MES ACCÈS
Le bronze du bonheur !

Exceptionnelle Alexandra Tavernier ! A seulement vingt-et-un ans, la Française décroche la médaille de bronze au lancer du marteau, grâce à un jet à 74,02 m. Son premier podium au niveau international chez les seniors et la deuxième récompense pour l’équipe de France dans ces Mondiaux. Les Bleus ont vécu une superbe soirée à Pékin, avec les qualifications en finale du 110 m haies de Bascou, Martinot-Lagarde et Darien, ainsi que le record personnel de Rénelle Lamote en demi-finales du 800 m. Seule déception, la douzième place de Benjamin Compaoré au triple saut.

La Médaille

Tavernier, la jeunesse au pouvoir

« Oh mon dieu, je n’ai jamais reçu autant de messages de ma vie ! » Dans les coursives du stade national de Pékin, Alexandra Tavernier découvre les sms de félicitations qui s’accumulent sur son téléphone portable. La Savoyarde est prise dans un tourbillon. A peine le temps de terminer le concours qu’elle doit répondre aux premières obligations médiatiques, enchaîner avec le podium puis filer en conférence de presse. « Je ne réalise pas, tout s’enchaîne », confie-t-elle. Seule sa médaille de bronze, qu’elle porte autour du cou, est là pour lui rappeler l’exploit qu’elle a réalisé quelques minutes plus tôt. Car oui, à seulement vingt-et-un ans, Alexandra Tavernier vient de prendre la troisième place de la finale mondiale du lancer du marteau.
Une précocité exceptionnelle, qui ne l’a pas empêché de démarrer son concours tambour battant, avec un jet à 74,02 m, dans une réplique quasi exacte des qualifications, où elle avait lancé à 74,39 m. Une performance qui la place immédiatement en deuxième position, derrière la stratosphérique Polonaise Anita Wlodarczyk (vainqueur avec   80,85 m, record des championnats), et qu’elle n’améliorera pas lors des cinq lancers suivants. « J’ai perdu énormément d’énergie avec ce premier essai, raconte-t-elle avec le perfectionnisme qui la caractérise. Le record de France (74,66 m par Manuela Montebrun) me tenait à cœur et il ne me manquait vraiment pas grand-chose au troisième essai, qui aurait pu aller très loin. » Heureusement pour la lanceuse entraînée par Walter Ciofani à l’Insep, seule la Chinoise Wenxiu Zhang réussit à la dépasser, grâce à une deuxième tentative à 75,92 m (76,33 m au final). Au sixième essai, l’atmosphère devient étouffante dans la moiteur du Nid d’Oiseau. La Britannique Sophie Hitchon (73,86 m) et la Chinoise Zheng Wang (73,83 m) viennent échouer à moins de vingt centimètres de la Française. « J’ai chopé une crampe aux fessiers tellement j’ai bien serré les fesses », rigole Alexandra, qui peut enfin assister, l’esprit libéré, au dernier essai de Wlodarczyk, un drapeau bleu, blanc, rouge sur les épaules.

Fraicheur et maturité

Dix ans après les deux médailles de bronze de Manuela Montebrun (en 2003 à Paris et en 2005 à Helsinki), celle qui avait sur la porte de sa chambre un poster de la Lavalloise monte, à son tour, sur la troisième marche d’un podium mondial. Gilles Dupray, le manager des lancers à la direction technique national, est comme sonné, impressionné par la performance de la championne d’Europe espoirs. « Elle a fait du Tavernier, constate-t-il. Avec son premier essai, le job était fait. Elle est pleine d’insouciance et d’euphorie. A un moment donné, elle se rend compte que la médaille va arriver. C’est dur à gérer au niveau des émotions. C’est un podium qui va en appeler d’autres, c’est obligé. Chapeau aussi à Walter Ciofani ! »
Tavernier, c’est un mélange détonnant de fraîcheur et de maturité. La jeune lanceuse est déjà prête à assumer son statut de chef de file de sa discipline : « J’apprends, je suis jeune, j’arrive à faire une troisième place. Je vais être dans les leaders pour Rio. J’espère que ça va donner des idées aux petits jeunes qui arrivent. Je veux que le marteau français évolue et soit un peu plus mis en avant. » L’avenir de la Savoyarde s’annonce radieux. Mais la suite immédiate, c’est de fêter son podium avec ses parents et son frère, venus à Pékin, puis au club France. A vingt-et-un ans, celle qui « vit à fond chaque instant » est en train de s’offrir des souvenirs pour la vie.

Le Temps Fort

Le trio des haies en finale

Ils l’ont fait ! Pour la première fois, il y aura trois Français en finale des Mondiaux sur 110 m haies. Soit plus que les Américains, seulement représentés, demain, par David Oliver et le recordman du monde Aries Merritt (meilleur temps des demi-finales en 13''08). Dimitri Bascou, brillant vainqueur de sa demi-finale en 13’’16 (-0,1m/s), son record personnel, est celui qui aura le moins tremblé. Car Pascal Martinot-Lagarde (3e en 13’’17) et Garfield Darien (3e en 13’’25) ont, eux, dû patienter avant la délivrance, avec deux qualifications au temps dans des demi-finales d’une densité exceptionnelle. « On confirme que le 110 m haies a de fins techniciens », savoure le premier nommé. PML, lui, ravive de récents souvenirs : « C’est beau ! C’est quasi le même exploit que notre triplé à Prague car ici, le niveau est beaucoup plus élevé. » Garfield Darien, enfin, se met à rêver : « Le but, c’est d’être à trois Français sur le podium. On va tout lâcher en finale. » Ça se sent, ça se voit, le trio des mousquetaires français des haies a encore de la marge. En gommant les fautes techniques du jour, ils ont les moyens de jouer les premiers rôles dans une course où aucun concurrent ne semble sortir du lot. « Ça va les aider d’être à trois, espère Laurence Bily, manager du sprint et coach de Martinot-Lagarde. Sur le terrain d’échauffement ou dans la chambre d’appel, ils ne seront pas seuls. » Et si les Bleus ne se quittaient pas jusqu’au podium ?

La Perf'

Lamote en patronne

La métamorphose. C’est le titre d’un célèbre livre de Franz Kafka. C’est aussi ce qui définit le mieux l’évolution de Rénelle Lamote en deux jours. Hier méconnaissable, qualifiée au temps pour les demi-finales après une course dont elle disait avoir « honte ». Aujourd’hui pleine de panache, avec une deuxième place dans sa demi-finale du 800 m en 1’58’’86, son record personnel, après une course lors de laquelle elle a pris les commandes dès le rabattage. « Je suis tellement mieux quand je vois toute la piste devant moi, s’exclame-t-elle. Mon coach m’avait dit que si ça ne courait pas, je devais passer et mener. Dans la dernière ligne droite, c’était juste. J’ai vraiment lutté pour contenir le retour des filles. » Devancée au millième par la Britannique Shelayna Oskan-Clarke, elle a réussi à résister à l’Ukrainienne Olha Lyakhova (1’58’’94), au terme d’un finish haletant. « Je ne voulais pas qu’on se dise que j’étais juste une fille de meetings, poursuit la demi-fondeuse entraînée par Thierry Choffin. J’avais envie de prouver que j’étais aussi une coureuse de championnats. » En finale, samedi, elle retrouvera sept concurrentes dont six ont, comme elle, battu leur record au cours de demi-finales supersoniques (meilleur temps pour la Canadienne Melissa Bishop en 1’57’’52). « Ça va être une course de la mort, se projette Rénelle. On verra ce que j’ai dans la tête et dans les jambes. »

La Décla

Benjamin Compaoré, 12e de la finale du triple saut avec 16,63 m : « Il m’a manqué beaucoup de choses, à commencer par de la fraîcheur. Je pensais que l’atmosphère des championnats du monde allait débloquer toutes les tensions musculaires. A l’échauffement, c’était très bon au niveau de la justesse. Mais une fois arrivé sur le stade, je n’avais plus de jus. Cette saison, j’ai manqué de maîtrise pour utiliser la puissance et la vitesse acquises pendant la préparation terminale. »

Le Chiffre

2

Jusqu’au sixième essai, la finale du triple saut masculin n’avait pas tenu toutes ses promesses. Le duel attendu entre l’Américain Christian Taylor et le Cubain Pablo Pichardo avait bien lieu, mais pas dans les hautes sphères espérées. C’est à ce moment que Taylor a pris son envol dans le Nid d’Oiseau. Une course d’élan ultra rythmée, son point fort, puis un saut parfaitement équilibré, qui déclenchait la clameur de tout un stade. 18,21 m, c’est un saut de légende, qui permet au champion du monde et champion olympique en titre de devenir le deuxième meilleur performeur mondial de tous les temps, derrière le recordman du monde Jonathan Edwards (18,29 m). C’est aussi la deuxième meilleure performance mondiale de l’histoire. Le Cubain Pablo Pichardo a bien tenté de répondre, avec un dernier saut à 17,73 m. Mais la messe était dite.

Le Coup Dur

Le crève-cœur de Billaud

C’est en boitant et les yeux embués de larmes que Cindy Billaud a quitté le Nid d’Oiseau, jeudi matin. La hurdleuse n’a pas pu défendre ses chances à 100 % en séries du 100 m haies. « A l’attaque de la première haie, je me suis fait mal à l’ischio, souffle-t-elle. Après, c’était dur de courir. J’avais mal. » Si son muscle avait tenu à l’échauffement, l’intensité de la compétition lui a été fatal. « Je suis dix fois plus agressive sur la première haie mais ma jambe ne veut pas. » Dur au mal, la Française est tout de même allée jusqu’au bout de son effort. Sixième de sa série en 13’’23, elle a vite compris que sa route s’arrêtait là dans ces Mondiaux. La dure conclusion d’une année gâchée par les blessures pour Cindy, qui va maintenant pouvoir récupérer et, surtout, se soigner.

Et Aussi

Amdouni au rendez-vous des demies

Intelligent tacticien, Morhad Amdouni a suivi à la lettre les consignes de Philippe Dupont, le manager du demi-fond, lors des séries du 1500 m. Toujours placé aux avant-postes, il ne s’est pas affolé quand le Kényan Asbel Kiprop a placé une accélération progressive à 250 m de l’arrivée : « Philippe m’avait dit de déborder au bout de 500 m pour pouvoir bien me placer, raconte le Corse. Je me suis mis à l’avant en me préparant au moment où ça attaquerait. » Bien sûr, dans la dernière ligne droite, il a dû « serrer les dents » pour prendre la cinquième place en 3’39’’38, synonyme de qualification directe pour le tour suivant. « Mais je me suis fait plaisir, apprécie-t-il. Vivement la demi-finale car, si je me qualifie en finale, je serai soulagé. »

Les Champions du jour

La dixième de Bolt !

Sur sa distance de prédilection, le 200 m, rien ne pouvait lui arriver. Usain Bolt, déjà en or dimanche sur la ligne droite, a de nouveau maté Justin Gatlin. Et contrairement au 100 m, il n’y a, cette fois, pas eu photo. Vainqueur en 19’’55 (-0,1m/s), le Jamaïcain a même pu se permettre de savourer son dixième titre mondial dans les vingt derniers mètres en désignant ses pectoraux, pendant que l’Américain (19’’74) craquait, complètement en cycle arrière. Sacré pour la quatrième fois consécutive sur 200 m, « La Foudre » continue d’écrire sa légende. La médaille de bronze revient au Sud-Africain Anaso Jobodwana en 19’’87, départagé au millième avec le Panaméen Alonso Edward.
Avant la victoire de Bolt, Allyson Felix avait rejoint temporairement le Jamaïcain au total de titres mondiaux. Sacrée sur 400 m en 49’’26, meilleure performance mondiale de l’année, l’Américaine a décroché, à Pékin, sa neuvième médaille d’or aux championnats du monde. Elle l’a emporté devant la Bahamienne Shaunae Miller (49’’67) et la Jamaïcaine Shericka Jackson (49’’99). S’il s’agit de sa quatrième victoire en individuel, c’est sa première sur le tour de piste. Car c’est uniquement sur 200 m qu’elle était, jusque-là, montée par trois fois sur la plus haute marche du podium.

A Pékin, Florian Gaudin-Winer pour athle.fr

INFORMATIONSFORMATIONCOMMUNAUTÉBASES DE DONNÉESMÉDICALBOUTIQUE
NOS PARTENAIRES
CONDITIONS D'UTILISATION MENTIONS LÉGALES CONTACTS