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numéro 547 - Juillet-Août 2013

Quand les athlètes se connectent

Les sprinteurs accélèrent, l’information aussi. Les athlètes français de haut niveau investissent en masse les réseaux sociaux. Séduits par la possibilité de communiquer en direct avec leurs fans, ils ne laissent que peu de place à l’improvisation.

Hall de l’hôtel de l’équipe de France à Gateshead, au lendemain de la clôture des championnats d’Europe par équipes. En attendant le car qui doit les transporter jusqu’à l’aéroport, une bonne partie des athlètes tricolores est en pleine gymnastique… des doigts. Sur un smartphone (1), un ordinateur ou une tablette numérique, ils communiquent virtuellement via Facebook (2), Twitter (3), Instagram (4). Ces réseaux sociaux (5) sont aujourd’hui bien plus qu’un phénomène de mode. Ce sont de nouveaux canaux d’informations. Les ados et les jeunes adultes en sont les plus friands. C’est donc en toute logique que les sportifs de haut niveau, qui appartiennent souvent à l’une de ces deux catégories, tissent leur toile sur les réseaux. « Les athlètes y sont de plus en plus présents, confirme Arnaud Choisy, chargé de la communication digitale à la Fédération française d’athlétisme. Facebook reste le support le plus utilisé. Mais ils sont de plus en plus nombreux à créer leur compte Twitter et à partager leurs photos sur Instagram. »
Qu’y trouvent-ils ? « Tu vois ce que les gens font et tu partages ton ressenti, résume la sprinteuse junior Stella Akakpo, une “enfant du net”. J’apprécie la solidarité qu’on peut y retrouver entre athlètes. Après le premier rassemblement national du relais auquel j’ai participé, Véronique Mang m’a envoyé une petite photo de bienvenue. Et suite à sa blessure, je lui ai laissé un message d’encouragement. » Plus expérimentée, une autre sprinteuse, Myriam Soumaré, ne partage pas forcément cet enthousiasme. La multi médaillée européenne est pourtant une des athlètes les plus suivies sur Facebook (voir ci-contre). Mais elle confie avoir « du mal à rester longtemps devant un ordinateur. Mon compte personnel a été piraté une fois sur facebook, quelqu’un écrivait à ma place. Je n’ai pas hésité. J’ai immédiatement supprimé mon compte. »
Le principal moteur de la Val d’Oisienne reste le même que celui de la plupart des athlètes que nous avons interrogés : le contact direct avec les fans. Renaud Lavillenie, le champion olympique, ne dit pas le contraire en mettant en avant la notion d’exclusivité : « L’avantage des réseaux sociaux, c’est qu’il y a désormais la version de l’athlète et celle des médias. Et ce n’est pas toujours la même... Les gens aiment connaître notre ressenti. On peut partager avec eux des choses qui ne sont pas ailleurs. » La limite ? La vie privée. Tous sont conscients des dangers à trop étaler son quotidien hors des pistes. Même si Stella Akakpo établit une différence entre « les seniors, qui ont plus de recul et une vie professionnelle, et les plus jeunes, qui sont parfois plus dans le je-m’en-foutisme. » Des principes à respecter ? « Il faut rester vigilant et toujours se poser la question : qu’est-ce que j’apporte à mes fans, conseille Arnaud Choisy. Les réseaux sociaux sont de véritables outils de communication mais peuvent s’avérer néfastes s’ils sont mal utilisés. »
Trouver l’équilibre pour se dévoiler sans tomber dans l’intime, c’est l’objectif de la sauteuse en longueur Eloyse Lesueur, qui n’hésite pas à intégrer son utilisation des réseaux sociaux dans une stratégie plus globale. « Je suis obligée de soigner mon image, je représente une marque. Cela, je l’ai très vite compris, affirme-t-elle. Je ne passe d’ailleurs peut-être pas assez de temps sur les réseaux. Je parle beaucoup de mes meetings mais ça serait intéressant de raconter aussi ma préparation, pour que les gens se rendent compte que nous ne sommes pas toujours au top. »
De la maturité, du recul et souvent une vision à long terme : la jeune génération de l’équipe de France sait ce qu’elle fait sur les réseaux sociaux. Elle préfère garder la main, même si les sponsors s’intéressent de plus en plus à ce secteur très stratégique. Tous les athlètes interrogés nous ont d’ailleurs affirmé alimenter eux-mêmes leur compte avec, parfois, l’aide d’un membre de leur famille ou un ami. Un fonctionnement qui reste donc assez artisanal. L’avantage : l’authenticité. Le risque : les dérapages qui peuvent, parfois, survenir dans le feu de l’action. Alors, amateurisme ou professionnalisme ? C’est un débat vieux comme le sport, qui n’a toujours pas été tranché.

(1) SMARTPHONE : Téléphone mobile évolué qui dispose des fonctions d’un agenda électronique, d’un appareil photo numérique et d’un ordinateur portable.
(2) FACEBOOK : Créé en 2006, ce réseau regroupe plus d’un milliard de membres actifs. On peut y publier des informations (textes, liens, photographies, vidéos…) en contrôlant leur visibilité par différentes catégories de personnes. Facebook est l’incontestable leader mondial dans sa catégorie.
(3) TWITTER : Lancé comme Facebook en 2006, cet outil permet à un utilisateur d’envoyer gratuitement de brefs messages, appelés tweets (gazouillis), qui ne doivent pas dépasser 140 caractères. Twitter compte plus de 500 millions d’utilisateurs et a particulièrement fait son trou dans les médias.
(4) INSTAGRAM : Ce service de partage de photos et de vidéos, disponible sur plates-formes mobiles, n’a été créé qu’en 2010. Mais il compte déjà plus de 100 millions d’utilisateurs. Son succès s’explique notamment par la possibilité d’appliquer différents filtres à ses propres photos, pour leur donner un cachet original.
(5) RESEAU SOCIAL : Site internet qui permet aux internautes de se créer une page personnelle afin de partager et d’échanger des informations avec leur communauté d’amis et leur réseau de connaissances.

PASCAL MARTINOT-LAGARDE : « Me sentir accessible »
Vous êtes très présent  sur les réseaux sociaux…
J’ai des comptes sur Facebook (1700 fans début juillet), Twitter (850 followers)  et Instagram. J’ai créé ma page fan sur facebook après ma médaille aux Mondiaux indoor de Moscou. Elle est consacrée à l’athlétisme et aux gros événements. C’était carrément impossible de garder juste un compte personnel.
Comment utilisez-vous tous ces comptes ?
Sur Twitter, c’est plus du direct que sur Facebook. Je vais finir une course et, si j’ai une bonne connexion, je donne mon résultat. C’est de l’instantané. Alors que sur Facebook, je privilégie les images et les vidéos. Mais le réseau que j’utilise le plus, c’est Instagram. Quand je vais manger au resto, par exemple, je prends mon assiette en photo.
Tout ça doit demander pas mal de boulot. Qui s’en occupe ?
Je gère tout, tout seul. Je suis quasiment en temps réel sur Facebook. J’aime son côté interactif. C’est plus facile de répondre aux commentaires que sur Twitter. Je remercie systématiquement les gens qui me soutiennent et m’encouragent.
Avez-vous déjà regretté d’avoir posté un message ?
Au moment de l’élection de François Hollande, il y avait plein de photos marrantes qui faisaient le buzz sur Nicolas Sarkozy. J’en ai partagé une sur mon compte fan Facebook. Certains ont joué le jeu mais d’autres ont trouvé ça irrespectueux. Je l’ai finalement supprimée. Si quelqu’un te suit, c’est pour ton côté sportif et pas pour le reste.
Quelle est finalement l’utilité, selon vous, des réseaux sociaux ?
J’ai été à la place de tous ces fans avant. Je n’ai pas eu l’occasion d’approcher les athlètes que j’aimais. Je me dis que ça doit leur faire super plaisir que je communique avec eux. Je veux me sentir accessible. Je ne supporterais pas que quelqu’un dise de moi : lui, il fait sa star !

Le top 10 international
1-  Usain Bolt : 14 480 103 fans
2-  Jessica Ennis : 2 290 640 fans
3-  Mo Farah : 1 093 403 fans
4-  Yohan Blake : 980 301 fans
5-  Lolo Jones : 591 200 fans
6-  Asafa Powell : 591 200 fans
7-  Oscar Pistorius : 314 987 fans
8-  Allyson Felix : 298 777 fans
9-  Tyson Gay : 285 917 fans
10- Leryn Franco : 183 467 fans
Un classement ultra-dominé par la grande star de l’athlétisme mondial, Usain Bolt. Le Jamaïcain est le quatrième « Olympien » le plus suivi, à distance du basketteur Lebron James (25 427 127 fans). Derrière, les Britanniques complètent le podium, dans un pays où les réseaux sociaux rencontrent un grand succès. A noter la présence à la dixième place de la lanceuse de javelot Leryn Franco, qui ne s’est pas fait connaître que par ses performances.

Le top 5 français
1. Christophe Lemaitre : 147 957 fans
2. Renaud Lavillenie :  61 572 fans
3. Myriam Soumaré : 16 553 fans
4. Jimmy Vicaut : 14 208 fans
5. Teddy Tamgho : 13 826 fans
Les athlètes tricolores n’ont pas encore investi en masse twitter. Dans ce classement, basé uniquement sur le nombre de fans sur facebook, le sprinteur aixois Christophe Lemaitre domine largement les débats devant le champion olympique Renaud Lavillenie. Mais il reste à des années-lumière du sportif français le plus suivi, Karim Benzema et ses plus de cinq millions de fans.


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