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Dimanche 8 Mars

Le tour de magie de Lavillenie

Avec trois nouvelles médailles, l’équipe de France a conclu de superbe manière ces Championnats d’Europe en salle à Turin. Renaud Lavillenie, 22 ans, a remporté le concours du saut à la perche avec 5,81 m et une vista de grand champion. Avec l’argent d’Yves Niaré au lancer du poids (20,42 m), un podium qui entre dans l’histoire des lancers français, et le bronze de Yoann Kowal sur 1500 m (3’44’’75), les Tricolores ont montré qu’ils avaient de la ressource. Et repartent avec six médailles dont deux d’or d’Italie.

Renaud Lavillenie avait-il fait un sort à la barre aujourd’hui ? Le Cognaçais, passionné de voltige à cheval, a en effet réussi un incroyable tour de magie dans l’Oval Lingotto de Turin. Il est champion d’Europe en salle du saut à la perche à seulement 22 ans, pour sa deuxième année seulement au très haut niveau. Une performance réalisée grâce à quatre sauts consécutifs réussis jusqu’à 5,81 m compris, après déjà un sans-faute en qualification hier. Mais aussi grâce à une insolente réussite, celle des grands champions. A 5,76 m et 5,81 m, le Français a, en effet,  touché la barre lors de l’esquive. Neuf fois sur dix, cette dernière serait tombée. Aujourd’hui, elle avait décidé de rebondir de dix bons centimètres sur les taquets. Pour finalement réatterrir miraculeusement sur ces derniers avant de trembler pendant d’interminables secondes. L’élève de Damien Inocencio à Clermont-Ferrand l’a lui-même souligné, il avait aujourd’hui les dieux du saut à la perche avec lui. Il serait bien sûr très réducteur de réduire son exploit à ce coup de pouce du destin. Le Tricolore a géré son concours avec une assurance de vieux briscard. Plus rapide que jamais, il a fait de sa course d’élan une marque de fabrique. Et prouvé qu’il faudrait, forcément, compter sur lui cet été. Romain Mesnil tirait à l’issue du concours son chapeau au nouveau champion d’Europe. Septième avec 5,61 m, il regrettait amèrement son dernier échec à 5,81 m pour une petite faute de réglages.

On parlait un peu plus haut de miracle. Difficile de ne pas utiliser le même substantif pour décrire la formidable médaille d’argent d’Yves Niaré, la première en championnat international au lancer du poids depuis 28 ans et la 2e place de Luc Viudes à Grenoble, déjà aux Europe indoor. Avec un jet à 20,42 m au dernier essai, le « nounours » d’Issy-les-Moulineaux a enfin su saisir sa chance dans un concours très dense et remporté par le Polonais Tomasz Majewski avec 21,02 m, l’Allemand Ralf Bartels complétant ce podium royal avec 20,39 m. Très régulier, Niaré voit dans sa médaille la concrétisation de sa prise de risque avec le passage au lancer en rotation il y a quelques années. Et imagine déjà des lendemains qui chantent pour le lancer du poids français, qui n’avait pas été à pareille fête depuis très longtemps.

L’avenir, Yoann Kowal l’a devant lui. Comme Mehdi Baala à Gand en 2000, le Français a décroché sa première médaille internationale chez les seniors aux Championnats d’Europe en salle. Et, comme son illustre prédécesseur neuf ans plus tôt, elle est en bronze. Le Périgourdin n’était pas forcément très attendu après les séries, où il avait frisé la correctionnelle. Mais, malgré une erreur tactique, il avait réussi à s’en sortir au prix d’un violent effort dans les vingt derniers mètres démontrant son état de forme. Aujourd’hui, il a bien joué le coup, restant longtemps sagement à la corde. Il a attendu le dernier moment pour porter son effort à deux cents mètres de l’arrivée. Une stratégie récompensée par une superbe médaille de bronze en 3’44’’75 après un finish tout en fréquence.
Kafetien Gomis a failli se couvrir du même métal. Le sauteur en longueur à l’éternel sourire a malheureusement échoué au pied du podium. A l’image de Karl Taillepierre hier au triple saut, il a amélioré son record personnel en réalisant un saut à 8,12 m au troisième essai. Mais ça n’a pas été suffisant dans un concours de très haut niveau, marqué par l’incroyable record d’Europe en salle de l’Allemand Sebastian Bayer avec 8,71 m, qui possédait avant la finale turinoise un record personnel à 8,17 m en plein air. Le Lillois n’est qu’à six centimètres de la troisième place. Un cruel remake puisque, deux ans plus tôt à Birmingham, il avait déjà pris la quatrième place des Championnats d’Europe en salle.

Beaucoup moins de regrets pour les triples sauteuses Térésa Nzola Meso Ba, 5e avec 14,31 m, et Amy Zongo, 7e avec 13,86 m. Les deux Françaises ont fait une belle compétition et ont tracé de beaux jalons pour l’été. Même constat pour les heptathloniens Franck Logel, 7e avec 5926 points, et Gaël Quérin, 8e avec 5886 points (nouveau record de France espoirs), après un doublé plein de panache sur 1000 m. Quant au relais 4 x 400 m hommes, il a terminé à la sixième et dernière place de la finale en 3’11’’27. Yoann Décimus, Nicolas Fillon, Yannick Fonsat et Brice Panel n’ont pas pu défendre à 100 % leurs chances puisque les deux derniers nommés étaient diminués par une blessure.
Avec trois médailles, une de chaque métal, pour cette dernière journée de compétition, l’équipe de France repart de Turin avec six podiums, record personnel égalé à l’extérieur pour des Championnats d’Europe en salle. « Pour mon dernier bilan en tant que directeur technique national, les résultats sont satisfaisants, juge Franck Chevallier. Je tiens à souligner le travail des coaches. L’équipe de France progresse mais il faut encore travailler. Ce que je veux retenir avant tout de cette compétition, c’est le bon état d’esprit des Bleus. Quand Renaud (Lavillenie) est monté sur plus haute marche du podium, tous nos athlètes ont entonné La Marseillaise. » La page pékinoise est définitivement tournée.

A Turin, Florian Gaudin-Winer pour athle.com





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