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Dimanche 26 Juillet : Un final sans médaille

Ni les relais, ni les derniers fondeurs français n’ont réussi aujourd’hui à infléchir le court négatif pour la France de ces championnats d’Europe. Yariatou Touré (bronze au 100m haies) et Christophe Lemaitre (or sur 100 m) restent seuls récompensés et la délégation française s’en retourne avec un bilan paradoxal : pauvre en médailles, mais auréolé d’un record d’Europe du 100m confirmant l’avènement d’un grand champion. Il faudra se contenter de ça. Récit des événements du jour…

Pour les Français, la journée s’est finie avant même d’avoir commencé. Levés avec le sentiment que ce dimanche pouvaient réconcilier nos juniors avec le tableau des médailles et nous permettre d’atteindre au final un bilan présentable, les observateurs pleins de cet espoir - dont votre serviteur - n’avaient qu’une envie après une heure de compétition : aller se recoucher. C’est que, encore une fois sur ce championnat, des prétendants légitimes à la médaille, voire au titre, avaient vendangé. Et d’entrée de jeu, cette fois. Dès la première série, les deux relais du sprint étaient aux pâquerettes ! Il y avait là, pourtant, de quoi y croire fermement. Les féminines tricolores partaient d’ailleurs parfaitement, avec un impeccable premier virage de Sarah Goujon, qui plaçait d’emblée l’équipe en tête. Un léger tampon entre Lenora Firmin Guion (2e relayeuse) et Marie-Jeanne Eba (3e relayeuse) n’hypothéquait rien, d’autant que la dernière relayeuse, Jessie Saint Marc, finaliste en individuels était forte… Et Jessie partait vite sur la ligne droite pour maintenir la première place. Un peu trop vite ? Marie-Jeanne paraissait être bien revenue à hauteur, mais - habituel moment de suspens et d’angoisse - le bâton se tendait, se tendait… et ne passait pas ! Douchés les Français, coulé l’espoir de faire deux médailles opportunes en relais. Restait celui de voir briller l’équipe masculine et le plaisir de regarder courir une nouvelle fois la consolation française de ces championnats, le magnifique Christophe Lemaitre. Ce plaisir là, on l’a eu… Parti loin derrière en dernier relayeur, à dix mètres des leaders néerlandais et polonais, il finissait sur leurs talons, qualifiant à lui tout seul l’équipe au temps. « C’est bien plus beau quand c’est inutile » a dit je ne sais plus qui. En athlé, ça se discute. Inconsolable, le speaker serbe, qui se réjouissait en off de revoir en action la bête de course bleu-blanc-rouge, annonçait la disqualification de l’équipe de France. La faute a un premier passage raté entre Thomas Delmestre et Loic René Elysee Mounousamy. « Quand je lui passe le relais, je touche son pouce et cela fait bouger sa main. J’ai entendu le juge demander « disqualification for France », même avec l’accent serbe, c’est facile à comprendre » explique Thomas. Bien vu. Il fallait se rendre à l’évidence : malgré la présence du « scud » Lemaitre, le relais des garçons n’était pas parvenu non plus à gérer le cap des séries.
Seul relais en finale, mais directement, les filles du 4x400m entretenaient l’espoir d’une médaille jusqu’à la dernière ligne droite. Après un départ correctement négocié par Elea Mariama Diarra et des relais efficaces de Djeneba Camara et d'Asta DrameLenora Guion Firmin entamait le dernier tour de piste en troisième position, mais ne pouvait résister au finish de l'Allemande Inga Muller, victorieuse trois heures plus tôt du 400m haies.

Le Francilien Maxime Rolnin donnait son meilleur au marteau dans une finale trop relevée pour ses moyens habituels (10e avec 68m94). Adrien Martin ratait son concours de la perche avec un unique saut réussi à 4m80, deux essais manqués à 5m05 et un dernier échec à 5m15. La jeune heptathlonienne Gaëlle Le Foll faisait une plutôt bonne journée, mais avec le handicap d’un jet modeste au javelot (32m64), sa sixième épreuve (la deuxière de ce dimanche) elle ne put finir mieux que 11e avec 5 098 pts. Malgré sa bonne volonté, on ne pouvait attendre de coup d’éclat du capitaine d’équipe Romain Burel dans une finale de la longueur qui se jouait bien au-delà de 7m50 (victoire du Russe A. Menkov avec 7m98). Il finissait logiquement 10e (7m21) à son troisième tentative, à 21 cm de son record personnel.

Incurable optimiste, l’observateur français attendait la fin de journée ! Le demi-fond français, actif sur les quatre jours, mais chaque fois dominé en finale, allaient abattre ses dernières cartes et faire enfin un pli. Paul Renaudie au 800m s’était montré assez malin pour prendre en demi, hier, la foulée du favori espagnol Kevin Lopez et assez fort pour finir deuxième temps en battant son propre record (1’49’’56). Malheureusement, si la finale se jouait encore avec Lopez devant (en 1’48’’25), elle se courait un peu plus vite et lâchait au train un Renaudie moins saignant (6e en 1’51’’35).
La France avait encore une carte dans sa manche, un atout maître : trois finalistes français au 3000m steeple, dont deux d’entre eux Valentin Pepiot et surtout Abdelatif Hadjam étaient en tête des bilans européens de la saison. Si les jumeaux Pepiot ne parvenaient pas à rester à la hauteur des meilleurs et allaient finir 5e (Valentin en 8’57’’21) et 6e (Tanguy en 8’58’’69), Hadjam semblait contrôler la situation en tête. Hélas… « Je pensais attaquer aux 500m, mais l’Espagnol est parti d’un coup aux 800m. J’aurais dû le suivre, mais il a fait le trou et quand j’ai voulu le combler, les deux autres m’ont collé ». C’est le début de la fin pour l’Agenais. Il vient de se faire piéger par l’Espagnol Abadia qu’on ne reverra plus. Le record personnel du steepleur ibérique ? 8’56’’52, établi en série deux jours plus tôt. Son temps en finale ? 8’47’’45, une sacrée claque. L’Anglais Wilkinson (2e) et le Belge D’Hoedt (3e) ont senti le bon coup. Ils ont laissé le Français décontenancé s’épuiser à tenter de revenir et pour le cueillir sur la  dernière rivière, grattant la médaille et leur meilleur temps perso.

« J’avais dit que, vu le niveau, il fallait battre son record en finale pour espérer une médaille » analyse sobrement Patrick Gellens, le directeur des équipes de France. « Les Allemands, les Russes, les Anglais ont haussé le niveau. Ils ne laissent que des miettes aux autres nations, et quand, comme nous, on rate les occasions à prendre, on n’a que les miettes des miettes. On n’a pas eu beaucoup de chance sur ce championnat, ce qui n’est jamais une excuse, mais on n’a surtout pas su se hisser tout à fait au niveau de l’événement. »
C’est la fin ici, à Novi Sad. Dans la tribune de presse, la journaliste allemande tape frénétiquement sur son clavier. Elle n’en a pas fini avec son papier avant un moment. Son équipe a passé son temps à ramasser les médailles et les titres, faisant chauffer le CD de l’hymne germanique. Vingt-cinq médailles en tout, pour dix titres, dont six, rien que ce dimanche ! C’est du boulot pour elle, mais ça fait un peu rêver…

A Novi Sad, Emmanuel Charlot pour athle.com

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