impressionnant 6’’42 en demi-finale. La performance de ces Championnats d’Europe pour l’instant.
Sur 60 m justement, Ayodélé Ikuesan et Christophe Lemaitre ont tous deux été éliminés au stade des demi-finales. Dommage car, au vu des chronos réalisés par leurs adversaires, un ticket en finale n’avait rien d’utopique. Mais aux mêmes causes les mêmes effets. Les deux Français ont eu du mal à sortir des starting-blocks. Et n’ont jamais pu revenir sur leurs concurrents sur une distance où une mise en action poussive ne pardonne jamais.

Enfin une finale pour Niaré
Dans la matinée, Kafetien Gomis à la longueur et les deux perchistes Romain Mesnil et Renaud Lavillenie avaient brillamment obtenu leur billet pour leur finale respective. Le premier, après un aller-retour express à son hôtel pour cause d’oubli d’accréditation dans sa chambre, avait fait honneur à sa réputation d’homme du dernier essai. Eliminé avant sa troisième tentative, le Lillois allait en effet sortir un saut plein de rage à 7,99 m. De quoi s’offrir la cinquième place des qualifications. Mais aussi éjecter son compatriote Salim Sdiri (7,91 m) du top 8, qui allait finalement rétrograder à la dixième place. A la perche, les Tricolores ont en revanche réussi un magnifique 100 % de réussite en prenant, s’il vous plaît, les deux premières places de leur concours de qualification avec 5,70 m. Avec, à la clé, un sans-faute pour Lavillenie et un seul échec pour Mesnil. En finale, ils auront tous les deux une très belle carte à jouer, dans une épreuve très dense mais sans grand favori. Même ambition pour Yves Niaré qui participera après huit ans d’attente à sa première finale internationale au lancer du poids. Avec le septième meilleur jet des qualifications (19,76 m), celui qui se surnomme lui-même le « nounours d’Issy-les-Moulineaux » se présentera demain avec la troisième meilleure performance de la saison des engagés. Un podium français au poids n’est pas qu’un doux rêve. Surtout que le recordman de France de la spécialité a avoué en avoir gardé un peu dans le poignet… Quant aux heptathloniens, après quatre épreuves, ils sont lancés sur de bonnes bases. Franck Logel occupe la neuvième place provisoire avec 3260 points. Gaël Quérin est un peu plus loin, 13e avec 3158 points. Le premier nommé a fini la journée épuisé. Une bonne nuit de repos l’attend. Avant de repartir au combat à 9h 15 demain matin avec le 60 m haies. Courage !

A Turin, Florian Gaudin-Winer pour athle.com

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