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numéro 529 - Juillet-Août 2010

Championnats d’Europe 2010
Barcelone (Espagne),  27 juillet-1er août 2010
« Le tremplin barcelonais »

Plus qu’une étape, un tremplin. Les Championnats d’Europe de Barcelone, dont le coup d’envoi sera donné le 27 juillet au stade olympique de Montjuïc, sont un rendez-vous à ne pas manquer pour l’équipe de France. Les deux dernières éditions l’ont démontré, la compétition continentale fait souvent office de maitre-étalon pour les quatre années suivantes. En 2002, à Munich, les Bleus avaient décroché huit médailles, un total inespéré à l’époque, avec l’or et la manière de Mehdi Baala, Muriel Hurtis et Stéphane Diagana. Allaient suivre les inoubliables récoltes des Mondiaux 2003 à domicile, et 2005 sous le déluge d’Helsinki. Quatre ans plus tard, en 2006, on évoquait la possibilité d’une quinzaine de podiums à Göteborg, dans l’euphorie d’un début d’été lors duquel les Tricolores brillaient à tous les coins des pistes. Pour, au final, un total un brin décevant de huit médailles.

Quid de 2010 ?
Difficile de ne pas verser dans l’optimisme, alors que les bonnes nouvelles s’accumulent depuis deux mois. Même en l’absence de Mehdi Baala, forfait pour blessure, et de Ladji Doucouré, encore à cours de préparation, les Bleus ne manquent pas d’arguments. Au 12 juillet, au lendemain des Championnats de France Elite à Valence, ils étaient onze sur un podium européen virtuel. Et même quatre en or, avec Martial Mbandjock sur 200 m, Bouabdellah Tahri sur 3000 m steeple, Renaud Lavillenie à la perche et Teddy Tamgho au triple saut. « Cette équipe de France peut s’appuyer sur des valeurs sûres arrivées à maturité  et l’émergence d’une jeune génération talentueuse et prometteuse », apprécient Bernard Amsalem, Président de la Fédération Française d’Athlétisme, et Ghani Yalouz, Directeur Technique National. De quoi viser très haut ? Sans doute. Sans toutefois aller jusqu’à faire mieux que les quinze médailles européennes de Bruxelles en 1950, une autre époque. « L’objectif, c’est de faire partie des trois meilleures nations européennes, affine avec ambition Bernard Amsalem, qui évoque une fourchette « satisfaisante » comprise « entre huit et douze médailles, et entre trois et cinq titres ». Pour accéder au trio de tête des meilleures nations du Vieux Continent, il faudra de toute façon réussir à se frayer un chemin au milieu des armadas russe, allemande et britannique, ou encore espagnole.

Le défi des filles
Dans le détail, l’équipe de France peut s’appuyer sur quatre athlètes qu’on imagine difficilement autre part que sur la plus haute marche du podium. On pense bien sûr à Renaud Lavillenie et Teddy Tamgho, ainsi qu’aux deux steepleurs. Les deux premiers nommés, avec respectivement 5,85 m à la perche et 17,98 m au triple saut, sont en tête des bilans mondiaux et impressionnent toute la planète athlé. Ils sont les emblèmes de la nouvelle génération tricolore. L’or à l’échelle européenne est, pour eux, presque une étape obligée dans ce que la direction technique nationale appelle « la trajectoire du succès », avec en filigrane la quête olympique dans deux ans, du côté de Londres. Pour les demi-fondeurs Bouabdellah Tahri et Mahiedine Mekhissi, la problématique n’est pas la même. Quasi intouchables au niveau européen, ils ont même semblé un ton au-dessus des coureurs kényans depuis le début de la saison estivale, grâce notamment à leurs meilleures performances mondiales de tous les temps sur 2000 m steeple. Leur lutte pour la suprématie nationale est donc en quelque sorte un duel au sommet qui dépasse les frontières hexagonales. Difficile de se livrer à un pronostic tant les deux hommes semblent proches, même si Mahiedine Mekhissi pourrait s’appuyer sur un finish plus mordant que celui de son compatriote, en cas de course très tactique.

Les autres principaux arguments des Bleus ?
Le sprint masculin avec l’espoir Christophe Lemaitre sur 100 m, descendu pour la première fois sous les 10’’ à Valence lors des Championnats de France Élite. Martial Mbandjock peut lui aussi prétendre à la plus haute marche du podium. Mais les deux hommes retrouveront sur leur chemin le redoutable britannique Dwain Chambers. Avec en plus Ronald Pognon, David Alerte, et la révélation chez les juniors de Jimmy Vicaut, 10’’16 cette saison, le relais 4x100 m semble quasi intouchable, à condition de réussir à assurer des transmissions propres. À suivre également : les expérimentés Leslie Djhone sur 400 m, Salim Sdiri à la longueur et Romain Mesnil à la perche, tous à la recherche d’un premier titre en indivduel au niveau international. Romain Barras au décathlon, Yohann Diniz en reconquête sur 50 km marche peuvent, eux aussi, y croire. Seule ombre au tableau : le déséquilibre entre hommes et femmes en équipe de France. C’est simple, les filles sont toujours revenues les mains vides des grands championnats en plein air depuis la moisson des Mondiaux d’Helsinki en 2005, avec les médailles de Christine Arron et Eunice Barber. L’heure est donc venue d’inverser la tendance devant ce qu’on nomme pudiquement « un creux de génération » dans les bureaux de la Fédération Française d’Athlétisme. Pour cela, Véronique Mang sur 100 m et Eloyse Lesueur à la longueur paraissent les mieux armées. Les Championnats d’Europe, c’est aussi ça. Profiter d’une densité d’athlètes moins importante qu’à l’échelle mondiale pour lancer une nouvelle dynamique et voir émerger de nouveaux talents. En piste.

 

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