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Bosse cinquième avec le sourire

Pas de nouvelle médaille pour l’équipe de France, ce soir à Pékin. Mais les Bleus comptent deux nouveaux finalistes. Pierre-Ambroise Bosse a pris la cinquième place du 800 m en 1’46’’63 et n’a rien à regretter. Plus de déception pour Kafetien Gomis, septième à la longueur avec 8,02 m, alors que le podium semblait à sa portée. Mélina Robert-Michon, elle, n’a pas pu défendre ses chances à 100 %, handicapée par une gêne au dos. Marie Gayot et Floria Guei ont quitté la compétition en demi-finales du 400 m, mais la première nommée a battu son record personnel en 50’’97. Enfin, Christophe Lemaitre a passé les séries sur le demi-tour de piste, alors que Jeffrey John a été éliminé.

Le Temps Fort

Bosse un peu juste

« Je suis frais, je n’ai pas vomi et, en plus, j’ai le sourire. Ce n’était le cas il y a deux ans. » Pierre-Ambroise Bosse n’est pas monté sur le podium du 800 m. Mais en prenant la cinquième place de la finale en 1’46’’63, il a terminé ses Mondiaux bien plus satisfait qu’en 2013 à Moscou (7e). Dans une course très nerveuse ou les à-coups se sont multipliés, le Français a eu du mal à trouver sa place dans le peloton. « Je me suis fait tasser, ça m’a atteint psychologiquement », concède-t-il. Le coup de bluff du Kényan Rotich, qui lui avait annoncé que son compatriote Rudisha allait lancer la course sur des bases folles, l’a sans doute fait un peu cogiter. « Je m’étais préparé psychologiquement à envoyer la purée, raconte Pierre-Ambroise. Je l’ai suivi mais ça n’était pas le rythme qu’on attendait. »

Avec un passage en 54’’17 au 400 m, il était écrit que tout se jouerait à l’attaque des deux cents derniers mètres. « Au moment où j’ai eu envie de déborder, ils ont attaqué, donc c’était trop tard. J’étais prêt à me faire confiance pour balancer dans la dernière ligne droite (sic). Mais j’étais peut-être un peu juste à ce niveau-là », analyse, avec franchise, l’athlète entraîné par Bruno Gajer. Le trou avec la tête de course était fait, et si le recordman de France n’a rien perdu dans la dernière ligne droite sur Rudisha (1er en 1’45’’84), Adam Kszczot (1’46’’08) et Amel Tuka (1’46’’30), il ne leur a rien repris non plus. « J’étais moins fort que les autres aujourd’hui, conclut-il. Je n’ai pas été assez bon pour revenir. »

La Perf'

Gayot prend date

Marie Gayot ne sera pas, dans deux jours, au départ de la finale du 400 m. Mais la Picarde a montré, comme à Moscou en 2013 et à Zurich l’an dernier, qu’elle était capable de se sublimer lors des grands rendez-vous. Après avoir battu son record hier en 51’’24, lors des séries, elle a récidivé aujourd’hui. En prenant la cinquième place de sa demi-finale en 50’’97, elle est même descendue pour la première fois de sa carrière sous la barrière des 51’’. Sa recette pour briller en championnats : « Mon coach (ndlr : Laurent Hernu) m’a appris à aborder ces courses. J’arrive à  ne pas stresser et à rester dans ma bulle. » Ce soir, sur la piste du Nid d’Oiseau, elle a pris plus de risques qu’en séries, en partant bien plus fort. « J’ai pris mes responsabilités et je ne suis pas loin de la qualification, se félicite-t-elle. Il ne m’a pas manqué grand-chose, quinze ou vingt mètres. C’est sur la fin que ça pêche. Ça va dans le bon sens mais je vais encore devoir bosser l’année prochaine, pour être prête pour les J.O. » Sur la même distance, moins de réussite pour Floria Guei. Moins à l’aise qu’en séries, où elle avait porté son record personnel à 50’’89, l’étudiante en psychologie a dû se contenter de la quatrième place de sa demi-finale en 51’’30.

La Décla

Kafetien Gomis, septième de la finale du saut en longueur avec 8,02 m (+0,1m/s) : « Le podium était accessible. J’étais en forme mais j’ai fait des bêtises. Au dernier essai, je fais un saut de junior en me précipitant. Je n’ai pas le droit de me retrouver à quinze centimètres de la planche. Je n’ai pas fait ce qu’il fallait pour monter sur le podium. A mon âge, je ne peux pas me contenter d’une septième place aux Mondiaux. Je n’ai rien de positif à tirer de ce concours. Quatrième, septième, dixième ou rester à la maison, c’est pareil. Demain, il y aura des gens qui me taperont dans le dos en me disant : "Bien joué !". Mais septième, ça ne va pas changer ma vie. »

Le Coup Dur

Robert-Michon en dos mineur

Dans les entrailles du stade national de Pékin, Mélina Robert-Michon a le regard dans le vide. La Lyonnaise est sonnée. Elle, si régulière sous le maillot de l’équipe de France, avec deux médailles d’argent aux Mondiaux de Moscou et aux Europe de Zurich, a dû quitter l’aire de disque avant même la fin de la finale, remportée par la Cubaine Denia Caballero (69,28 m). Dixième avec 60,92 m, elle n’aura pas eu droit aux trois essais supplémentaires, réservés aux huit premières. La frustration est immense. Car la Lyonnaise de trente-six ans n’a pas pu défendre ses chances en étant à 100 % : « Mon dos, que je m’étais coincé il y a deux jours, allait mieux. Mais il m’a manqué un jour ou deux pour que la douleur soit complètement résorbée. J’ai mis tout ce que j’avais mais je n’ai pas réussi à me lâcher complètement. J’ai l’impression de ne pas avoir pu m’exprimer. » Le sport, parfois, peut être cruel

Le Chiffre

20’’39

Les séries du 200 m masculin ont été avalées à toute allure. Le meilleur temps a été réalisé par le surprenant Turc Ramil Guliyev, chronométré en 20’’01 (-0,3m/s). Encore plus frappant, le premier éliminé, l’Ivoirien Hua Wilfried Koffi, a couvert le demi-tour de piste en 20’’39 (-0,3m/s). Jamais un sprinteur ayant réalisé un tel chrono n’avait quitté la compétition dès le premier tour. Côté Français, Christophe Lemaitre, en difficulté sur le plan technique, a dû s’employer pour aller chercher la troisième place de sa série en 20’’29 (-0,2m/s). C’est en revanche terminé pour Jeffrey John (vent nul), qui n’a pas démérité en se classant cinquième de sa course en 20’’48, à un dixième de son record personnel.

Les Champions du jour

Bett, la grosse cote

Un Kényan champion du monde du 400 m haies. Il faut se pincer pour l’écrire mais c’est l’exploit réalisé par Nicholas Bett. En plus de s’imposer, ce dernier a réalisé une performance de tout premier plan, en explosant son record national en 47’’79. Placé au couloir 9, il a débordé dans la dernière ligne droite le Russe Denis Kudryavtsev (48’’05). Le Bahamien Jeffery Gibson complète un podium surprise.
Le Kenya est actuellement en tête au tableau des médailles, ce qui ne doit pas ravir le voisin éthiopien. Genzebe Dibaba a, heureusement, ramené aussi de l’or dans l’escarcelle de son pays. La recordwoman du monde n’a laissé aucune chance à la concurrence, en bouclant le dernier 800 m de son 1500 m en 1’56’’9. Un temps stratosphérique dans, paradoxalement, ce qui a été la finale du 1500 m la plus lente de l’histoire des Mondiaux. Dibaba l’emporte en  4’08’’09, devant la Kényane Kipyegon (4’08’’96) et la Hollandaise Hassan (4’09’’34).
A la longueur, le champion olympique Greg Rutherford a survolé la finale, avec un troisième bond à 8,41 m (+0,3m/s). Deuxième et troisième places pour l’Australien Lapierre (8,24 m) et le Chinois Wang (8,18 m). Enfin, premier titre mondial pour Cuba au lancer du disque. Denia Caballero a confirmé qu’elle était la nouvelle patronne de la discipline, en devançant, grâce à un premier jet à 69,28 m, la Croate Sandra Perkovic (67,39 m). L’Allemande Nadine Muller se classe troisième avec 65,53 m.

A Pékin, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

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