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NUMERO 558 - MAI-JUIN 2015

Un relais pour l’éternité

Le 31 août 2003, l’équipe de France masculine devient vice-championne du monde du 4x400 m en 2’58’’96, huit centièmes derrière les Etats-Unis*. Un chrono qui fait toujours figure de record national. Cette course est restée dans les mémoires de millions de spectateurs et téléspectateurs français. Autant pour son déroulement épique que pour la folie incandescente qui s’empara, ce jour-là, du Stade de France. Retour sur ce relais avec Marc Raquil, le dernier relayeur d’une équipe composée également de Leslie Djhone, Naman Keita et Stéphane Diagana. REDACTEUR : FLORIAN GAUDIN-WINER / PHOTOGRAPHE : S. KEMPINAIRE/KMSP

Une préparation dans la discrétion
« Après ma médaille de bronze sur 400 m, j’étais super content. C’était du jamais-vu pour un Français sur le tour de piste, à ce niveau-là. La nuit après la finale, j’ai eu du mal à dormir. Mais je me suis très vite reconcentré. Avec Leslie, on est restés très proches et on a décidé de rentrer au centre de Marcoussis, pour se préparer dans le calme, plutôt que de s’installer dans la cité universitaire à Paris où l’ambiance était à la fête. »

Allez les Bleus !
« Toute l’équipe de France se souvient de cette course. Ceux qui étaient sur la piste mais aussi tous les autres, installés dans les tribunes. Le stade scandait à l’unisson : « Allez les Bleus ! » Pour l’athlétisme français, une telle atmosphère, c’était une grande première. Moi, en tant que dernier relayeur, je sentais la pression monter au fur et à mesure. J’essayais de suivre sur l’écran géant ce que faisaient mes copains. »

Un dernier tour de folie
« Je prends le relais en troisième position, derrière le Jamaïcain Michael Blackwood et l’Américain Jerome Young. Avant de démarrer, je vois qu’on est toujours en course pour le podium. Je suis surmotivé. Je pars sans réfléchir avec un seul objectif : rattraper le Jamaïcain et l’Américain en faisant gaffe à ne pas gaspiller trop d’énergie au début. Dans la ligne droite opposée, je me place à l’extérieur du couloir 1 pour empêcher le concurrent des Bahamas, qui est en train de revenir, de me dépasser. Je commence à déployer ma foulée au milieu du dernier virage, au niveau de la rivière du steeple. Je double le Jamaïcain dans la dernière ligne droite et je reviens sur Young. Je finis sur son épaule. Sur le coup, je suis fou de rage. Je jette même le témoin par terre ! »

Une équipe de rêve
« Toutes les équipes se tenaient dans un mouchoir de poche, hormis les Américains qui étaient au-dessus du lot sur le papier. Ce qui a fait la force de notre collectif, c’est son homogénéité. On était tous capable de courir lancés en moins de 45’’. On avait des profils et des qualités différentes. C’était un mix, avec deux coureurs de 400 m et deux spécialistes du 400 m haies. Il y avait l’explosivité de Leslie, qui nous lançait sur les bons rails. Puis Naman, qui savait s’imposer au rabattage avec son gabarit et ses grandes jambes. Stéphane, c’était le boss, avec son intelligence de course. Et enfin moi, le finisseur. C’était l’équipe de rêve ! »

Le record en bonus
« Ce jour-là, on monte sur le podium et on devient aussi la première équipe de France à casser la barre des trois minutes, alors qu’on s’était cassé le nez dessus à plusieurs reprises les années précédentes. Et puis ça n’était pas juste 2’59’’99 ! Avec nos 2’58’’96, on serait encore aujourd’hui sur le podium aux Mondiaux et aux Jeux olympiques. Ça ne m’étonne pas que notre record de France n’ait toujours pas été battu. Car depuis Leslie et moi, aucun Français n’est descendu sous les 45’’ sur le tour de piste. »

Une dynamique positive
« Exceptionnellement, la finale du 4x400 m a eu lieu l’avant-dernier jour de compétition, et non le dernier. C’est toujours plus facile de se battre pour une médaille quand il y a une spirale de réussite. Pendant ces Mondiaux, les athlètes français décrochaient des médailles sans arrêt (huit, un record qui a été égalé deux ans plus tard à Helsinki), donc tout le monde était motivé. »

L’or sur tapis vert
« Suite au contrôle positif de Jérôme Young, on a récupéré la médaille d’or quinze mois plus tard. On s’est sentis un peu spoliés. Encore aujourd’hui, on l’a un peu en travers de la gorge. Une cérémonie a été organisée deux ans après les championnats du monde, lors du meeting de Paris Saint-Denis. Les organisateurs avaient bien fait les choses, en invitant tous les athlètes médaillés. Mais ça n’a pas eu la même saveur qu’un hymne national au Stade de France, en plein pendant les Mondiaux. »

Au tour de la nouvelle génération
« L’équipe de France possède un fort potentiel dans cette épreuve. Je parle en connaissance de cause, puisque j’ai pu voir et suivre tous les jeunes lors du stage organisé en janvier à Potchefstroom (Afrique du Sud), suite à l’invitation de la direction technique nationale. Ils ont désormais besoin d’un peu plus de constance pour passer un palier. Et puis, il n’y a pas de secret : il faut qu’ils progressent tous individuellement. Je suis persuadé, qu’un jour, ils nous effaceront des tablettes. »

* Les Etats-Unis seront finalement disqualifiés quinze mois plus tard, suite au contrôle positif au Modafinil (stimulant), en juin 2003, de Calvin Harrison, membre du 4x400 m américain à Paris. C’est donc l’équipe de France qui récupérera la médaille d’or sur tapis vert.

Le classement final
1  France 2’58’’96 (record de France)
2  Jamaïque 2’59’’60
3  Bahamas 3’00’’53
4  Grande-Bretagne 3’01’’00
5  Espagne 3’02’’50
6  Grèce 3’02’’56
7  Japon 3’03’’15
Disqualifiés : Etats-Unis

Les temps individuels des Bleus**
Leslie Djhone z 45’’4
Naman Keïta z 44’’7 (lancés)
Stéphane Diagana z 44’’69 (lancés)
Marc Raquil z 44’’15 (lancés)

**Données collectées par Seiko/Mark Butler.


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