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Lavillenie, le bronze amer

Grand favori pour le titre mondial, Renaud Lavillenie doit se contenter de la médaille de bronze avec 5,80 m. Une récompense qu’il partage avec les Polonais Lisek et Wojciechowki. La victoire revient au Canadien de vingt-et-un ans Shawn Barber, grâce à une barre à 5,90 m effacée à sa première tentative. Il devance l’Allemand Raphael Holzdeppe, qui a franchi la même hauteur au troisième essai. Forcément très déçu, le Clermontois décroche, tout de même, sa quatrième médaille aux championnats du monde. Très belle sixième place pour Kevin Menaldo avec 5,80 m au troisième essai. Un peu plus tôt dans la soirée, Jeanine Assani Issouf s’était classée neuvième en finale du triple saut avec 14,12 m. Aurélie Chaboudez avait, elle, quitté la compétition au stade des demi-finales sur 400 m haies.

La Médaille

Du bronze et de l’incompréhension

« Malheureusement, à la perche, on ne peut pas tout expliquer. » En une phrase, Renaud Lavillenie résume son sentiment après sa troisième place en finale du saut à la perche avec 5,80 m. Sa quatrième médaille aux Mondiaux, sa onzième au niveau international. Une régularité exceptionnelle au plus haut niveau, dont le recordman du monde avait bien sûr du mal à se contenter à l’issue de son concours.
Tout avait pourtant bien commencé pour le Clermontois. « Mon échauffement est bon, mon début de concours aussi, résume-t-il. Je fais un très bon saut à 5,80 m. Ça me met en confiance pour la suite. » Sauf qu’à la barre suivante, à 5,90 m, la machine s’est enrayée, pendant que le Canadien Shawn Barber et l’Allemand Raphael Holzdeppe passaient aux premier et troisième essais pour aller chercher, respectivement, l’or et l’argent. « Je n’avance pas trop sur ma première tentative. Ensuite, sur les deux autres, ça ne veut pas déclencher. Je fais quasiment les trois mêmes sauts avec une perche qui n’avance pas comme elle devrait. »

Une médaille en un saut
Problème au niveau de la course d’élan ? « Je n’étais pas sur la retenue, je ne courais pas n’importe comment. » Défaillance mentale ? « Je sais que le fait que je n’aie jamais gagné l’or aux Mondiaux a pu avoir un effet lors d’autres championnats. Mais aujourd’hui, j’étais bien dans ma tête. » A chaud, c’est donc l’incompréhension qui régnait, y compris chez son coach, Philippe d’Encausse. Reste la médaille, tout sauf anecdotique. « Ma seule et maigre satisfaction, c’est de l’avoir décrochée avec un seul saut. Mais on ne va pas se contenter de ça. »
Renaud Lavillenie a déjà montré par le passé qu’il était capable de rebondir. En 2011, à Daegu, il avait déjà terminé à la troisième place des Mondiaux. Avant de décrocher, un an plus tard,  le titre olympique qui l’a fait entrer dans une nouvelle dimension. Le recordman du monde sera accompagné demain, sur la troisième marche du podium, par les Polonais Piotr Lisek et Pawel Wojciechowski. Kevin Menaldo (voir sa déclaration ci-dessous), sixième avec une barre à 5,80 m franchie au troisième essai, termine au pied du podium. L’Aquitain aura réalisé un concours magnifique de pugnacité, avec, notamment, deux superbes tentatives à 5,90 m. Lui aussi a pris date pour les Jeux de Rio, l’an prochain.

La Décla

Kevin Menaldo, sixième de la finale du saut à la perche avec 5,80 m : « Honnêtement, je suis une mauvaise langue si je vous dis que je suis frustré. Je suis passé à quelques centimètres de passer la barre pour être vice-champion du monde. C'est accepté. C'est ma première finale aux championnats du monde. Je suis sixième, le mec devant moi est médaillé. J'étais à la bagarre jusqu'à la fin pour le podium. Aujourd'hui, j'ai pris un plaisir de dingue. Ça a été un grand kiff. C'était génial ! Je suis un homme heureux ce soir. Prendre du plaisir et s'amuser, c'est ce qu'il faut à la perche. C'est un jeu ! »

Les Promesses

Guei et Gayot en grande forme

Les Bleus avaient frôlé le sans-faute lors de la première session de la journée, dans la matinée à Pékin. Les spécialistes du tour de piste, Floria Guei et Marie Gayot, ont fait forte impression en améliorant toutes les deux leur record personnel. Deuxièmes de leur série en, respectivement, 50’’89 et 51’’24, elles devront encore accélérer la cadence en demi-finales, demain, pour aller chercher leur billet pour la finale. Le niveau est en effet très relevé, avec dix filles sous les 51’’ aujourd’hui. Kafetien Gomis (7e avec 8,09 m) à la longueur et Mélina Robert-Michon (9e avec 61,78 m) au disque ont, eux, dû attendre leur troisième essai pour se qualifier en finale. Jamais plus forts que lorsqu’ils sont au pied au du mur, ils vont pouvoir poursuivre leur compétition l’esprit libéré, avec des espoirs de médaille.

Le Coup Dur

Il y a des jours comme ça, où rien ne va. Marion Lotout est passée complètement à côté des qualifications du saut à la perche. Ce qu’elle reconnaissait avec franchise : « Je n’ai rien capté. J’étais perdue dans mes sensations. C’était n’importe quoi, il n’y a rien qui se mettait en place. J’étais dans le truc mais je n’avais pas de feeling. » Résultat : une barre à 4,30 m franchie au deuxième essai et aucun saut engagé à 4,45 m, pour une vingt-et-unième place finale. La Bretonne, qui avait été finaliste il y a deux aux Mondiaux de Moscou, va rapidement tourner la page pékinoise.

Et Aussi

Assani Issouf aura beaucoup appris

Neuvième de la finale du triple saut avec un troisième essai à 14,12 m, Jeanine Assani Issouf a échoué aux portes du top 8 et n’a pas eu droit aux trois essais supplémentaires. Mais pour son premier grand championnat en plein air, la Française a réalisé des Mondiaux très prometteurs. « Je prends de l’expérience et j’ai vu que je pouvais être comme les autres filles, remarque-t-elle. Elles ne sont pas impressionnantes. Mais ce qui me manque par rapport à elle, c’est que je ne suis pas encore assez régulière. » L’élève de Jean-Christophe Sautour sait ce qu’il lui reste à travailler.
Aurélie Chaboudez a, elle, quitté la compétition au stade des demi-finales sur 400 m haies. La Franc-Comtoise a pris des risques et a logiquement coincé dans la dernière ligne droite. Sixième de sa demie en 56’’13, elle quitte ces Mondiaux avec le sourire : « C’était "Ça passe ou ça casse. Et ça passera, un jour." Le positif l’emporte sur le négatif sur ce championnat. »

Les Champions du jour

Shelly-Ann Fraser-Pryce est bien la Usain Bolt au féminin. Si elle ne bénéficie pas de la même aura que son compatriote jamaïcain, elle a, comme lui, décroché son troisième titre mondial sur la ligne droite, après 2009 et 2013. Elle l’emporte en 10’’76 (-0,3m/s), cinq centièmes devant Dafne Schippers. En 10’’81, la Hollandaise bat son record national, qu’elle avait déjà amélioré une heure plus tôt en demi-finales, et est la première Européenne à monter sur un podium mondial sur 100 m depuis Christine Arron, en 2005. Médaille de bronze pour l’Américaine Tori Bowie en 10’’86.
Si les Jamaïcains sont les rois du sprint, les Kényans restent ceux du 3000 m steeple. Et Ezekiel Kemboi leur monarque absolu. Vainqueur au sprint en 8’11’’28, il monte pour la quatrième fois consécutive sur la plus haute marche du podium, et obtient sa septième breloque dans la compétition. Vertigineux ! A l’arrivée, il devance trois de ses compatriotes : Conseslus Kipruto (8’12’’38), Brimin Kipruto (8’12’’54) et Birech (8’12’’62).
Le Kenya a vécu une superbe journée puisque, sur 10 000 m, c’est également une coureuse des hauts plateaux qui l’a emporté, en la personne de Vivian Cheruiyot. Au terme d’une course très tactique, elle a été sacrée en 31’41’’31, devant l’Ethiopienne Gelete Burka (31’41’’77) et l’Américaine Emily Infeld (31’43’’49). Il s’agit de sa quatrième couronne mondiale, la deuxième sur 10 000 m après 2011.
Enfin, au triple saut, la Colombienne Caterine Ibarguen conserve son titre avec un saut à 14,90 m, sa meilleure performance de l’année. Elle devance l’Israélienne Hanna Knyazyeva-Minenko (14,78 m, record national) et la Kazakhe Olga Rypakova (14,77 m).  

A Pékin, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

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