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Samedi 25 Juillet : Touré seule au rendez-vous

Yariatou Touré amène une nouvelle médaille de bronze à la France aux 100m haies. Malgré les nombreuses opportunités que s’étaient offerts les garçons de la rejoindre sur les tablettes, notamment aux 110m haies, 1500m et 5000m, elle restera la seule à monter sur le podium. Lisez notre petite chronique des occasions manquées…

Le soir tombe sur Novi Sad. Les spotlights de la tribune attirent les bestioles volantes autour des journalistes tandis qu’un petit groupe de fervents acclame encore les deux Allemands de service (A. Hofmann avec 75m89 et T. Wöchsler avec 73m66) finissant d’éclater un concours du javelot qui se prolonge à la fraîche. Ils peuvent être en forme les supporters allemands ! Avec douze médailles, neuf finales et quatre titres, la Meinschaft tient la dragée haute à l’Ours russe (14 médailles, 11 finales, 6 titres). Ils sont deuxième devant les cinq médailles, dont trois en or, de l’Azerbaïdjan. À lui tout seul, le sprinteur vedette de la délégation azérie, Ramil Guliyev, a ramené l’argent du 100m et l’or du 200m. Son coureur d’origine éthiopienne, Hayle Ibrahimov, a fait mieux avec le doublé 5000m et 10000m… Et l’un comme l’autre font mieux, pour l’instant, que le résultat français d’ensemble : l’or de Lemaitre au 100m et, aujourd’hui, l’unique médaille de bronze de Yariatou Touré, troisième du 100m haies en 13’’52 (+1,6).
Elle se présentait comme notre seule qualifiée féminine pour les courses. À vrai dire, la seule chance de médaille féminine française du jour puisque, dès le matin, Anais Marcadet (16e des qualifications du disque avec 45m28) ratait la finale par volonté de trop bien faire. Avec application, et sans faire la course parfaite - « j’ai beaucoup taper les haies, j’aurais dû battre la fille devant, une cadette deuxième année ! » - la hurdleuse de Franconville Athlétisme Val d’Oise,  convertissait cette unique chance.

Pour la rejoindre au tableau d’honneur, les garçons se bousculaient au portillon. Deux en finale du 110m haies. Trois en finale du 1500m. Trois encore en finale du 5000m avec de vraies prétentions à être les garçons d’honneur. Tout leur était possible, Pourtant aucun n’a trouvé le bon chemin, n’a réussi à faire ce qu’il fallait. Les deux hurdleurs, Thomas Delmestre et Pascal Martinot Lagarde avaient fait des étincelles en demi, s’imposant en favori avec le deuxième et le troisième temps (13’’39 et 13’’40). Mais pris au piège d’une finale tendue, avec trois faux départ et la disqualification du coureur polonais, ils restaient un ton en dessous dans la course décisive en 13’’45 pour Martinot Lagarde et 13’’48 pour Delmestre. En 1500m ? trois vrais chances de médailles avec Bryan Cantero, Anass Zouhri et Samir Dahmani, lequel avait su gagner sa série malgré la perte d’une chaussure dans le dernier tour. Un tempérament, un talent qui aurait dû lui permettre  de rejoindre la médaillée française du matin sur les tablettes… Sauf si, pour la deuxième fois de suite, il vivait le même cauchemar ! Parti pour lutter d’égal à égal avec l’Espagnol Bustos (vainqueur en 3’51’’31) Dahmani se retrouvait souvent déporté vers l’extérieur dans une course très tactique, créditée d’un temps de passage au 800 en 2’13’’90 de niveau régional. Bousculé, il se dégageait vers l’avant… servant de cible d’autant plus facile à déborder qu’une nouvelle fois, il abandonnait une de ses chaussure à 660m de l’arrivée ! Trop court dans l’emballement, en difficulté sur toute la course et finalement nu-pied, c’était un peu trop pour être au rendez-vous de la médaille. Cantero ? Un gros coup de pointe lui ouvrait une plaie de plus d’un centimètre sur le tibia refroidissant ses ardeurs dans la ligne droite et le laissant saignant à la septième place. Zouhri ? Sa jolie pointe de vitesse finale aurait pu faire mal… mais privé lui aussi d’une chaussure (!) il devait se contenter d’un footing dans la ligne droite. Le 5000 alors ! Si Ibrahimov (AZE) laissait peu d’espoir pour le titre, il y en avait deux autres à prendre pour les Français, placés dans le top 5 des bilans européens. Mais d’entrée, Simon Denissel paraissait avoir du mal à trouver le bon rythme, incapable de se caler dans un train, tentant de se décontracter les bras comme pour chercher un relâchement introuvable. Le Nantais Yosi Goasdoue était rapidement distancé, lâché d’un premier peloton. Le bon prétendant, c’était Houssam Bouallagui. Le Martégal (c’est comme ça qu’on nomme les habitants de Martigues) avait pris en revanche le bon wagon, celui d’Ibrahimov et du Tchèque Zivec, parti à l’abordage ou au sabordage lui qui n’était crédité avant la course que d’un temps modeste de 14’30. Jusqu’au 3000m, ces trois là menèrent le train, Bouallagui dans la foulée des deux autres, avec trente bon mètres d’avance sur les suivants. Le Tchèque allait céder à l’emballage, c’était sûr… mais c’était le Français qui lâchait au train dans les derniers tours, lâchant aussi une médaille qui paraissait toute chaude à l’Espagnol A. Fernandez (14’10’’58), assez frais en ce moment décisif pour battre son record personnel. Bouallagui finissait sixième en 14’27’’40 - battu aussi par le Biélorusse Platonau, lequel effaçait son record personnel, et par le Norvégien Moen - bien loin de son temps de référence autour de 14’11. Huit finalistes français pour trois courses, autant d’occasions gâchées…

Heureusement, tout ne fut pas que rendez-vous manqués en cette journée, et Yariatou Touré ne fut finalement pas la seule de la délégation française à rentrer à l’hôtel avec le sourire. En signant le deuxième temps des demi-finales du 800m en 1’49’’56, le Bordelais Paul Renaudie, record personnel à la clé, s’installe en bel outsider pour la course décisive de dimanche, derrière l’Espagnol Kevin Lopez (1’49’’19). Après sa déconvenue du 100m (éliminé en demi-finale) Romain Burel réussit une belle perf au saut en longueur : Après deux essais sous les 7m, il trouvait les ressources pour un troisième bond à 7m38, à quatre centimètres de son record, chipant la dernière place qualificative, un centimètre au-dessous du Biélorusse Bendarenka (7m39), un centimètre au-dessus d’un malheureux Polonais juste derrière lui, premier non qualifié. Avec 67m89 au marteau, Maxime Rolnin, « chanceux » selon ses propres mots, a l’honneur d’être le premier lanceur français qualifié pour une finale sur ce championnat. Enfin, Gaëlle Le Foll, douzième à mi-parcours d’un heptathlon qu’elle a commencé sur de bonnes bases, avec un record perso aux haies, un joli 1m75 à la hauteur, à un centimètre de sa meilleure marque et un lancé du poids correct (11m17) assuré après deux essais manqués, peut encore croire à une place de finaliste.

Il fait nuit. La température est tombée. Les athlètes sont allés se coucher en rêvant, pour ceux qui le peuvent encore, de faire aussi bien sinon mieux que Yariatou Touré, la seule médaillée française du jour, la seule à avoir converti l’opportunité qu’elle s’était offerte. Demain il fera jour, il fera chaud, tout sera possible.
On se retrouve à Novi Sad  pour le dernier jour des championnats d’Europe juniors.

A Novi Sad, Emmanuel Charlot pour athle.com

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