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Vendredi 30 Juillet : Le tricolore du jour

Diniz, la marche de l'Empereur !

Yohann Diniz a conservé son titre de champion d’Europe du 50 km  ce matin. Titré en 3h40’37’’, il a survolé une course qu’il a pris à  son compte dès le départ. Trois ans après son dernier podium en grand championnat, le protégé de Pascal Chirat ne s’est pas posé de questions. C’est la clé de son succès.
 
Les genoux au sol, Yohann Diniz embrasse ce goudron barcelonais  qu’il aime tant pendant de longues secondes. Quatre ans après son premier titre international à Göteborg, il est à nouveau champion d’Europe du 50 km marche en 3h40’37’’. Son « plus beau titre », confiera-t-il quelques minutes plus tard. Une victoire en forme de renaissance, après une deuxième place mondiale en 2007 et deux années de galère en 2008 et 2009, plombées par deux contre-performances aux Jeux olympiques et aux Mondiaux. Mais le Rémois appartient au cercle fermé des grands champions, ceux qui savent se relever des plus cruelles désillusions. Sa victoire du jour, il l’a construite seul comme un très grand dès les premiers hectomètres. Ses adversaires, parmi lesquels le champion olympique Alex Schwazer et les trois premiers des derniers championnats du Monde, ont décidé de partir sur un rythme de cadet, à 4’50 au kilomètre. Un rythme auquel n’évolue jamais Yohann, même à l’entraînement. Qu’importe le risque, le Français préfère s’élancer à son propre rythme, quitte à se retrouver immédiatement seul en tête sous un ciel plutôt clément. Au bout du premier « kilo », bouclé en 4’27, il a déjà plus de vingt secondes d’avance sur le reste de la troupe. « Il a fait ce qu’on avait prévu, raconte Pascal Chirat, son entraîneur. Il est parti sur le tempo qui lui convenait, à l’écoute de ses sensations. Peut-être que les autres marcheurs ne croyaient pas en lui. Si c’est ça, c’était une erreur. » Diniz confirme : « Depuis deux ans, j’abordais les grandes compétitions sans aucune stratégie. J’ai fait ce que je réalise tous les matins à l’entraînement mais avec un dossard. » Personne ne reverra plus le Français. Au bout de dix kilomètres, il a déjà près d’une minute de marge sur ses plus proches poursuivants. A mi-course, l’écart frôle les deux minutes puis se stabilise autour d’1’40. Le peloton de chasse s’étiole. L’Italien Schwazer, perclus de crampes, abandonne. Le Polonais Grzegorz Sudol (2e en 3h42’24’’) et le Russe Sergey Bakulin (3e en 3h43’26’’) surnagent mais ne se rapprochent pas.

Une chute sans conséquence

Très vite, une évidence s’impose : seules une disqualification ou un pépin physique peuvent empêcher le Français d’aller chercher la victoire. Pascal Chirat, armé d’un mégaphone pour couvrir les encouragements du nombreux public français, lui crie ses temps de passages et tempère ses ardeurs : « Tranquille mon gars. Garde-en ! » Puis lui lance : « C’est fait, maintenant, tu tiens dans la tête. » La frayeur survient au quarante-deuxième kilomètre. Yohann heurte une bordure de trottoir au niveau d'un ravitaillement. C’est la chute. « Un moment d’inattention en voulant prendre une bouteille », expliquera-t-il. Le souvenir de son abandon pour entorse à Chihahua (Mexique) sur 20 km, en mai dernier, refait surface. Il perd une bonne quinzaine de secondes dans l’affaire. Mais il retrouve rapidement son rythme de croisière, légèrement en-dessous des 4’30 au kilomètre. C’est gagné. Il savoure dans la dernière ligne droite son succès sur un circuit tracé en pleine ville, à un jet de pierre du verdoyant Parc de la Ciudatella.

Yohann Diniz n’a pas pris le moindre carton pendant ce 50 km. La preuve de sa totale maitrise. « Au-delà de sa grande performance, il a montré qu’il avait des ressources mentales exceptionnelles, admire son coach. C’est une joie pure, sa belle plus belle victoire. Il a porté toute la course sur ses épaules. Un échec, ça marche toujours. L’an dernier, plein de gens on dit qu’on avait mis en place une structure trop compliquée. Mais il en a besoin. J’ai une pensée pour les entraîneurs qui l’ont formé. Je n’oublie pas ce qu’ils ont fait. »

Le marcheur tricolore semble à peine entamé. Le privilège de l’euphorie, quand le bonheur fait oublier toutes les douleurs. « C’est plus fort que mon premier titre, compare-t-il. Ça fait tellement longtemps que j’attendais ce moment. J’ai perdu deux années. Le travail réalisé avec une sophrologue m’a fait du bien. Elle m’a dit qu’il y avait des signes similaires avec Göteborg. Il y a quatre ans, Antoine, mon fils, était né quatre mois avant les Championnats d’Europe. Cette année, Louise a vu le jour quatre mois avant Barcelone. » Le Rémois est un perfectionniste. Il pense déjà à la suite. A Daegu, il tentera pour la première fois le doublé 20 km-50 km. Avant, il a le droit de prendre le temps de savourer.

A Barcelone, Florian Gaudin-Winer pour athle.com

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