MES ACCÈS

Dimanche 21 Juin : Lavillenie n’a pas suffi

Malgré les incroyables 6,01 m de Renaud Lavillenie, l’équipe de France a échoué au pied du podium de la première édition des Championnats d’Europe par équipes. Quatrièmes derrière, dans l’ordre, l’Allemagne, la Russie et la Grande-Bretagne, les Bleus n’ont pas démérité mais se sont fait dépasser sur le fil par les Britanniques. A deux mois des Championnats du monde de Berlin, les promesses ne manquent pas.

Avec lui, tout semble si facile. Même passer une barre placée à 6,01 m au terme d’un concours interminable de plus de 3 h et avec « un saut techniquement moche », comme il le jugera en riant quelques minutes plus tard. Même écrire un morceau de l’histoire de l’athlétisme hexagonal en battant le record de France et en devenant le deuxième Tricolore à franchir la barre mythique des 6 m après son idole Jean Galfione. Même entrer dans le top 10 (9e ex aequo salle et plein air confondus) des meilleurs perchistes de tous les temps. Renaud Lavillenie, 1,77 m sous la toise, est un grand.
Le jeunot de 22 ans vient de franchir à sa deuxième tentative 6,01 m. Lui qui aime tant ces centièmes de pur bonheur lorsque, la barre effacée, on reste suspendu dans les airs, savoure ce moment d’éternité. Il retombe sur le tapis et se relève immédiatement, bras au ciel. Il exulte, pense à son père, à son coach, à sa copine, à tous ceux qui n’ont jamais cessé de le soutenir. Il est surpris. Un peu, pas beaucoup. Comme il l’expliquait il y a moins d’une semaine, le perchiste du Cognac AC sentait qu’il avait cette performance dans les jambes. Mais, avec un concours particulièrement long, il commençait à ressentir de la fatigue. Comme en témoignait ses difficultés à effacer 5,80 m, une barre franchie au troisième essai. L’élimination de l’Allemand Malte Morh à 5,75 m le libérait. Sur sa première tentative à 6,01 m, le coup passait tout près. La deuxième, elle, était nette et sans bavure. Culotté, le surdoué Français demandait 6,10 m et était tout sauf ridicule sur son unique saut à cette hauteur. Le plus incroyable avec Lavillenie, c’est qu’on ne lui voit toujours aucune limite…

Cohésion d’équipe
Cet exploit majuscule n’a pourtant pas suffi pour permettre à l’équipe de France de monter sur le podium. Longtemps en tête hier, presque toujours dans le top 3 aujourd’hui, elle s’est fait coiffer logiquement sur le poteau par des Britanniques impériaux sur 4 x 400 m chez les hommes. Pour Yannick Fonsat, Teddy Venel, Mame-Ibra Anne et Nicolas Fillon, le contrat était simple. Il ne fallait pas finir plus d’une place derrière la perfide Albion. 5e en 3’05’’43, ils ont terminé bien loin des Britanniques (1er en 3’00’’82) mais n’ont rien à se reprocher. Au classement final, l’Allemagne, qui se prépare à briller pour ces Mondiaux à domicile en août, l’a facilement emporté avec 326,5 points devant la Russie (320 pts) et donc la Grande-Bretagne (303 pts). Les Bleus, avec 301 points, sont au pied du podium. Un résultat forcément un peu frustrant mais supérieur aux prévisions qui les plaçaient autour de la cinquième place. Privés de nombreuses têtes d’affiche (Mehdi Baala, Mélanie Skotnik, Bouabdellah Tahri, Teddy Tamgho, Mahiedine Mekhissi-Benabbad et Leslie Djhone), ils ont affiché un état d’esprit irréprochable tout au long du week-end. « Les athlètes ont joué le jeu, apprécie Ghani Yalouz, le directeur technique national. Ils se sont vraiment investis. Je retiens la cohésion d’équipe. Cette compétition nous a permis d’identifier les forts potentiels olympiques, ceux qui ont tout donné sans se poser de questions. »
Ghani Yalouz fait notamment référence au très bon comportement de Martial Mbandjock. Remplaçant au pied levé de Christophe Lemaitre sur 200 m, victime d’une pubalgie, l’exilé américain s’est  bien battu pour arracher une belle troisième place en 20’’67 malgré la fatigue avec un 100 m et un 4 x 100 m courus hier. Troisième, c’est également le classement de l’éternelle Laurence Manfredi, comme toujours combative et qui a fait honneur à sa quarante-cinquième sélection en équipe de France avec un jet à 18,16 m, à seulement quatre petits centimètres des minima B pour Berlin. Les potentiels leaders aujourd’hui un peu en retrait (Ladji Doucouré, 4e  du 110 m haies en 13’’65, et Muriel Hurtis-Houairi, 4e du 200 m en 23’’53) ont été bien relayés par de nouveaux visages sans complexes, à l’image de Jeff Lastennet, 3e du 800 m en 1’48’’29 après une course de patron, ou de Sandra Gomis, qui a égalé en 13’’13 son record personnel malgré une vilaine faute à mi-course. Le tournant pour les Bleus aura sans doute été l’élimination de Morhad Amdouni, dernier du 3000 m en vertu des nouvelles règles de cette Coupe d’Europe par équipes. Alors que Vincent Zouaoui-Dandrieux (très bon 2e du 3000 m steeple en 8’32’’05) et Christelle Daunay (6e du 5000 m en 15’51’’47) ont bien géré le système des éliminations en cours de course, le jeune corse n’a pas su s’extirper de la dernière place à 1000 m de l’arrivée. Resté à la corde, il s’est heurté à un peloton compact et qui ralentissait au moment où il a voulu relancer pour remonter en tête de course. Il aura forcément beaucoup appris, tout comme ses jeunes coéquipiers. A deux mois des Mondiaux de Berlin, l’équipe de France a prouvé qu’elle ne manquait pas de réserves. Et s’est sans doute trouvé un nouveau chef de file, aussi simple que talentueux, en la personne de Renaud Lavillenie.

A Leiria, Florian Gaudin-Winer pour athle.com

INFORMATIONSFORMATIONCOMMUNAUTÉBASES DE DONNÉESMÉDICALBOUTIQUE
NOS PARTENAIRES
CONDITIONS D'UTILISATION MENTIONS LÉGALES CONTACTS