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Impressionnante Tavernier

Alexandra Tavernier a illuminé la journée des Bleus, en battant le record de France espoirs du lancer du marteau, ce matin, grâce à un jet à 74,39 m. Elle peut, plus que jamais, prétendre à une place sur le podium. Au triple saut, Benjamin Compaoré est aussi en finale, avec une performance à 16,82 m. Qualification aisées en demi-finales du 110 m haies pour les hurdleurs Pascal Martinot-Lagarde (13’’35), Garfield Darien (13’’43) et Dimitri Bascou (13’’29). Rénelle Lamote a dû, elle, plus batailler en séries du 800 m (2’00’’20). Seul engagé tricolore au cours de la deuxième session, Christophe Lemaitre a quitté la compétition au stade des demi-finales sur 200 m (20’’34, +0,4m/s).

La Perf'

Une Tavernier record

Le concours de rêve. Un premier essai à 74,39 m à 9h30 du matin, bien plus loin que la performance demandée pour aller directement en finale (72,50 m). Un jet, surtout, synonyme de record de France espoirs (ancien record : 74,05 m), à seulement vingt-sept centimètres de la meilleure marque nationale de tous les temps de Manuela Montebrun. Et puis Alexandra Tavernier a quitté l’aire de lancers, presque main dans la main avec la recordwoman du monde Anita Wlodarczyk, également qualifiée grâce à son premier jet. « Etre qualifiée dès le premier essai et faire copine-copine avec Wlodarczyk, ça me va, sourit la championne d’Europe espoirs. J’ai mis un petit coup de stress à tout le monde. Je suis contente. » Vu de l’extérieur, ça avait l’air facile. Mais en fait, pas du tout : « J’ai eu la trouille car j’ai fait un échauffement déplorable, confie l’Annecienne. Je me suis même demandé si j’allais réussir à lancer normalement. Heureusement, les bases sont revenues vite avec la pression. » En délicatesse avec son « départ » ces derniers temps, Alexandra a réalisé un jet techniquement abouti, même en l’absence de son coach, Walter Ciofani, retenu en France pour des raisons familiales. Impressionnante de maturité, la lanceuse de seulement vingt-et-un ans aura une belle carte à jouer en finale, demain soir. La Slovaque Martina Hrasnova, troisième aux bilans mondiaux, a quitté la compétition dès ce matin. Deuxième des qualifications, Alexandra Tavernier peut y croire : « Si ça veut bien jouer, pourquoi pas ! De toute façon, je ne suis pas venue à Pékin pour regarder les autres monter à ma place sur le podium. »

Les Promesses

Les hurdleurs sont lancés

Ils n’ont jamais tremblé. Impressionnants de maîtrise, Pascal Martinot-Lagarde, Garfield Darien et Dimitri Bascou ont passé les séries du 110 m haies en réalisant des courses presque jumelles. Avec, à chaque fois, la même impression de maîtrise sur une épreuve où il y a toujours de la casse (l’Américain Ronnie Ash, pour faux-départ, et le Cubain Yordan O’Farrill sont passés à la trappe). Premier en piste, Pascal Martinot-Lagarde a dû composer avec l’attente, suite à la disqualification pour faux-départ de Ash et Svoboda. « J’avais déjà connu cette situation lors de ma première sélection seniors aux Mondiaux d’Istanbul, se souvient-il. D’ailleurs, c’est après ça que j’ai commencé à mettre des manchons. » Vainqueur en 13’’35 (+0,2m/s), PML ne s’est pas déconcentré et a réalisé « une course propre ». Garfield Darien a, lui aussi, couru avec le frein à main. Deuxième de sa série en 13’’43 (-1m/s), derrière David Oliver (13’’15), il est resté « tout en contrôle », après avoir adopté « un rythme de croisière » dès le deuxième obstacle. Enfin, dans la dernière série, deuxième place pour Dimitri Bascou en 13’’29 (-1,2m/s), sur les talons du recordman du monde Aries Merritt (13’’25). « J’ai ce qu’il faut dans les jambes pour m’affirmer dans ce championnat », estime le hurdler francilien. Les demi-finales, demain, seront bien sûr une autre histoire. Darien ferraillera, entre autres, avec Parchment, Shubenkov et Harris. Martinot-Lagarde retrouvera notamment Merritt et McLeod. Enfin, Bascou tentera de prendre l’aspiration d’Oliver. Trois Français en finale du 110 m haies, ça n’a rien d’utopique. Et ce serait historique.

La Décla

Rénelle Lamote, 4e de sa série du 800 m en 2’00’’20, qualifiée en demi-finales : « J’ai fait une très mauvaise course. Pourtant, j’avais de bonnes jambes. Dans les deux cents derniers mètres, je n’ai pas couru comme d’habitude. J’ai trop cru que c’était bon pour la qualification. J’ai vraiment eu une réaction d’enfant ! Je me fais passer sur la ligne comme une cadette. C’est n’importe quoi ! Je m’en veux vraiment et j’ai un peu honte de ce que j’ai fait. En demi-finales, il faudra être moins égoïste et penser plus à mon coach et aux autres. »

Le Chiffre

3

En expédiant son javelot à 92,72 m au troisième essai, le Kényan Julius Yego est devenu le troisième meilleur performeur mondial de tous les temps, derrière le Tchèque Jan Zelezny (République Tchèque), recordman du monde avec 98,48 m en 1996, et le Finlandais Aki Parviainen (93,09 m en 1999). 92,72 m, c’est aussi le huitième meilleur jet de tous les temps ! Aucun athlète n’avait lancé aussi loin depuis 2001. Cette finale a été historique à plusieurs titres puisque, pour la première fois, cinq concurrents (Yego, El Sayed, Pitkamaki, Rohler et Ruuskanen) ont dépassé les 87 m dans le même concours.

Le Coup Dur

Lemaitre piégé par son virage

En le voyant sortir bon dernier de la courbe, l’évidence s’est vite imposée : Christophe Lemaitre ne participera pas à la finale du 200 m. Après une deuxième partie d’été gâchée par une blessure à l’ischio, l’Aixois était trop juste pour venir concurrencer les meilleurs. « J’ai quand même essayé de placer un coup d’accélérateur, raconte-t-il. Je rattrape les gens devant moi, mais ceux qui étaient aux premières places étaient trop loin. » Avec son habituel état d’esprit combatif, le recordman de France sur le demi-tour de piste, est tout de même remonté à la cinquième place, avec un chrono de 20’’34 (+0,4m/s). Des regrets, il y en a forcément. Car la qualification était envisageable au vu des performances des deux premiers de la course : 20’’14 pour le Britannique Zharnel Hugues et 20’’19 pour le Jamaïcain Nickel Ahsmeade. « Je suis hyper déçu, confie Christophe Lemaitre. La finale était l’objectif minimum sur cette distance. Mais à froid, je tirerai de ces championnats quelque chose de positif pour la saison prochaine. »

Et Aussi

Compaoré ne s’est pas affolé

L’expérience, ça compte. Pendant que le jeune Américain Marquis Dendy, un des favoris pour le podium, s’enlisait à nouveau dans le bac à sable, comme lors des qualifications de la longueur, Benjamin Compaoré est allé chercher son billet pour la finale sans s’affoler. Pourtant, le champion d’Europe a dû attendre son troisième et dernier essai pour se libérer, avec un triple bond à 16,82 m (+0,5m/s), synonyme de huitième place. « Ce matin,  j’avais de très bonnes sensations. J’étais bien en jambes, très puissant et rapide. Du coup, j’ai peut-être pris un peu à la légère ces qualifications, reconnaît-il. J’étais en roue libre, pas assez agressif en fin de course. J’ai su me ressaisir et je suis en finale. » Derrière Pablo Pichardo (17,43 m) et Christian Taylor (17,28 m), qui semblent au-dessus du lot cette année, tout semble ouvert. Au triple sauteur strasbourgeois d’en profiter.

Les Champions du jour

Il n’y a pas que le javelot (voir « le chiffre ») qui a atteint des sommets, ce mercredi soir à Pékin. La finale du 400 m a été d’une densité incroyable, avec la victoire de Wayde Van Niekerk en 43’’48. Avec ce nouveau record d’Afrique, le Sud-Africain devient le quatrième meilleur performeur mondial de tous les temps derrière le recordman du monde Michael Johnson (43’’18), Butch Reynolds (43''29) et Jeremy Wariner (43''45). L’argent revient à l'Américain LaShawn Merritt en 43’’65, record personnel. Médaille de bronze pour le Grenadien Kirani James en 43’’78. Trois athlètes en moins de 44’’ dans la même course, c’est une grande première !
Le Kenya, après le sacre au javelot de Yego, poursuit sa démonstration au tableau des médailles (déjà onze breloques dont six en or !), avec le titre sur le 3000 m steeple féminin de Hyvin Kiyeng Jepkemoi. Dans la finale la plus lente depuis l’apparition de la discipline aux Mondiaux 2005, elle l’emporte en 9’19’’11, devant la Tunisienne Habiba Ghribi (9’19’’24) et la surprenante Allemande Gesa Felicitas Krause (9’19’’25).
La finale de la perche féminine a tenu toutes ses promesses. La Cubaine Yarisley Silva est allée chercher la première place en passant au troisième essai une barre à 4,90 m. Elle est accompagnée sur le podium par la Brésilienne Fabiana Murer (4,85 m, record d’Amérique du Sud) et la Grecque Nikoleta Kyriakopoulou (4,80 m). Soit le trio de tête des favorites.
Enfin, sur 400 m haies, meilleure performance mondiale pour la Tchèque Zuzana Hejnova en 53’’50, qui devient la première hurdleuse à conserver, sur le tour de piste, son titre aux Mondiaux. Elle devance les Américaines Shamier Little (53’’94) et Cassandra Tate (54’’02).

A Pékin, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

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