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NUMERO 554 - SEPTEMBRE-OCTOBRE 2014

Aux côtés des athlètes

Rarement sous le feu des projecteurs, l’équipe médicale est pourtant un maillon essentiel dans la réussite actuelle des Bleus. Elle les aide à aborder la compétition au top de leur forme physique, tout en leur apportant de la sérénité. Découverte.

Dans les hôtels où réside l’équipe de France, son emplacement est toujours placardé sur une feuille au pied de l’ascenseur, au niveau du rez-de-chaussée. La salle du médical, comme tout le monde l’appelle, est le lieu de rendez-vous incontournable pour tous les athlètes. Loin devant le hall d’accueil et le restaurant. On y va pour « éliminer les traces d’un long voyage, soigner des petits bobos, effectuer les derniers réglages ostéo-articulaires et récupérer après l’effort ». Mais aussi pour s’aérer l’esprit, dans une ambiance apaisée et sereine. « Dans l’attente de la compétition, les athlètes ont vite fait le tour de leur chambre, relève le kiné Frédéric Fauquenoi. L’espace de convivialité se retrouve donc souvent transféré chez nous. » A Zurich, la zone jeux vidéo était même installée juste à côté du médical. « C’était parfois bien animé, sourit Jean-Michel Serra, médecin des équipes de France. Mais, en général, tout le monde s’autorégule. »
L’atmosphère évolue au fil de la journée. Souvent, ça commence en douceur. Bercées par l’odeur entêtante des huiles aromatiques, les premières conversations ont des allures de chuchotements, rythmées par le son des mains expertes massant les muscles des athlètes. Certains sportifs, qui se sont inscrits sur le tableau où figure l’emploi du temps de chaque kiné, attendent déjà leur tour. Les relayeuses du 4x100 m veulent toutes passer à la même heure, pour partager un moment entre coéquipières. Bientôt, les premières vannes fusent, suivies d’éclats de rire. On lance : « Et si on mettait de la musique ? ». Quelqu’un a apporté une enceinte. A deux jours de l’entame des championnats d’Europe, Yoann Kowal se charge du répertoire musical. Au programme : du Patrick Sébastien et une ambiance bal musette. Les soirs de compétition, après les traditionnels contrôles antidopage, les médailles et le passage par le Club France, les athlètes reviennent très tard à l’hôtel. Les kinés les attendent. C’est enfin l’heure de souffler et d’écouter son corps, dans l’euphorie mais aussi, parfois, dans la détresse.

Des moments de complicité
L’équipe médicale, c’est la face cachée de l’équipe de France. Des hommes et des femmes de l’ombre que l’on peut croiser presque partout : à l’hôtel, sur le stade d’échauffement, dans l’espace dédié au contrôle antidopage. Kinés, médecins ostéopathes, médecins, ils connaissent les athlètes sur le bout des doigts, après les avoir suivis en stages aux quatre coins de l’Hexagone et du monde. « Le grand championnat, c’est la suite d’un protocole qui débute bien avant », rappelle la kiné Isabelle Moellinger. Frédéric Fauquenoi abonde : « On est des référents visuels. Avant d’être ici, on a partagé avec eux de vrais moments de complicité. On est heureux de les retrouver, pour partager cet aboutissement. » L’organisation en amont est gérée par Philippe Peytral, le kiné-ostéo référent. Un personnage central puisque c’est lui qui coordonne les soins de récupération et de rééducation d’une grande partie des athlètes.
Yoann Décimus, qui  a atteint les demi-finales du 400 m haies à Zurich au bout d’un long contre-la-montre, suite à une blessure à l’adducteur fin juin lors des championnats d’Europe par équipes, a été en étroite relation avec l’encadrement médical de l’équipe de France pendant de longues semaines. « Après Brunswick, j’ai reçu trois ou quatre messages du doc, Jean-Michel Serra, en l’espace d’un mois, se remémore-t-il. Un médecin qui met constamment l’accent sur la prévention et le mieux vaut prévenir que guérir ». « Ça m’a fait du bien, reprend Décimus. Il y a eu un vrai suivi. La salle du médical, c’est un lieu qui fédère. Les discussions avec les kinés permettent d’aborder la compétition différemment. Gaëtan (Baudet), qui s’est occupé de moi en Suisse, me disait d’observer les athlètes les plus expérimentés pour voir comment ils se préparaient avant la compétition. Pas forcément pour faire comme eux mais pour s’en inspirer, dans la manière de ne pas s’éparpiller ou la gestion de l’après-course. »

Apaiser les tensions
Lorsqu’il est devenu médecin des équipes de France d’athlétisme, en 2009, Jean-Michel Serra a tenu à relâcher la pression autour du médical. « A une époque, notre secteur était un peu trop sanctuarisé, considère-t-il. Certaines tensions étaient peut-être liées à cela. Aujourd’hui, on essaye de dédramatiser les petits pépins qui, on le sait très bien, s’exacerbent avec les attentes liées à la compétition. On a déjà vu Eloyse Lesueur et Renaud Lavillenie en pleine rigolade dans la salle des kinés. Ils semblaient déconnectés de l’événement. On pouvait presque se demander s’ils entraient bien le lendemain en compétition. C’est bien ! La sérénité contribue aussi aux résultats. »
Comme toute son équipe, le médecin des Bleus termine chaque championnat sur les rotules. « On dort assez peu, raconte Frédéric Fauquenoi. Parfois, on se réveille à 5 ou 6h du matin. C’est le cas lors du décathlon, où on fait partie d’une équipe. On va donc au petit-déjeuner en même temps que les athlètes pour faire corps avec eux. Ne pas être là, ça serait rater un morceau de la compétition. » Lorsque la fatigue progresse, kinés et médecins se serrent les coudes pour tenir le rythme. Et quand sonne l’heure du retour au bercail, la nostalgie monte vite. « A la maison, je me sens seule, confie Isabelle Moellinger. Je saoule mon homme pendant une journée ! Tout le monde me manque. » L’hommage de Yoann Décimus leur ira sans doute droit au cœur : « Les kinés ont souvent des mots réconfortants. Ce qu’essaye de mettre en place Ghani (Yalouz), en mobilisant et fédérant tout le monde, ils le font en fait depuis longtemps. »

L’ENCADREMENT A ZURICH
En Suisse, c’est une équipe de dix personnes qui a accompagné, préparé et soigné les athlètes de l’équipe de France pendant plus d’une semaine. Dans le détail, on retrouvait trois médecins (Arthur Brulé, Dominique Luzi et Jean-Michel Serra) et sept kinésithérapeutes (Gaëtan Baudet, Joël Cocquebert, Frédéric Fauquenoi, Christian Lacombe, Isabelle Moellinger, Philippe Peytral et Grégory Wieczorek). Un personnel médical expérimenté et habitué à côtoyer les athlètes tout au long de l’année.

Florian Gaudin-Winer


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