MES ACCÈS
Trouver un club près de chez vous
Derniers
clichés
Les
Vidéos
Espaces
FFA
STRUCTURES
CLUBS
l'actu des espaces | infos

numéro 524 - Janvier 2010

Un œil neuf

En cette fin d’année, l’heure est traditionnellement au bilan exhaustif de la saison. Athlé Mag a choisi d’innover, en demandant aux photographes de la revue de sélectionner leurs deux clichés préférés pris au cours des douze derniers mois. Un choix forcément subjectif où performance brute, esthétique et affectif prennent plus ou moins d’importance. Mais qui ravive, en quelques instantanés, leurs plus beaux souvenirs de cette saison 2009.

Vincent Curutchet
1. Renaud Lavillenie, 20 août à Berlin, qualifications du saut à la perche aux Championnats du Monde.
Lors de ces Mondiaux, les photographes outfield (qui n’ont pas accès à la piste) n’avaient pas accès à des zones intéressantes. Ils étaient en permanence au milieu du public. Ce sont les pires conditions que j’ai rencontrées lors d’une compétition de ce niveau. Cette photo est la seule que je trouve jolie parmi toutes celles que j’ai prises. Lors des qualifications du saut à la perche, il y avait de la lumière et je me suis placé à l’endroit où il fallait, tout en haut des tribunes. Généralement, dans cette discipline, on enclenche plutôt au moment de l’impulsion ou lorsque l’athlète est en l’air. Mais là, il y avait un très beau jeu d’ombres dans le couloir, avec le soleil, le reflet du toit et un côté graphique avec les pistes bleues qui se croisent. J’aime aussi beaucoup l’idée que l’athlète court vers le noir. En fait, tout collait bien..

2. Robert Harting, 19 août à Berlin, finale du lancer du disque aux Championnats du Monde.
C’est de loin la joie la plus folle de la semaine. Elle a duré cinq minutes. Au moment où Robert Harting gagne le concours du disque, je suis complètement de l’autre côté du stade. Je sors mon appareil et je fais une série de photos. Celle-ci est pas mal recadrée. On voit tous les photographes et le public derrière, avec les copains d’Harting qui sont tous de gros balèzes. En plus, il prend pile à ce moment-là un coup de flash dans la tête.



Manu Chapelle
1. Samir Dahmani, 25 juillet à Novi-Sad (Serbie), finale du 1500 m aux Championnats d’Europe juniors.
Sur une compétition comme celle-là, tu vis au quotidien avec les mecs. Je savais que Samir avait une vraie chance de podium. Mais il perd sa pompe en série et en finale… À l’arrivée, je vois la déception de Samir. Et derrière, il y a l’Espagnol qui gagne et qui est déjà dans son tour d’honneur. C’est un beau contraste. Là, je suis à environ vingt-cinq mètres, avec un téléobjectif. Je ne me suis pas collé à lui. Ça, je ne le fais jamais. Je n’aime pas faire ça, je me mets à la place des athlètes et je sais qu’en tant que sportif, je ne supporterais pas qu’on vienne se placer juste à côté de moi après une grosse désillusion.

2. Guillaume Eraud, 21 février à Liévin, finale du 1 500 m aux Championnats de France Elite en salle.
Cette photo, c’est d’abord une émotion pour moi. Au moment du 1500 m, j’avais fini mon boulot. Mais j’ai ressorti mon appareil. Guillaume, je le connais depuis ses 12 ans. J’ai été son premier coach. Cette course restera donc comme un moment hyper particulier. J’étais à la fois spectateur, supporter et photographe. J’avais envie de dire « Allez Guillaume ! » mais je fermais ma bouche. Je le vois doubler Bob Tahri à 150 m de l’arrivée puis prendre la tête. J’ai failli oublier d’appuyer sur le déclencheur tellement je dévorais la course des yeux. J’étais placé tout en haut de la piste, au couloir six, dans l’axe du couloir un. C’est une belle photo, Guillaume lève les bras et a une attitude photogénique. Cette course restera pour moi et pour lui un bon moment. Il m’a même dédicacé ce cliché.


Cyrille Kaldor

1. Jesse Aliaga-Jacob, 25 juillet à Watford (Grande-Bretagne), match international d’épreuves combinées.
J’étais en Grande-Bretagne en tant que coach. Mais, à chaque fois que je suis sur une compétition d’athlétisme, je ne peux pas m’empêcher de prendre deux, trois photos. A Watford, le sautoir, situé sur une annexe, était surélevé. Ça m’a permis de prendre ce cliché en étant vraiment en dessous du niveau du sol, en contrebas du bac à sable et allongé dans la pente. C’est ce qui donne cette sensation de hauteur. On a l’impression qu’il va s’écraser sur moi.


2. Renaud Lavillenie, 9 septembre à Paris, saut à la perche au SEAT DécaNation.
Ce que j’adore dans cette photo, c’est l’émotion qui s’en dégage. Renaud Lavillenie lève les bras mais, ce qu’il exprime c’est : « Enfin, j’ai réussi à faire ça. » Ça ressemble plus à une forme d’accomplissement qu’à une victoire. En arrière-plan, on voit les tribunes de Charléty. Il y a un peu un côté « dieu du stade ». Ma photo a été très spontanée. Ce jour-là, il n’a levé qu’une seule fois les bras. Et j’étais là.


Stéphane Kempinaire

1. 25 janvier à Marlhes, Raidlight Trail National Trophy.
Pour moi, c’est l’image même du sport et de la nature comme je les conçois. Ça fait rêver. Même en compétition, je recherche cette idée de plaisir et de bien-être par l’environnement ou la nature du jeu. Le sport, ce n’est pas uniquement de la souffrance. Quand je fais un footing, j’aime m’arrêter et observer ce qui m’entoure. Pour prendre cette photo, on m’a laissé en 4x4 près d’une route interdite aux voitures et j’ai marché. J’ai essayé de trouver le meilleur point de vue. Ici, on aperçoit la plaine et les grands espaces. C’est la nature dans toute sa plénitude.

2. Yves Niaré, 21 février à Liévin, finale du lancer du poids aux Championnats de France Elite en salle.
C’est une photo si délicate. Un mouvement tendre et doux avec cette poussière qui tombe. Et pourtant, on sait que c’est Yves Niaré, un athlète imposant aux mensurations impressionnantes et qui pratique une discipline de force. À force de côtoyer les athlètes, on finit par connaître leur comportement. Yves enrobe toujours son poids de magnésie avant d’entrer dans le cercle. Il fallait juste que je trouve un fond sombre permettant de faire ressortir la magnésie. Nous n’avons pas le loisir de faire souvent ce genre de photos. Là, je suis très près de lui, à un mètre, ce qui est impossible lors des grandes compétitions. J’aime les beaux détails, ces images un peu emblématiques de l’athlé, comme des pieds dans des starting-blocks. Tous ce qu’on ne peut pas voir quand on est spectateur.

Le choix du mag
1. Katalin Varro, 24 mai à Metz, Coupe d’Europe de marche
La France n’avait jamais jusqu’à cette année accueilli la Coupe d’Europe de marche. Les spécialistes de la discipline chère à Yohann Diniz se rappelleront sans doute longtemps de cette grande première. Car ce dimanche 24 mai, c’est une vraie canicule qui s’abat sur Metz. Sous le cagnard, la Hongroise Katalin Varro (33e du 20 km) et tous les marcheurs en bavent pour rallier l’arrivée. Ça valait bien une bonne douche. Et un coup de chapeau !


2. Usain Bolt, 16 août à Berlin, Championnats du Monde
Ne pas faire figurer Usain Bolt dans la sélection des photos « athlé » de l’année serait un sacrilège. D’autant plus que ce cliché vaut le détour. Cet instant où les purs-sangs du 100 m, avant de placer leurs mains derrière la ligne de départ, jettent un dernier regard sur l’arrivée, est toujours emprunt de solennité et de concentration. Au départ de la finale mondiale, le Jamaïcain, index dressé vers le ciel, a des allures d’« Élu ».


Accueil n° 524
Les autres revues

INFORMATIONSFORMATIONCOMMUNAUTÉBASES DE DONNÉESMÉDICALBOUTIQUE
NOS PARTENAIRES
CONDITIONS D'UTILISATION MENTIONS LÉGALES CONTACTS