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NUMERO 560 - SEPTEMBRE-OCTOBRE 2015

Le 800 m, c’est un combat

Ils sont pleins de panache sur la piste, affables et naturels en dehors, et, lors des Mondiaux, ils ont crevé l’écran en atteignant la finale. Avec le recordman de France Pierre-Ambroise Bosse, vingt-trois ans et cinquième à Pékin, et la championne d’Europe espoirs Rénelle Lamote, vingt-et-un ans et huitième en Chine, le 800 m français vit peut-être le début de son âge d’or. Pour Athlé Mag, ils racontent les spécificités de leur distance de prédilection en championnat. Rédacteur : Florian Gaudin-winer

Athlétisme Magazine : Quelle est la plus grosse différence entre une course de meeting et une course de championnat ?
Pierre-Ambroise Bosse : Ce n’est pas à la même période et, surtout, ce ne sont pas les mêmes intentions. En championnat, on n’a pas le droit de se louper. Chaque erreur compte et il faut être intelligent sur le plan tactique. Le taux de concentration est donc beaucoup plus important qu’en meeting, où tu te prépares seulement à souffrir et à t’accrocher aux lièvres.
Rénelle Lamote : En championnat, les filles sont normalement toutes au top. Alors qu’en meeting, il y en a toujours certaines qui sont fatiguées. À Pékin, les records ont fusé en demi-finales. Donc je me dis que si je veux être sur le podium à Rio, il faudra que je sois ultra forte avant et pendant les Jeux.

Qu’avez-vous ressenti dans la dernière ligne droite de votre finale ?
R.L. : Les premiers sept cents mètres se sont super bien passés. Mais dans les cent derniers mètres, je n’arrivais plus à avancer. Je ne crois même pas que c’était à cause de l’acide lactique, car c’était comme si mon corps ne pouvait plus en produire. C’était une sensation de fatigue extrême. D’ailleurs, à l’arrivée, je n’ai pas fini comme d’habitude par terre. J’ai plus souffert à Stockholm (NDLR : pour sa première victoire en Diamond League, fin juillet), par exemple.
P.A.-B. : Ce que décrit Rénelle, c’est un peu ce que j’ai vécu lors de ma première finale mondiale, à Moscou en 2013 ! Je manquais d’années d’entraînement et j’avais ressenti un grand vide physique lors de cette course. Alors que cette année, à Pékin, j’ai couru le dernier 200 m le plus rapide de ma carrière (NDLR : légèrement sous les 25’’), même si j’ai été lâché dans la dernière ligne droite. Ça veut dire que j’ai fait des progrès.

Lors d’un grand championnat, on puise dans ses ressources physiques mais aussi mentales. Comment avez-vous géré la pression ?
R.L. : Si je ratais ma série, je pouvais rentrer chez moi. J’avais vraiment peur de prendre une raclée et d’avoir mal, car je n’avais pas pris le départ d’une course depuis la fin juillet. Après avoir passé ce premier tour, j’ai eu l’impression d’avoir fait le plus dur. Ensuite, ça n’a été que du plaisir. La veille de la demi-finale, j’étais hyper stressée. Mais j’y suis finalement allée avec un état d’esprit ultra positif, sans craindre l’échec.
P.A.-B. : Encore une fois, j’ai ressenti la même chose que Rénelle, il y a deux ans ! Comme moi en 2013, elle était, cette année, dans la peau de la révélation. Avec Rénelle, on se ressemble beaucoup, aussi bien dans la vie que sur la piste. On aime tous les deux la « night » et on essaye de prendre des risques en course.

Rénelle, vous avez souvent fait référence à votre entraîneur, Thierry Choffin, pendant les Mondiaux. Pourquoi est-il si important pour vous ?
R.L. : Je donne beaucoup pour l’athlétisme, tout comme mon entraîneur. Je m’entraîne avec lui depuis que j’ai quatorze ans. Je fais forcément plein de sacrifices, et lui aussi. Je vois vraiment ma progression comme un travail d’équipe. Quand je le cite, c’est surtout une forme de reconnaissance.
P.A.-B. : Cette dépendance au coach, c’est quelque chose que je ressens beaucoup moins que Rénelle, qui est presque dans une relation père-fille avec Thierry. J’ai quitté le nid familial assez tôt et j’ai vite appris à compter sur moi. Mais je cours bien sûr aussi pour mon entraîneur, Bruno (Gajer). Ensemble, on a vécu des moments difficiles. À chaque fois que je réussis une course, je suis très fier de ce qu’on a accompli tous les deux.

Les spécialistes du 800 m sont-ils plus agressifs que d’ordinaire lors des courses de grand championnat ?
R.L. : Sur notre distance, ça se tape toujours un peu. Mais à Pékin, j’ai senti qu’une fille comme Sum (NDRL : la Kényane médaillée de bronze et meilleure performeuse mondiale de l’année), contre laquelle je n’avais jamais couru jusque-là, voulait me mettre en difficulté.  En finale, je savais que les filles ne me feraient pas de cadeaux. Je me suis donc dit : « Rénelle, s’il faut mettre des coups, mets-les ! »
P.A.-B. : Pendant l’effort, on est des chiens. On n’est pas là pour faire les gentils. Le 800 m, c’est un combat. Certaines personnes disent que le plus important, c’est de participer. Ce dicton, c’est de la foutaise. Rénelle est entrée dans le grand bain aux Mondiaux. Elle explique ça comme si elle était faible. Mais elle est forte et elle donne des coups, elle aussi.

Que vous êtes-vous dit à l’issue de vos finales respectives ?
P.A.-B. : La première chose que je lui ai dite, c’est : « Ce que tu as fait, c’est ce que j’aurais dû faire. Ta course était parfaite. Ton erreur ? Tu n’étais pas assez forte pour faire un podium. Les années sont faites pour ça. Mais stratégiquement, tu as mis en place tout ce qu’il fallait, même si tu as peut-être attaqué trop violemment aux cinq cents mètres. Tu as pris tes responsabilités. » Rénelle est du même bord que moi et que mes potes de l’équipe de France : une génération décontractée, qui peut montrer les crocs. Elle va devenir un des piliers de l’équipe de France.
R.L. : Moi, j’ai dit à Pierre qu’il avait bien couru, même si je pense qu’il était capable de monter sur le podium, peut-être en lançant d’un peu plus loin le sprint et en prenant un peu plus de risques. Mais je ne suis pas très bien placée pour dire ça alors qu’il a terminé cinquième, beaucoup plus près de la boîte que moi. En tout cas, j’ai suivi son parcours de près. D’un côté, ce qu’il a réalisé m’a mis un peu la pression. De l’autre, ça m’a quand même rassurée et boostée avant mon entrée en lice.

RENELLE LAMOTE
NEE LE 26 DECEMBRE 1993 A COULOMMIERS
1,65 M, 59 KG
CLUB : ATHLE SUD 77
ENTRAINEUR : THIERRY CHOFFIN
RECORD PERSONNEL ET MEILLEURE PERFORMANCE 2015 : 1’58’’86
PALMARES : FINALISTE AUX MONDIAUX (2015), CHAMPIONNE D’EUROPE ESPOIRS (2015)
PIERRE-AMBROISE BOSSE
NE LE 11 MAI 1992 A NANTES
1,85 M, 68 KG
CLUB : UA GUJAN-MESTRAS
ENTRAINEUR : BRUNO GAJER
RECORD PERSONNEL : 1’42’’53 (2014)
MEILLEURE PERF. 2015 : 1’43’’88
PALMARES : 3e DES CHAMPIONNATS D’EUROPE (2012), FINALISTE AUX MONDIAUX (8e EN 2013 ET 5e EN 2015), CHAMPION D’EUROPE JUNIORS (2011), CHAMPION D’EUROPE ESPOIRS (2013)


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